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Le priapisme

Publié par : Dorothee Gebele (24. août 2015)

© Jupiterimages/Hemera

Le terme priapisme vient du dieu grec de la fertilité : Priape, fils d’Aphrodite et de Dionysos, doté d’un pénis démesuré et constamment en érection. Le priapisme désigne en effet une érection pénienne prolongée (supérieure à 3 heures), pathologique et douloureuse qui survient indépendamment de toute stimulation sexuelle.

L’érection persiste pendant plusieurs heures et ne régresse pas spontanément sans intervention médicale (sauf cas exceptionnels). Elle se manifeste uniquement au niveau des corps caverneux du pénis : le gland et le corps spongieux restent mous.

Le priapisme constitue une urgence urologique (= ischémique) et demande une intervention immédiate. Selon sa forme et ses causes, un priapisme non traité peut endommager de manière irréversible les tissus érectiles présents dans le pénis. Ainsi, une érection continue, anormalement longue, peut provoquer un phénomène de fibrose/nécrose des tissus dans le pénis, entraînant une dysfonction érectile définitive (impossibilité d’avoir une érection).

On distingue deux formes de priapisme :

  • le priapisme à bas-débit (aussi : priapisme de stase ou priapisme veineux) : c’est la forme de priapisme la plus fréquente (environ 90% des cas).
  • le priapisme à haut-débit (aussi : priapisme artériel) est beaucoup plus rare (10 % des cas).

Le priapisme à bas débit

Le priapisme à bas débit se caractérise par un durcissement du pénis et une coloration bleutée du gland. C'est le plus fréquent et le plus urgent. Le drainage sanguin du corps caverneux est alors totalement bloqué : le sang ne peut pas s’évacuer par voie naturelle et reste « comprimé » dans les tissus caverneux. Cette pression continue dans le corps caverneux provoque de fortes douleurs. En même temps, le taux d’oxygène dans le sang diminue, ce qui entraîne sur le long terme des modifications des tissus érectiles et – sans traitement adapté : l’impuissance.  

Le priapisme à haut débit

Le priapisme à haut débit est souvent lié à des blessures au niveau de la zone génitale ou du périnée : celles-ci provoquent un flux artériel prolongé et non régulée dans le corps caverneux.
Contrairement au priapisme à bas débit, le pénis reste plutôt souple et avec des pulsations. L’érection n’est pas ou peu douloureuse.
Le risque d’impuissance est moindre par rapport au priapisme à bas débit. Lors du priapisme à haut débit, l’érection du pénis diminue souvent toute seule après un certain temps.

Priapisme à bas ou à haut débit ?

Une analyse sanguine permet de déterminer s’il s’agit d’un priapisme à bas débit ou à haut débit : le sang est alors prélevé du corps caverneux du pénis. En cas de priapisme à bas dépit, le sang est de couleur foncée et présente un pH faible. En cas de priapisme à haut débit, la couleur du sang est plus claire, la valeur pH est presque normale.
Un examen (écho-doppler) permet par ailleurs de mesurer le flux sanguin (afflux et drainage) dans le corps caverneux. En cas de priapisme à bas-débit, on observera l’absence quasi totale de drainage.
Il arrive que les deux formes de priapisme surviennent sous forme combinée, notamment lorsque l’érection permanente est causée par un traitement médicamenteux contre l’impuissance.    

 

Auteurs : Dorothee Gebele, Dr Nicolas Evrard


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