publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

Les crèmes anti-âge : ce qui marche vraiment ! : Interview d'un expert en cosmétologie

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (11. octobre 2013)

Interview du Dr Gérard Redziniak, docteur en biophysico-chimie moléculaire.
Il exerce depuis 35 ans dans le monde de la recherche en biologie cutanée et en cosmétologie. Il est aujourd'hui conseiller scientifique indépendant pour différentes sociétés de cosmétiques et de matières premières en leur proposant des projets de recherche et d'innovation.

En matière d'antiride, faut-il accélérer la régénération cellulaire ou la retarder ?
Dr Gérard Redziniak : Un peu les deux et pas n’importe comment. L’idée serait de contrôler la qualité et la quantité des nouvelles cellules. Par exemple : poncer en surface va rénover, accélérer les processus de renouvellement, mais il ne faut pas en abuser. On ne peut pas tout le temps avoir le pied sur l’accélérateur, sinon on va user le moteur... Il faut savoir préserver son capital : le nombre de divisions cellulaires est limité (lié au patrimoine cellulaire).
Concrètement, l’utilisation de ponçage moléculaire (AHA ou acide glycolique) ou de molécules avec effet « facteur de croissance (IGF like) » peut se faire en cure, une fois par saison, pour relancer un peu les kératinocytes qui tendent à se fatiguer avec le temps (5 % de cellules en mitose à 20 ans, et 1 % à 50 ans). Mais attention, la sursollicitation entraîne une sursensibilité de la peau, car elle n’a plus le temps de fabriquer sa protection de surface, et là on va à l’encontre de ce qu’on recherche.

En matière d'innovation, quels sont vos " chouchous " ?
Dr G. R. : La famille des peptides est maintenant incontournable dans la panoplie antirides. Certains peptides - comme le triptides RGD (type Matrixyl®) - à action sur les fibroblastes du derme sont capables de relancer le métabolisme du collagène et de l’élastine. Ils sont intéressants pour les peaux matures. D’autres ont des effets botox like, comme l’Argirelline®, ils sont à recommander pour les rides d’expression.
Les sucres phosphorylés sont incontournables pour agir à la fois en surface et réguler le métabolisme en profondeur.
L’innovation doit cependant s’accompagner d’une stratégie globale, par strate : il faut savoir traiter l’épiderme, le derme, voire l’hypoderme pour refaire du lipide bag (action sur les adipocytes pour restructurer les volumes), voire jouer sur les terminaisons nerveuses. Le traitement biologique des rides passe forcément par une action cellulaire. C’est le gage d’un effet tissulaire.

Un mot sur l'importance des peptides et leurs propriétés...
Dr G. R. : Quand on dit « peptides », il faut penser hormones peptidiques, car ils agissent comme des messagers. Ils s’accrochent à la surface de la membrane cellulaire et se comportent comme des clefs de contact qui relancent ou arrêtent le « moteur » de la cellule. Il faut choisir son peptide en fonction de l’objectif qu’on souhaite atteindre.

Quel est le rôle des sucres pour la propriété anti-âge ?
Dr G. R. : Hyper-important ! Les sucres sont à l’origine de la vie, c’est une grande famille : les glycanes. Ils se combinent et forment des millions de structures différentes.
L’ADN, par exemple, est un polysaccharide sur lesquels se sont fixées des bases.
L’ acide hyaluronique est lui aussi un polysaccharide.
Leurs actions sont multiples :
- Ce sont des molécules « SMS » qui permettent la communication entre les cellules,
- Ce sont des molécules bâtisseuses.

Pourquoi trouve-t-on tant d'eau dans les formulations des produits antirides ?
Dr G. R. : La peau en soi est déjà une émulsion naturelle ; c’est une structure moléculaire organisé avec 70 % d’ eau en poids (ce qui représente 95 % en molécule) : l’équilibre aqueux doit donc être maintenu. Mettre de l’huile tous les jours, provoque un effet occlusif qui est négatif. L’eau est nécessaire au bon équilibre cellulaire et surtout enzymatique. Dans les formulations, elle peut être remplacée par des hydrolats ou de l’ eau thermale.

Dr Gérard Redziniak - Crèmes anti

Dr Gérard Redziniak - Crèmes anti

Différence entre les crèmes anti-âge de jour et de nuit

Suite de l'interview du Dr Gérard Redziniak qui nous explique notamment la différence entre les crèmes anti-âge de jour et de nuit...

Quelles sont les relations entre le collagène et l'acide hyaluronique ?
Dr Gérard Redziniak : Ce sont les briques de notre corps. Le collagène - protéine majoritaire du corps - est hydraté à l’intérieur du derme par l’ acide hyaluronique : les deux sont donc imbriqués. Cela forme ce qu’on appelle la matrice extra-cellulaire.
On n’a que 15 g d’acide hyaluronique (en matière sèche) dans le corps, mais il piège 15 litres d’eau (1 g pour 1 litre d’eau). L’acide hyaluronique se renouvelle en 3 jours. Pour fabriquer l’acide hyaluronique, notre organisme a besoin de 2 sucres : l’N-acétylglucosamine et l’acide glucuronique. Et au cours du temps l’N-acétylglucosamine se fait plus rare. Certains travaux suggèrent que prise par voie orale, elle pourrait avoir un effet positif sur l’état général de la peau.

Et pour les hommes le traitement des rides va-t-il être différent ?
Dr G. R. : La stratégie antirides est la même pour les l’hommes... Oui, il peut piquer votre "formule" antirides ! La peau de l’homme qui peut être plus grasse en surface (plus émolliée... testostérone oblige) mais elle se détériore en profondeur comme la peau féminine (mais de façon plus lente). En revanche, l’homme présente des rides d’expression plus marquées : les formulations botox like seront performantes sur les peaux masculines.

Un anti-âge n'est qu'une question de molécules ?
Dr G. R. : Le métier de la cosmétique c’est d’abord un métier sensoriel. L’effet placébo, qui veut dire « plaire », est un principe actif à part entier. La texture, l’odeur sont primordiales car la ride est un traitement à long terme, mais surtout un rendez-vous avec soi-même. La relation cerveau/peau est ultra-importante. Le stress, par exemple, libère au niveau cutané des CGRP, des neuromédiateurs qui déséquilibrent le bon fonctionnement cellulaire. La méditation, le massage a contrario parce qu’ils permettent la libération d’endomorphines ont des effets positifs sur les cellules cutanées. Certaines odeurs, certains esters, ont une action relaxante sur les muscles en agissant directement sur une partie profonde du cerveau (l’hypothalamus) par la voie olfactive.

Cosméto de jour et cosmeto de nuit : marketing ou réalité ?
Dr G. R. : On peut parler de chronobiologie de la peau, et même de chromobiologie.
La journée, la lumière a des effets très importants sur le fonctionnement cutané. La NASA a mis en évidence certains effets de la lumière. Ainsi, il a été découvert que la longueur d’onde « rouge » favorise la synthèse de l’ATP et d’endomorphine, la régénération cellulaire et la cicatrisation.
Dans la journée, la peau fabrique plutôt des substances protectrices, anti-radicalaires. Le taux du SOD (superoxydase dismutase) augmente. En revanche, la régénération s’effectue la nuit : les fibroblastes au cœur de la matrice extra-cellulaire deviennent très actifs, par exemple pour fabriquer l’acide hyaluronique.
La nuit, il est important d’apporter des précurseurs d’acide hyaluronique qui vont enclencher la synthèse endogène (c’est par exemple le cas de certains sucres phosphorylés), et aussi des peptides. Ils fonctionnent comme des effets « clefs » sur les cellules et boostent les fibroblastes.

Peut-on changer ses rides, sans changer sa vie ?
Dr G. R. : Il y a une relation macro/micro : tout ce que vous avez à l’échelle de l’infiniment petit se retrouve dans l’infiniment grand, et vice et versa. C’est ce qu’on appelle le fractale. Qu’est-ce que cela veut dire ? Prenons le concept de désocialisation par exemple, il existe aussi au niveau microscopique, on parle alors de désocialisation des cellules, elles se mettent à la retraite, refusent de communiquer, ne veulent plus fabriquer de collagène, il s’agit de fractale moléculaire et cellulaire. Avec l’étude du modèle Okinawa, l’île où les gens vivent longtemps et en bonne santé, on sait que la longévité est corrélée à une alimentation frugale mais riche en antioxydants, à une vie sociale très développée où l’idée de retraite n’est pas en vigueur, à des pratiques d’arts martiaux et d’art énergétique...

A lire aussi :
> A chaque âge son anti-rides
> Tout savoir sur le Botox
> Effacer les rides grâce à l'acide hyaluronique


publicité