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Médicaments : pourquoi tant de problèmes ? : Les pouvoirs publics et les médicaments

Publié par : Dr. Nicolas Evrard

Suite de l'interview de Bruno Toussaint, rédacteur en chef de " Prescrire ".

10) La santé publique échapperait-elle aux pouvoirs publics ?

Bruno Toussaint : C’est peu de le dire ! Pour réduire leur budget, les pouvoirs publics ont donné trop de place, trop de responsabilité aux firmes pharmaceutiques. Aujourd’hui, elles financent la recherche sur les médicaments, les agences du médicament, une bonne partie de la formation continue des médecins et des pharmaciens, la quasi totalité de la presse médicale pharmaceutique, la plupart des associations de patients, et beaucoup d’experts qui examinent les études... Elles financent tout. Or elles vivent de la vente des médicaments. Ce système est un pousse au crime ! Comment voulez-vous éviter les conflits d’intérêt, et les dérapages dans ces conditions ?

Les firmes pharmaceutiques doivent être remises à leur place, et les pouvoirs publics doivent reprendre la leur. Le financement de l’essentiel de la recherche sur le médicament ne peut être laissé à l’industrie pharmaceutique, sinon

il y aura d’autres Mediator, Vioxx ou Avandia.

11) On parle partout de pharmacovigilance, concrètement c'est quoi ?

B. T. : C’est la connaissance et la surveillance des effets indésirables des médicaments : ils dépendent de la dose, de la molécule... Tous les médicaments ont des effets indésirables, c’est pourquoi il est intéressant de les connaître, de les documenter dès les essais cliniques, notamment pour évaluer la fameuse balance bénéfice/risque.
Mais la pharmacovigilance continue après la mise sur le marché du médicament. Et là, il y a deux circuits : celui de la firme qui commercialise le médicament et qui propose aux médecins de faire remonter les informations sur les effets suspects constatés via son réseau de visiteurs médicaux ; et d’autre part le système public avec des centres régionaux de pharmacovigilance hébergés à l’hôpital. Les médecins sont tenus - c’est une obligation légale - d’y déclarer tout effet indésirable grave ou inattendu lié à une prise de médicament.

NDRL : Le 31 janvier, l'Afssaps a publié une liste des 77 médicaments qui sont sous "haute surveillance". A noter encore qu'il est prévu que certains médicaments soient retirés du marché début 2011, comme le Fonzylane, le Di-antalvic, etc.


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