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Médicaments, alors utiles ou dangereux ? : le répertoire national des médicaments

Publié par : Elide Achille

Suite de l'interview du Pr Jean-François Bergmann, Chef du Service de Médecine interne, Hôpital Lariboisière (Paris), Professeur de thérapeutique, qui exprime ses propositions avec en particulier la mise en place d'un répertoire national des médicaments.

Que préconisez-vous pour assainir la situation ?

Pr Jean-François Bergmann : Ces progrès obtenus par les récentes réformes concernant les médicaments, sont importants, mais ne sont pas tout. Il manque cruellement un répertoire national des médicaments qui serait un guide officiel de la prescription précisant les bons et les mauvais choix d’une façon bien plus raisonnable et scientifiquement étayée que ne le fait le livre des Professeurs Even et Debré. Ce « formulaire thérapeutique » actualisé annuellement servirait de référence pour le prescripteur, d’outil d’enseignement pour la formation initiale des futurs médecins et la formation continue, permettrait aussi au patient d’être informé objectivement sur les bons et les moins bons médicaments. Mais cet ouvrage, que nous sommes nombreux à appeler de nos vœux, pourrait être aussi un objet de contrôle de la prescription et ce contrôle, que je juge sain et légitime, reste controversé et génère de la part des politiques, des syndicats médicaux, de l’Ordre des Médecins, beaucoup de réticences...

Que proposez-vous d'autres ?

Pr J.-F. B. : Il faut aussi améliorer la formation initiale et continue à la thérapeutique, enseigner l’analyse critique des données de la science, et si possible contrôler de façon régulière par les pairs les compétences en thérapeutique des prescripteurs. Ce contrôle que l’on juge légitime pour un pilote d’avion ou un conducteur d’autocar est tout aussi légitime pour un médecin.
- Une politique plus claire concernant l’automédication, permettant à certains malades de se traiter sans l’aide du médecin pour les pathologies simples à traitement sans risque, serait aussi légitime.
- Enfin, le codage des diagnostics en médecine libérale, comme cela est déjà fait pour les malades hospitalisés, permettrait de réaliser des études de pharmaco-épidémiologie, d’apprécier l’adéquation d’une prescription à un diagnostic et donc d’améliorer nos pratiques.
Tout cela ne peut se faire qu’avec une information sereine, complète et réfléchie du public, pour redonner confiance dans les médicaments. On comprend mal pourquoi les malades ont si confiance en leur médecin, et si peu confiance dans les prescriptions de ce même médecin. Il y a là un paradoxe que seule une information réfléchie, sans excès ni affirmation provocatrice, peut lever.


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