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Médicaments : pourquoi tant de problèmes ? : Les limites des pouvoirs publics

Publié par : Dr. Nicolas Evrard

Suite de l'nterview de Bruno Toussaint, rédacteur en chef de " Prescrire ".

8) En clair, vous voulez dire que l'impératif économique prime parfois sur la santé pour l'industrie pharmaceutique ?

Bruno Toussaint : Il ne faut pas se leurrer, les entreprises du médicament raisonnent en termes de marché, de gros sous et de retour sur investissement. On est parfois très éloigné de la santé.

NDLR : la France est le deuxième consommateur au monde de médicaments derrière les États-Unis.

9) Alors peut-on concilier déontologie... et profit ?

B. T. : La règle du jeu actuelle, l’encadrement du marché pousse les firmes à se comporter comme elles le font.

Elles sont chargées d’évaluer elles-mêmes les médicaments censés faire leur fortune, c’est une tentation forte que d’oublier au fond du placard les données qui ne collent pas. Normalement, elles sont obligées de le faire, normalement il y a des inspections, mais les moyens sont complètement disproportionnés.

10) Les pouvoirs publics manqueraient-ils de moyens ?
B. T. : Juste à titre d’exemple : le budget de l’Afssaps en France est de l’ordre de 100 millions d’euros, alors que celui de Servier, qui n’est pas la plus grosse firme française, est de 3 milliards.

Avant le Médiator en France, un autre désastre sanitaire, celui du Vioxx, en particulier aux États-Unis, a montré que la firme n’avait pas communiqué toutes les informations sur la mortalité liée à ce médicament. Merck qui commercialisait le Vioxx a dépensé presque 5 milliards pour arrêter les procédures en justice aux États-Unis.

On voit avec ces désastres que les conflits d’intérêts dus à ce système, ne sont pas seulement liés à une question de grands principes, ou de déontologie... Maintenant, on comprend bien que c’est une question de vie ou de mort pour beaucoup de personnes, et on ne peut pas négocier. On ne doit pas négocier !


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