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Stop aux excisions et autres mutilations ! : Les risques pour la santé de l'excision

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (06. août 2013)

Interview de Laurent Duvillier, responsable de la communication du bureau régional en Afrique de l'Ouest et du centre, de l'Unicef. Il nous explique qui pratique les excisions et quels sont les risques pour la santé...

Quels sont les risques pour la santé de ces mutilations génitales ?
Laurent Duvillier : Les mutilations entraînent de nombreuses complications pour la santé de la jeune fille, au moment où elle les subit, mais aussi plus tard, par exemple au moment de l’ accouchement : la vie de l’enfant et celle de la mère sont mises en danger du fait de ces mutilations géntitales.
Au-delà de la santé, c’est également une atteinte au bien-être de la jeune fille et à ses droits humains fondamentaux. C’est pour cela que l’Unicef ne demande pas une médicalisation, mais un abandon pur et simple de la pratique des mutilations génitales féminines.

Quelles sont les personnes qui pratiquent les excisions ?
L. D. : Dans la majorité des cas, ce sont des praticiens traditionnels qui effectuent les excisions. Cela ne se fait pas en milieu hospitalier, ni de manière médicalisée. Au Sénégal, près de 100% des excisions sont faites par des praticiens traditionnels, comme au Niger et en Guinée-Bissao.
Dans d’autres pays, la tendance est inverse, et il y a un nombre plus important de personnel médicalisé qui pratique ces mutilations, comme en Egypte et au Soudan.
Cependant, le but n’est pas d’amener à une médicalisation, mais de dire « non » à toute forme de mutilation génitale féminine.

Comment expliquer les différences de prévalence des mutilations génitales d'un pays à l'autre ?
L. D. : Les mutilations génitales féminines et l’ excision sont essentiellement pratiquées en Afrique et au Moyen-Orient.
Dans certains pays, la prévalence est presque universelle, c’est-à-dire que quasiment toutes les jeunes filles et les femmes sont excisées. C’est le cas de la Somalie, de la Guinée, de Djibouti et du Mali dans une moindre mesure.
Mais au-delà des pays et des frontières, la pratique de l’excision est fortement liée à l’appartenance à un groupe ethnique particulier. Par exemple, on observe de fortes disparités au sein d’un même pays. Au Mali, la mutilation génitale féminine est fortement pratiquée dans le sud, mais presque pas dans le nord du pays. Au Sénégal, les mutilations ne sont pas pratiquées par les groupes ethniques autour de Dakar, mais beaucoup plus par ceux qui sont proches de la Guinée.

La pratique des excisions a-t-elle un rapport avec la religion ?
L. D. : La pratique des mutilations génitales féminines va au-delà d’une confession religieuse. Par exemple, les Touaregs ne les pratiquent presque pas alors qu’ils sont musulmans. C’est vraiment l’appartenance à un groupe ethnique qui joue un rôle.
La pratique peut traverser très facilement les frontières et on le voit avec les communautés migrantes vers les pays occidentaux. Les peuples ont tendance à emporter avec eux leurs pratiques. En Afrique de l’ouest notamment, il y a beaucoup de mouvements de population et la pratique a tendance à passer d’un pays à l’autre.
Il est donc important de ne pas se confiner aux frontières des pays. Il faut favoriser les échanges entre les groupes ethniques qui pratiquent les excisions et ceux qui ne les pratiquent pas au sein d’un même pays, en plus des échanges entre les différents pays.

Laurent Duvillier

Laurent Duvillier


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