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Source RESIP-BCB
Dernière mise à jour:
07/04/2016

MORPHINE (CHLORHYDR) LAVOISIER 10 mg/mL

Médicament soumis à prescription médicale

Médicament générique du Classe thérapeutique: Antalgiques
principes actifs: Chlorhydrate de morphine
laboratoire: Chaix et du Marais

Solution injectable
Boîte de 10 Ampoules de 1 mL
Toutes les formes
9,26€* (remboursé à 65%)
*hors honoraires fixés par l'État, prix réel estimé 10,08 €

Indication

Douleurs intenses et/ou rebelles aux antalgiques de niveau plus faible.

Posologie MORPHINE (CHLORHYDR) LAVOISIER 10 mg/mL Solution injectable Boîte de 10 Ampoules de 1 mL

- La relation dose-efficacité-tolérance est très variable d'un patient à l'autre. Il est donc important d'évaluer fréquemment l'efficacité et la tolérance, et d'adapter la posologie progressivement en fonction des besoins du patient. Il n'y a pas de dose maximale, tant que les effets indésirables peuvent être contrôlés.
- La voie intramusculaire n'est pas recommandée car elle est douloureuse et ne présente pas d'avantage cinétique par rapport à la voie sous-cutanée.
- Les voies péridurale, intrathécale et intraventriculaire, nécessitent que :
. la morphine utilisée soit SANS CONSERVATEUR,
. la solution soit FILTREE AVANT L'INJECTION à travers un filtre de 0,22 µm (pour prévenir une éventuelle contamination particulaire suite à l'ouverture de l'ampoule).
- Ordre d'équivalence des doses selon la voie d'administration, à titre indicatif :
. Voie orale : 1 mg.
. Sous-cutanée : 1/2 à 1/3 mg.
. Intraveineuse : 1/2 à 1/3 mg.
. Péridurale : 1/10 à 1/20 mg.
. Intrathécale : 1/50 à 1/200 mg.
- L'administration simultanée de morphine par deux voies d'administration différentes est à éviter car elle expose à un risque de surdosage en raison des différences cinétiques entre les différentes voies d'administration.
TRAITEMENT DES DOULEURS AIGUES (NOTAMMENT POST-OPERATOIRES) :
VOIES INTRAVEINEUSE ET SOUS-CUTANEE :
- Chez l'adulte, la morphine est le plus souvent administrée par voie intraveineuse de manière fractionnée ("par titration"), à la dose de 1 à 3 mg (en fonction du terrain, principalement de l'âge du patient), toutes les 10 min environ, jusqu'à obtention d'une analgésie satisfaisante (ou apparition d'effet indésirable) et avec surveillance continuelle du patient.
. Si un traitement relais s'avère nécessaire, il peut être fait appel soit à des injections sous-cutanées de 5 à 10 mg toutes les 4 à 6 heures, soit à une analgésie autocontrôlée par voie intraveineuse avec des bolus de 0,5 à 1 mg suivis d'une période sans injection possible ("période réfractaire") d'environ 10 minutes.
. La morphine en perfusion intraveineuse (1 à 5 mg/h) est habituellement réservée à des patients en ventilation contrôlée en service de réanimation.
- Chez l'enfant : la morphine est le plus souvent administrée par voie intraveineuse de manière fractionnée ("par titration"). Une dose initiale de 0,025 à 0,1 mg/kg (en fonction du terrain, principalement de l'âge du patient) est suivie, si besoin, de bolus d'environ 0,025 mg/kg toutes les 5 à 10 minutes, jusqu'à obtention d'une analgésie satisfaisante (ou apparition d'effet indésirable) et avec surveillance continuelle du patient.
. Si un traitement relais s'avère nécessaire, il peut être fait appel à une perfusion intraveineuse continue de 0,01 à 0,02 mg/kg/h sous surveillance en salle de réveil ou en soins intensifs.
. L'analgésie autocontrôlée par voie intraveineuse peut être réalisable à partir de 6 ans, les bolus sont de 0,015 à 0,02 mg/kg, suivis d'une période sans injection possible ("période réfractaire") de 10 à 15 minutes. Il peut y être associé une dose continue de 0,005 à 0,02 mg/kg/h.
. En raison de son caractère douloureux, la voie sous-cutanée n'est pas recommandée chez l'enfant.
VOIE PERIDURALE :
- Chez l'adulte : 2 à 6 mg toutes les 12 à 24 heures.
- Chez l'enfant : 0,03 à 0,05 mg/kg, à renouveler si besoin en fonction de la surveillance clinique après 12 à 24 heures.
VOIE INTRATHECALE :
Chez l'adulte : 0,1 à 0,2 mg toutes les 12 à 24 heures.
TRAITEMENT DES DOULEURS CHRONIQUES (NOTAMMENT D'ORIGINE CANCEREUSE) :
Doses initiales en fonction de la voie d'administration.
Rapportées au poids, les doses chez l'enfant et chez l'adulte sont équivalentes.
- Voie sous-cutanée :
. Chez les patients n'ayant pas de traitement préalable par de la morphine orale, la posologie initiale quotidienne sera de 0,5 mg/kg/j (classiquement 30 mg/j chez l'adulte), en perfusion continue de préférence (plutôt qu'en injections itératives toutes les quatre à six heures).
. Chez les patients recevant auparavant de la morphine par voie orale, la posologie initiale quotidienne sera la moitié de la dose orale administrée. Si la posologie orale était insuffisante, il est possible de passer d'emblée à une posologie supérieure (voir adaptation posologique).
- Voie intraveineuse :
. Chez les patients n'ayant pas de traitement préalable par de la morphine orale, la posologie initiale quotidienne sera de 0,3 mg/kg/j (classiquement 20 mg/j chez l'adulte), en perfusion continue de préférence.
. Chez les patients recevant auparavant de la morphine par voie orale, la posologie initiale quotidienne sera le tiers de la dose orale administrée. Si la posologie orale était insuffisante, il est possible de passer d'emblée à une posologie supérieure (voir adaptation posologique).
. Chez les patients présentant des douleurs d'intensité variable dans la journée, il est possible d'utiliser un système d'analgésie contrôlée par le patient ; une perfusion continue (à la posologie habituelle) sera associée à des bolus auto-administrables, équivalent à environ une heure de perfusion. Chaque bolus sera suivi d'une période sans injection possible ("période réfractaire") de 10 minutes minimum.
- Voies péridurale, intrathécale et intraventriculaire :
Au cours des douleurs chroniques, il sera fait appel à ces voies lorsque les autres modes d'administration sont responsables d'effets indésirables inacceptables.
A titre indicatif :
. la posologie quotidienne initiale par voie péridurale, répartie en une ou deux injections, est d'environ 1/10ème de la posologie parentérale,
. la posologie quotidienne initiale par voie intrathécale, répartie en une ou deux injections, est 1/100ème de la posologie parentérale,
- la voie intraventriculaire est exceptionnellement utilisée, par certains spécialistes (la posologie de départ est de l'ordre de 0,1 à 0,2 mg/24 h).
ADAPTATION POSOLOGIQUE :
- Fréquence de l'évaluation (degré de soulagement de la douleur, présence d'effet indésirable) :
Il ne faut pas s'attarder sur une posologie qui s'avère inefficace. Le patient doit donc être vu de manière rapprochée principalement à l'instauration du traitement, tant que la douleur n'est pas contrôlée.
- Augmentation de la posologie :
. Si la douleur n'est pas contrôlée, il convient d'augmenter la posologie quotidienne de morphine d'environ 30 à 50%.
. Dans ce processus d'ajustement des doses, il n'y a pas de limite supérieure tant que les effets indésirables peuvent être contrôlés.

Contre indications

CONTRE-INDIQUE :
- Ce médicament ne doit jamais être utilisé dans les cas suivants :
. hypersensibilité à la morphine ou aux autres constituants,
. insuffisance respiratoire décompensée (en l'absence de ventilation artificielle),
. insuffisance hépatocellulaire sévère (avec encéphalopathie),
. en aigu : traumatisme crânien et hypertension intracrânienne en l'absence de ventilation contrôlée,
. épilepsie non contrôlée,
. allaitement, en cas d'instauration ou de poursuite après la naissance d'un traitement au long cours,
. associations avec la buprénorphine, la nalbuphine et la pentazocine (voir rubrique interactions).
- Contre-indications liées aux voies péridurale, intrathécale et intraventriculaire :
. trouble de l'hémostase au moment de la réalisation de l'acte,
. infections locales cutanées, régionales ou générales, en évolution,
. hypertension intracrânienne évolutive.
DECONSEILLE :
- La voie intramusculaire n'est pas recommandée car elle est douloureuse et ne présente pas d'avantage cinétique par rapport à la voie sous-cutanée.
- Associations déconseillées : naltrexone, alcool.

Effets indésirables Morphine Lavoisier

- Parmi les effets indésirables les plus fréquents lors de l'initiation du traitement, la somnolence, une confusion, des nausées et vomissements sont rapportés. Ils peuvent être transitoires mais leur persistance doit faire rechercher une cause associée ou un surdosage. La constipation en revanche ne cède pas à la poursuite du traitement. Tous ces effets sont prévisibles et nécessitent d'être traités.
- On peut également noter :
. sédation, excitation, cauchemars, plus spécialement chez le sujet âgé, avec éventuellement hallucinations ;
. dépression respiratoire avec au maximum apnée ;
. augmentation de la pression intracrânienne, qu'il convient de traiter dans un premier temps ;
. dysurie et rétention urinaire en cas d'adénome prostatique ou de sténose urétrale ;
. prurit et rougeur ;
. syndrome de sevrage à l'arrêt brutal de ce médicament : bâillements, anxiété, irritabilité, insomnie, frissons, mydriase, bouffées de chaleur, sudation, larmoiement, rhinorrhée, nausées, vomissements, anorexie, crampes abdominales, diarrhées, myalgies, arthralgies.
. Chez les sujets âgés ou insuffisants rénaux, risque exceptionnel d'apparition de myoclonies en cas de surdosage ou d'augmentation trop rapide des doses.



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