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Enurésie - Pipi au lit : Les conseils du médecin spécialiste

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (18. novembre 2014)

Interview du Dr Georges Picherot, médecin spécialiste, chef du service de pédiatrie au Chu de Nantes.

Quand faut-il aller consulter un médecin ?
Quand l'enfant a plus de cinq ans. Jusqu'à cinq ans, il n'y a pas grand-chose à faire, c'est souvent une question d'immaturité vésicale. Il faut laisser le temps de la maturation et de l'apprentissage. On parle vraiment d'énurésie, à partir de cinq ans. Et là, il est important d'aller consulter un médecin. D'abord pour vérifier qu'il ne s'agit pas du symptôme ou de la conséquence d'une maladie. Ensuite, le médecin va prendre en charge l'enfant et ses parents. L'enfant est très angoissé par ce problème. Les parents, de leur côté, cherchent leur part de responsabilité. Ils culpabilisent souvent ou répondent à leur stress par la colère face à l'enfant. Le médecin va tout simplement rappeler comment les choses se passent dans le corps de l'enfant. Il va l'expliquer aux parents et à l'enfant lui-même. Il va contribuer à dédramatiser la situation et à donner des réponses pratiques. Il va aussi proposer une prise en charge comportementale aux parents, mais surtout à l'enfant lui-même pour qu'il se sente actif dans sa guérison.

On a longtemps dit que l'origine était d'ordre psychologique. Ce n'est pas votre avis ?
Cela peut arriver, bien sûr. Mais, je pense que l'énurésie n'est pas un problème psychologique. En revanche, cela provoque de vrais problèmes psychologiques. Vous imaginez un enfant qui n'ose plus aller chez les copains, qui n'ose plus partir pour un week-end dans la famille ou aller en colonies de vacances ou en sortie scolaire, par peur que tout le monde se moque de lui. C'est une véritable souffrance. Il finit par avoir de lui une image totalement dégradée. Et cela peut provoquer des complexes importants, voire une vraie dépression. Cela peut même avoir un retentissement sur ses résultats scolaires. Donc il est important de ne pas banaliser. C'est-à-dire prendre le problème pour ce qu'il est. Et il existe des réponses adaptées à chaque enfant. Il faut en parler au médecin.

Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire ?
Ne pas en faire un conflit familial. C'est vrai que c'est stressant pour tout le monde. Pour la maman qui va être obligée de faire des lessives supplémentaires, pour le papa qui voudrait pouvoir emmener son enfant chez les copains le week-end. Mais, la plus mauvaise réponse, c'est la moquerie ou les réprimandes. Il faut bien se rappeler que l'enfant n'y est pour rien. Il faut également éviter d'en parler tout le temps. Cela ne doit pas devenir la hantise du soir et du coucher. Il faut le féliciter quand il arrive à se retenir ou à être propre, mais ne pas le gronder quand il n'y arrive pas.

Alors qu'est-ce qui marche ?
C'est la gratification, la valorisation qui donnent les meilleurs résultats. Et l'explication, également. L'enfant doit pouvoir comprendre ce qui se passe. Il doit savoir qu'il n'est pas le seul à qui ça arrive. Il doit être rassuré. Il doit être l'acteur de sa guérison. Pour cela, il doit pouvoir comprendre comment marche sa vessie. Le traiter comme un bébé n'est pas la bonne solution. Souvent, les parents perdent patience parce qu'eux-mêmes n'ont pas confiance. Ils ont l'impression que ça ne finira jamais. Mais, il faut le rappeler : ça se passe toujours.


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