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Ronflements : Les conseils du médecin spécialiste

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (20. novembre 2014)

Interview du Dr Rémy Vautrin, médecin ORL et chirurgien cervico-facial, sur le ronflement, ses causes et ses traitements. A lire les conseils de ce médecin spécialiste...

Pourquoi les hommes sont-ils plus concernés par le ronflement que les femmes ?

Une relative étroitesse du pharynx chez l’homme par rapport à celui de la femme est un argument souvent avancé, expliquant ainsi la nette prédominance du ronflement chez l’homme avant 40 ans. Avec l’âge, la prise de poids, la perte d’élasticité des tissus mous ont tendance à limiter cette prédominance masculine du ronflement.

Est-ce que certaines personnes seraient plus sujettes au ronflement que d'autres ?

Le surpoids fait apparaître ou renforce un ronflement : le traiter reste certainement le moyen le plus efficace d’en atténuer l’intensité. Anatomiquement, il existe des facteurs favorisant l’apparition d’un ronflement : un cou court et large, un rétrognatime (recul marqué du menton) qui favorise la chute de la base de langue en position allongée, une grosse langue (magroglossie), une luette de grande taille et épaissie, de grosses amygdales. Les patients qui présentent une obstruction nasale chronique (déviation importante de la cloison nasale, des maladies inflammatoires du nez et des sinus), privilégient une respiration buccale stricte la nuit, et sont donc particulièrement exposés à développer un ronflement.

Les produits vendus en pharmacie contre le ronflement sont-ils efficaces ?

Ces médications que l’on applique localement le plus souvent sur le voile du palais avant le coucher n’ont pas fait l’objet de validation de résultats dans des publications médicales ou scientifiques (à ma connaissance). Elles entraîneraient une diminution de la vibration des tissus mous responsables du ronflement... L’échec quasi constant de ces thérapies amène les patients à consulter un médecin spécialiste afin de trouver une solution.

Dans les traitements non chirurgicaux exposés au patient « ronchopathe », j’insiste sur l’efficacité quasi constante d’un amaigrissement lorsqu’il existe un surpoids. J’indique pour d’autres patients qui présentent une rétrognatie ou une bascule de la base de langue en position allongée, la possibilité d’utiliser une orthèse d’avancée mandibulaire qui est dans ces cas très efficace ! L’orthèse d’avancée mandibulaire est un appareillage en résine adapté sur mesure sur les arcades dentaires du patient, et permettant en position allongée de « propulser » en avant la mandibule et ainsi d’éviter lors du sommeil, la chute en arrière de la base de langue responsable du ronflement.

Est-ce que les ronflements trop sonores sont révélateurs d'un syndrome d'apnée du sommeil ou cela n'a aucun rapport ?

Un ronflement sévère et quotidien amène souvent le patient à consulter spontanément ou le plus souvent sous la pression de son entourage : il est effectivement l’un des principaux signes évocateurs d’un syndrome d’apnée du sommeil (SAS), surtout si le médecin retrouve des autres signes évocateurs du syndrome d’apnée du sommeil et en tout premier lieu cette fameuse fatigue matinale et la somnolence diurne liées à un sommeil non réparateur.

Un ronflement même très sonore peut ne pas être associé à un syndrome d’apnée du sommeil, et en fonction des réponses données par le patient ronfleur, on pourra envisager d’effectuer l’examen du sommeil (polygraphie ou polysomnographie) permettant de dépister un syndrome d’apnée du sommeil associé au ronflement, et surtout d’en définir la sévérité (syndrome d’apnée du sommeil léger, modéré ou sévère) pour adapter le traitement.

Les conséquences d'une apnée du sommeil peuvent-elles être graves ?

Sans hésitation oui ! La somnolence diurne liée au syndrome d’apnée du sommeil non traité, peut entraîner l’endormissement au volant et peut donc engager le pronostic vital de la personne dans ses déplacements quotidiens.

A moyen terme, les risques cardiovasculaires du syndrome d’apnée du sommeil sévère non traité, sont de mieux en mieux connus, avec en particulier l’apparition d’une hypertension artérielle, d’une athérosclérose, d’une maladie coronarienne (angine de poitrine, infarctus), d’ accidents vasculaires cérébraux, de troubles du rythme cardiaque et d’une insuffisance cardiaque...

Même s’ils ne mettent pas en jeu la vie des patients, il faut noter que les troubles cognitifs (troubles de l’humeur, dysfonctionnement intellectuel global, troubles de la mémoire à court et long terme) sont très fréquents dans les syndromes d’apnée du sommeil modérés et sévères non traités...


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