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Problèmes d’érection : des couples témoignent: Les témoignages d'Arno et Sophie

Publié par: Dr. Nicolas Evrard (29. octobre 2010)

Arno a aujourd'hui 66 ans. Cadre dans l'audiovisuel, il a toujours eu de grosses responsabilités. L'obligation aussi de " paraître " toujours au mieux de sa forme. Il y a une vingtaine d'années, il a épousé Sophie, de 26 ans sa cadette. Ils ont eu ensemble trois enfants. Il y a environ dix ans, on lui a diagnostiqué un cancer de la prostate. Opéré, il ne peut plus avoir d'érection.

Comment cela s'est-il passé avec votre partenaire ?

J’ai fait vivre un enfer à ma femme ! Je ne sais même pas pourquoi elle ne m’a pas quitté. Après mon opération toute sexualité normale, était impossible. J’entends par sexualité normale, la pénétration. Pendant les premiers mois, j’ai voulu dormir seul. Ma femme s’occupait beaucoup de moi. J’avais un peu l’impression d’être son quatrième enfant. Tout tournait autour de ma guérison, de mes traitements, de ma santé. Je pense qu’au début, j’ai profité de ce statut de « malade » pour mettre de la distance entre nous. Sophie a respecté cela.

Comment ont évolué vos rapports avec votre femme ?

Au bout d’un certain temps, j’allais mieux. Sophie a quitté son rôle « d’infirmière » pour reprendre celui d’épouse. Elle ne m’a pas demandé de dormir auprès de moi. Je pense qu’elle attendait que ce soit moi qui le lui propose. Mais elle se montrait plus câline, plus sexy aussi. Et c’est là que j’ai le plus souffert. Et que je l’ai fait le plus souffrir aussi.

Je ne supportais aucun câlin. Aucun bisou. Je savais que le petit câlin, forcément allait entraîner d’autres choses, des caresses, des préliminaires, au moins. Et puis quoi ? Je ne pouvais pas aller plus loin ! Je le savais bien. Elle aussi. Donc, dès que ma femme s’approchait de moi, je la fuyais à l’autre bout de la maison.

Quel était votre sentiment ?

J’avais l’impression de ne plus être un homme et de ne plus être tout à fait vivant. J’avais eu un cancer. Je me sentais en sursis. Et je n’avais plus d’érection. J’étais en sursis sur tous les plans. J’attendais que ma femme n’en puisse plus et qu’elle me quitte. Je ne pensais pas qu’elle allait rester et s’accrocher. Mais en même temps, toutes les preuves d’amour qu’elle me donnait, m’étaient insupportables. Justement parce qu’elles me renvoyaient à cette intimité dont je ne voulais plus.

Dès que ma femme essayait d’aborder le sujet, je me fâchais. Je la fuyais. Cela a duré au moins cinq ou six ans.

Que s'est-il passé pour que cela change ?

Un week-end, une vieille amie que je n’avais pas revue depuis tout longtemps, est venue nous voir. C’est quelqu’un de très direct. Elle m’a pris un peu de court. Elle m’a posé des questions sur moi, ma santé et surtout sur mon couple. Et, je ne sais pas pourquoi, à elle, je lui ai tout raconté. Elle m’a passé, comme on dit, un savon ! Elle m’a traité de vieux con, d’égoïste, de macho... et j’ai tout accepté. Je savais bien qu’elle avait raison. Je crois que j’avais besoin de ça. Qu’on me parle comme ça. Mais, comme je n’avais parlé de cela à personne, bien sûr tout le monde ignorait notre calvaire.

Elle m’a donc imposé d’aller consulter, d’en parler avec ma femme. Elle ne m’a pas lâché. J’avais besoin de ça.

Vous avez alors consulté ?

Nous avons, ma femme et moi, consulté un urologue. Moi d’abord, seul. Puis, nous deux. Nous avons trouvé des solutions. J’ai demandé que l’on me mette en place une prothèse. Ce n’est pas génial. Mais j’ai l’impression de pouvoir satisfaire mon épouse. Tout cela a pris du temps. Il a fallu voir un sexologue, accepter de revenir à des situations d’intimité. Mon épouse était patiente. Elle montrait (je ne sais pas si c’était vrai) que la pénétration n’avait pas d’importance pour elle. Que les caresses et les câlins, en revanche, lui étaient indispensables. Depuis, nous allons mieux. J’ai parfois de nouvelles angoisses. Elle est beaucoup plus jeune que moi... Mais nous sommes toujours ensemble. Et toujours fiers d’avoir pu préserver notre famille. J’aime ma femme bien plus qu’avant. Mieux, je crois que du temps des pénétrations. J’ai découvert une partie de sa sexualité que j’ignorais avant.

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Le témoignage de Sophie

Sophie est une très belle femme qui s'est mariée jeune avec Arno, un homme, plus âgé que son propre père. Elle a toujours eu une admiration et un respect indéfectibles pour Arno. Elle a aujourd'hui 46 ans.

Comment avez-vous vécu les premiers moments quand votre mari a eu ses problèmes de santé ?

Quand Arno, mon mari, est tombé malade (cancer de la prostate), j’étais terrifiée. J’avais tellement peur de le perdre ! Nous avions trois enfants encore très jeunes. Surtout nos deux filles qui n’avaient pas cinq ans. Ce qui m’épouvantait, c’était l’idée que mes enfants pourraient grandir sans leur père, après ce maudit cancer de la prostate. Et moi, me retrouver sans lui. Je me suis beaucoup occupée de lui. Je pense que j’ai eu tort certainement d’endosser en quelque sorte la blouse de l’infirmière. Je voulais être partout pour le rassurer : la maman qui s’occupait des enfants, la femme au travail, l’épouse dévouée. Je voulais lui simplifier la vie au maximum. Pour qu’il guérisse. N’importe quelle épouse aimante, aurait fait la même chose. J’ai peut-être voulu en faire un peu trop. Je lui ai peut-être trop montré ma force, à un moment où lui se sentait si faible et si fragile. Je pense que ça a dû lui faire peur.


Quel était votre quotidien ?

Nous faisions chambre à part. Au début, il l’a souhaité parce qu’il avait du mal à dormir. Il souffrait et ne voulait pas déranger mon sommeil. Puis l’habitude a été prise. Nous ne dormions plus ensemble. J’en ai souffert beaucoup. Ce n’est pas le sexe qui me manquait, mais les bisous, les câlins, la tendresse, la chaleur de son corps contre le mien.

Très souvent, j’ai essayé de lui en parler. Mais je voyais bien qu’il ne le voulait pas.

Ce qui était vraiment dur dans cette période, c’était quand je rentrais le soir. J’étais heureuse de le retrouver. J’avais envie de lui sauter au cou, de le prendre dans mes bras. De lui montrer mon amour. Immédiatement, il se défilait. Je sais qu’il avait peur que je n’en demande davantage. Cela le renvoyait à son impuissance.

Comment les choses se sont améliorées ?

Un jour j’ai déjeuné avec une de mes amies proches. Et je me suis effondrée. Je lui avais raconté. Sa réponse m’avait choquée : prends un amant ! Je ne voulais pas d’amant. Pas d’autre. Je voulais juste la tendresse de mon mari.

Puis un jour il est allé consulter un sexologue. Il ne me l’a pas dit tout de suite. Il a fait la démarche tout seul. Mais après il m’en a parlé et m’a demandé de l’accompagner aux consultations suivantes. C’était jour de fête !

Comment cela s'est passé après cette consultation ?

La thérapie a été longue. Il a fallu le ré-apprivoiser. C’était assez excitant, en fait... Et surtout chargé d’espoir ! Le premier soir où nous nous sommes retrouvés tous les deux dans le lit conjugal... je vous assure ! On aurait dit deux jeunes mariés. Pire, deux novices ! Sur les conseils du thérapeute, Arno m’a caressée. Il a cherché en fait ce qui me faisait plaisir. Et il a découvert des choses que nous ignorions tous les deux ! Petit à petit, ces jeux ont pris plus d’importance. Au bout d’un certain temps, on était tout pressés tous les deux de nous retrouver. Je sais qu’Arno souffrait toujours de ne pas avoir d’érection. Mais il avait passé un stade. Nous nous amusions ensemble.

Votre mari a ensuite consulté un urologue...

Moi, je me serais contentée de ça. Mais il a voulu absolument qu’on lui pose une prothèse. Il voulait être complet !

On l’a fait. Mais, plus pour lui que pour moi. Nous sommes progressivement redevenus un couple. Il a changé totalement de comportement. Il était agressif, coléreux, pendant toute cette période difficile. Il est redevenu l’homme gai et drôle et charmant et attentif, que j’avais épousé. Et moi, je suis redevenue sa femme !


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