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Tout savoir sur les mycoses génitales : Les conseils du gynécologue

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (10. mars 2011)

Les conseils du Dr Gregory Akerman, gynécologue-obstétricien.

Quels sont les signes typiques d'une mycose ?
Des démangeaisons et des brûlures vulvaires et vaginales, des pertes qu’on appelle leucorrhées, d’aspect lait caillé. La mycose est une infection purement locale, donc il n’y a aucun risque d’extension aux autres organes de l’appareil génital tels que les trompes, l’ utérus ou les ovaires. Il faut savoir qu’une mycose n’engendre jamais fièvre.

Est-ce qu'elles sont plus fréquentes à certains moments du cycle ou de la vie chez la femme?

Il y a peu d’influence du cycle hormonal sur l’apparition d’une mycose chez la femme non ménopausée. Le champignon responsable de cette infection, est présent à l’état normal au niveau de la vulve et du vagin en très faible quantité. Sa prolifération dépend surtout des modifications du milieu vulvaire et vaginal en particulier du pH (acidité). Ainsi, au moment des règles, le milieu vaginal étant plus alcalin, il y a moins de risque de survenue d’une mycose.

La grossesse perturbe également la composition du milieu vulvaire et vaginal (flore vaginale) et peut favoriser l’apparition d’une mycose en permettant au champignon de se développer.

En revanche, au moment de la ménopause, la carence en oestrogènes entraîne une alcalinisation du milieu vulvaire et vaginal, peu propice à l’apparition d’une mycose.

Comment peut-on expliquer la récidive des mycoses ?

Par deux mécanismes :

> Le (les) partenaire(s) est lui-même porteur d’une mycose (souvent moins apparent et symptomatique que chez la femme, et surtout assez rare), et transmet les champignons lors de rapports sexuels.

> Le plus souvent, la patiente néglige ou méconnaît un « facteur favorisant » responsable de la prolifération du champignon, présent à l’état normal, en très faible quantité dans la composition vulvaire et vaginale.

Le médecin recherchera ces éventuels facteurs favorisants l'apparition d'une mycose, comme une hygiène excessive ( douche vaginale)... ou au contraire insuffisante. Des vêtements trop serrés, ou des sous-vêtement synthétiques, la prise d’antibiotiques... qui pourraient, spécifiquement dans chaque cas, être une raison de prolifération du champignon.

Dr Gregory Akerman.

Dr Gregory Akerman.

Le traitement de la mycose génitale

Suite de l'interview du Dr Gregory Akerman, gynécologue-obstétricien.

Comment traiter une mycose récidivante ?
Il y a d’abord le traitement de la phase aiguë de la mycose, avec des ovules vaginaux et une crème antimycosique. Puis, dans le cas de récidives des mycoses gênantes et vraiment invalidantes, on peut utiliser des pro-biotiques (des micro-organismes). Ces derniers aident à rétablir ou à maintenir l’équilibre de la flore vaginale composée normalement pour 95% de bacilles de Doderlein, bactéries protectrices de la vulve et du vagin (les champignons n’étant présents à l’état normal qu’en très faible quantité), évitant ainsi que les champignons prolifèrent de manière anormale. Ces traitements sont, pour une grande majorité, à prendre par voie orale.

Peut-on se soigner sans avis médical pour une mycose en reprenant les ovules précédemment prescrits ?

D’une manière générale, il ne faut pas faire d’automédication. Il y a d’autres vulvo-vaginites distinctes des mycoses (même si celles-ci sont les plus fréquentes) pour lesquelles les traitements anti-mycosiques ne seraient absolument pas efficaces.

Seul votre gynécologue pourra faire un diagnostic précis. De plus, les traitements anti-mycosiques ne peuvent être obtenus en pharmacie que sur ordonnance.

Mais il est vrai que certaines patientes, sujettes aux mycoses, savent reconnaître les symptômes. Dans le cadre d’une relation de confiance entre le gynécologue et sa patiente, celui-ci pourra lui délivrer une ordonnance en anticipation.

Est-ce que le partenaire doit obligatoirement se faire traiter ?

Pas lors d’un premier épisode de mycose. En cas de récidive ou de non-efficacité du traitement, on peut proposer un traitement au partenaire.


Pour en savoir plus, faites ce quiz sur les mycoses génitales.


Voir aussi cette vidéo :

Mycose vaginale: vidéo

Sources et notes :
> Le Grand livre de la gynécologie, Collège National des Gynécologues-Obstétriciens, Eyrolles, 2012.


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