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Attention, ces médicaments peuvent être dangereux pour les bébés

Publié par : rédaction Onmeda (25. janvier 2017)

© Shutterstock

Le 10 décembre 2016, un nourrisson de 10 jours est décédé d’un arrêt cardio-respiratoire suite à l'administration d’Uvestérol. Après ce drame, ce médicament a été décommercialisé puis remis en vente pour des cas particuliers (seulement pour l’Uvesterol ADEC). Alors que les mises en garde sur ce médicament se répétaient depuis 2006 (par la revue Prescrire notamment), il a fallu attendre un décès pour obtenir gain de cause.

Le cas de l’Uvesterol D, récemment décommercialisé, n’est pas unique. Il existe aujourd’hui d’autres médicaments potentiellement dangereux pour les bébés, pour certains vendus en pharmacie. Le Dr Romain Boutonné, médecin généraliste, dresse une liste des médicaments potentiellement dangereux pour les bébés et les enfants. 

  • L’Uvesterol 
    Les dangers de l’Uvesterol°, reconnus depuis 2006, étaient liés à une mauvaise administration du produit, lié à un manque d’explication des modalités par les professionnels de santé. En effet, le mode d’administration du médicament (par une pipette) est à risque de provoquer une fausse route du nourrisson, et par là même un malaise vagal – qui a pu dans le drame du nourrisson, provoquer un arrêt cardio-respiratoire. Il n’est donc pas question de remettre en cause la nécessité d’un apport de Vitamine D indispensable chez le nourrisson. Car c'est la présentation - et non la composition - de l'Uvesterol° qui a fait l’objet d’une surveillance renforcée par l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament) depuis 2006.
  • Les sirops anti-tussifs
    Parmi les autres médicaments à déconseiller chez le nourrisson : les sirops anti-tussifs (contre la toux), auparavant largement utilisés car disponibles sans ordonnance. Ils sont aujourd'hui interdits par l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) depuis plusieurs années chez les moins de 2 ans, car à risque d’aggraver les troubles respiratoires. Ainsi les mucolytiques, les mucofluidifiants, et l’hélicidine sont contre-indiqués chez le nourrisson depuis le 29 avril 2010. 
  • Les pulvérisations nasales
    Les produits sous forme de pulvérisations nasales chez le nourrisson sont également à éviter, pouvant exposer à des risques de fausses routes et d’arrêt cardio-respiratoires réflexes.
  • Les suppositoires et huiles essentielles à base de terpènes
    Les suppositoires à base de dérivés terpéniques (ex: Coquelusedal, Eucalyptine, Bronchorectine, etc.), sont potentiellement responsables de complications neurologiques comme des convulsions, somnolence et agitation, et surtout d'efficacité clairement prouvée. Ils sont désormais également contre indiqués chez le jeune enfant. Les huiles essentielles ou pommades à passer sur la poitrine, contenant également des terpènes, peuvent également provoquer des convulsions chez les bébés et enfants de mois de 12 ans. Ils sont à éviter quoi qu’il arrive en cas d’antécédents de convulsion fébrile ou d’épilepsie.
  • Le CoDoliprane
    La Revue Prescrire avait également pointé du doigt en 2014 certains médicaments dont le conditionnement particulier ou le manque d’information suffisante pouvaient entraîner des erreurs de prescription chez les bébés et le jeune enfant. Ainsi Le CoDoliprane enfant, indiqué auparavant à partir de 3 ans, dont le conditionnement ne contenait pas de bouchon doseur et pouvait entraîner des erreurs d’administration et de surdosage, a depuis le 10 juillet 2014 été retiré du marché. L’utilisation du CoDoliprane, sous forme de comprimés, reste désormais possible uniquement à partir de l’âge de 12 ans.
  • L'auto-médication
    Concernant les autres médicaments, notamment ceux disponibles en automédication, est évoqué un risque lié à l’insuffisance de qualité des dispositifs doseurs...entraînant de possibles confusions autour du dosage, dont la précision est indispensable chez les bébés (même pour les substances dites naturelles).
  • Les médicaments génériques
    Les conditionnements de produits similaires (comme les medicaments génériques d'une même substance) sont parfois trompeurs : ainsi pour l’Advil (Ibuprofène) ou pour l’Ibuprofène génériqués provenant d’autres laboratoires, les pipettes, quasiment identiques, ne sont pas graduées de la même manière, ce qui peut entraîner des risques de surdosage si les deux produits se retrouvent dans le même domicile.
Les conseils du médecin : quels que soient les médicaments utilisés chez le bébé, lisez la notice, quoi qu’il arrive, qui précise les modalités d’administration, mais également les contre-indications éventuelles qui peuvent avoir échappé à votre médecin ou votre pharmacien, car évidemment personne n’est infaillible ou omniscient. N’hésitez jamais à poser des questions à votre pharmacien, à plus forte raison si c’est un médicament que vous ne connaissez pas ou dont l’utilisation de ne vous paraît pas évidente.

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Uvestérol° : encore et encore des nouveau-nés victimes de malaises" Rev Prescrire 2014 ; 34 (367) : 352-3.
Uvestérol° : malaises graves chez des nourrissons » Rev Prescrire 2011; 31(331):349

Auteur : Dr Romain Boutonné, médecin généraliste


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