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Oeil qui pleure : les causes

Publié par : Elide Achille (18. avril 2016)

Le larmoiement de l'adulte est plus complexe à comprendre et à traiter qu'il n'y paraît au premier examen. C'est le rôle du médecin ophtalmologiste et de lui seul de faire le diagnostic d'une pathologie oculaire expliquant l'irritation et le larmoiement, d'une obstruction de la voie lacrymale dont il faudra discuter la correction chirurgicale et de la sécheresse qu'il ne faut pas méconnaître.
L'oeil qui pleure peut avoir plusieurs causes.

1 – Les larmoiements par obstruction

Chez l'adulte, c'est une cause fréquente d'oeil qui pleure. L'obstruction peut siéger sur le conduit lacrymo-nasal juste en aval du sac lacrymal qui peut alors se dilater et s'infecter (« dacryocystite »). Une opération chirurgicale est souvent nécessaire dans ce contexte.

Il se peut aussi que l'obstruction se situe au niveau des petits canaux qui se trouvent en amont du sac lacrymal, le long de la partie interne du bord palpébral. Ce système de canaux est complexe et forme ce qu'on appelle la pompe lacrymale. Cette pompe évacue les larmes à partir de la surface de l'oeil, et les propulse dans le sac lacrymal. Ces fins canaux sont nettement plus difficiles à réparer.

Les voies lacrymales peuvent également se boucher à la suite :

  • d'une blessure des paupières dans la région du système de drainage des canalicules lacrymaux ;
  • la formation de kystes à l'intérieur du canal lacrymal ;
  • une inflammation ou infection chronique ;
  • des changements liés au vieillissement, qui peuvent causer un rétrécissement des points lacrymaux, une distension des paupières;
  • rarement une tumeur.

Le larmoiement par obstruction est normalement clair et sans irritation majeure, sauf en cas d'infection, de conjonctivite, voire d'une « dacryocystite » qui, si elle est aiguë, constitue un abcès à l'angle interne de l'oeil, avec écoulement de pus.

2 - Le larmoiement par hypersécrétion

Ce sont les circonstances où existe une hypersécrétion permanente ou semi-permanente des larmes. Pour que le larmoiement cesse ou du moins soit suffisamment réduit pour ne plus constituer une trop grande gêne, il faut intervenir sur les causes qui créent ce déséquilibre lacrymal.

L'oeil qui pleure par hypersécrétion peut être provoqué par :

  • une conjonctivite, par exemple allergique : c'est alors une réaction de l'organisme vis-à-vis d'un agent irritant ;
  • la présence d'un corps étranger dans l'oeil (poussière, traces de produits de maquillage, etc.) qui provoque une irritation. Dans ce cas, il est également bon à savoir que les larmes ont pour rôle de contribuer à l'expulsion du corps étranger ;
  • l'exposition à un agent irritant (fumée, oignons, pollution, etc.) ;
  • une pathologie de la surface de l'oeil (irritation, inflammation, conjonctivite, infection) ;
  • des névralgies faciales ou des maladies neurologiques ;
  • la sécheresse oculaire (ce qui peut paraître paradoxal... lire plus loin).

Les larmoiements par hypersécrétion peuvent être clairs ou chargés de sécrétions, cela dépend de la cause. Ils sont souvent accompagnés par une sensation de sable dans les yeux et rougeurs.

Oeil qui pleure - sécrétion lacrymale

Ce schéma explique où les larmes sont produites (glande lacrymale) et comment elles s'évacuent en passant par le canal lacrymal, et en s'écoulant dans la cavité nasale. On comprend alors pourquoi on se mouche quand on pleure...

3 – La sécheresse oculaire... et l'oeil qui pleure

Curieusement, une des raisons les plus fréquentes de l'oeil qui pleure chez l'adulte est la sécheresse oculaire. Cela peut paraître paradoxal, mais effectivement la sécheresse oculaire entraîne volontiers des accès de larmoiement par réaction à l'irritation de l'oeil « mal lubrifié ».

Le manque de larmes s'accompagne d'une modification de la constitution chimique des larmes, expliquant l'irritation. Une composante allergique est également très fréquemment retrouvée. Il faut savoir qu'à partir de 50-60 ans, à peu près 15% de la population souffre de sécheresse oculaire symptomatique.

Ainsi donc, la sécheresse de l'oeil peut provoquer une irritation, voire même une altération de la cornée et le larmoiement par hypersécrétion constitue une forme de défense de l'oeil. C'est un diagnostic important pour prendre les bonnes mesures thérapeutiques.

Il est essentiel de savoir que ce type de larmoiement peut être provoqué par :

  • une diminution de la quantité des larmes sécrétées (larmoiement par hyposécrétion),
  • une altération de la composition des larmes,
  • une diminution de la stabilité du film lacrymal,
  • une involution sénile de la glande lacrymale.

En cas de sécheresse oculaire, le larmoiement s'accompagne généralement d'une sensation d'irritation (sable dans les yeux), de gêne à la lumière et de rougeurs et démangeaisons. Souvent, le problème s'aggrave pendant l'hiver, avec le chauffage quand l'atmosphère surchauffée des pièces est particulièrement sèche. Un même mécanisme est incriminé pour la climatisation des lieux de travail, où en plus la diminution du clignement lors de l'utilisation des écrans, vient contribuer à la sensation d'inconfort et donc d'oeil qui pleure.

De nombreux médicaments modifient aussi les larmes et aggravent le cercle vicieux sécheresse-irritation-larmoiement réactionnel. Il faut en débattre la suppression s'ils ne sont pas indispensables, ce qui est en grande partie le cas.

 



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