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Soigner sa dépression sans médicaments : Les conseils du médecin spécialiste

Publié par : Dr. Ada Picard (26. octobre 2016)

Interview du Pr Antoine Pelissolo*, Professeur de psychiatrie à Paris, et chercheur au CNRS.

Pensez-vous que les médecins français prescrivent trop d'antidépresseurs ?

Oui et non. La prescription d’antidépresseurs, telle qu’elle est pratiquée en France, est un réel problème d’actualité. Mais elle ne doit pas être considérée en termes de quantité, mais plutôt en termes de qualité.
Un nombre important de personnes dépressives ne suit aucun traitement alors qu’elles le devraient. Et à l’inverse, beaucoup de gens consomment des antidépresseurs sans que cela ne soit véritablement nécessaire.
Il ne s’agit donc pas d’un problème d’excès, mais d’adaptation.
La prise en charge devrait être adaptée à chaque individu, en fonction du type de dépression, de son histoire, et de ses attentes.
Ce qui est primordial, est le lien établi entre le médecin et son patient, et le suivi régulier de ce dernier (avec le médecin traitant ou un psy). Et c’est sur la base de ce lien que le traitement, à base ou non de médicaments, pourra s’avérer efficace.

Peut-on soigner la dépression sans médicaments ?

Oui, bien sûr. Il faut savoir que les médicaments antidépresseurs ne sont que rarement indispensables. Ils le sont, par exemple, pour les dépressions sévères, dites mélancoliques, et plus particulièrement lorsque la personne a des idées suicidaires. Mais ces dépressions critiques sont loin d’être les plus fréquentes.

Pour les dépressions légères à modérées (un coup de ‘blues’ qui se prolonge), les experts de l’HAS** conseillent, d’abord et avant tout, la psychothérapie. Parmi ces patients, certains justifieront, en plus, d'une ordonnance d’antidépresseurs, d’autres non.
La méthode thérapeutique utilisée devra être considérée au cas par cas.

Malheureusement, pour des contraintes de lieux et de temps, la psychothérapie n’est pas toujours proposée, et la prescription d’antidépresseurs peut alors relever de la facilité.

Quelles sont les alternatives possibles aux antidépresseurs ?

L’alternative principale est la psychothérapie. Il en existe plusieurs types. Parmi celles qui ont prouvé leur efficacité dans la dépression, on trouve la thérapie cognitive et comportementale (ou TCC), la thérapie interpersonnelle (ou TIP), la Mindfulness Cognitive Based Therapy (ou Thérapie cognitive basée sur la pleine conscience) et les thérapies brèves.

Il n'y a pas que la psychothérapie...
Rien n’empêche de prendre des plantes, des oméga-3, ou de faire du sport ou du yoga... ça peut même être bénéfique. Ces ‘méthodes douces’ peuvent être une aide dans les coups de blues, les coups de stress, ou les dépressions légères. Concernant les dépressions avérées, il est préférable de les utiliser en complément d’un traitement efficace (psychothérapie et/ou médicament). En fait, le risque est de les ‘substituer’ à un médicament antidépresseur alors que ce dernier est nécessaire.

Quant au millepertuis, c'est un cas à part puisque quelques études ont prouvé son efficacité. En Allemagne, il est la 3ème substance la plus prescrite dans le traitement de la dépression. Son usage doit cependant être vigilant, car le millepertuis agit comme un véritable médicament.

Pour en savoir plus, faites ce quiz sur les méthodes douces contre la dépression.

Pr Antoine Pelissolo, Professeur de psychiatrie à Paris, et chercheur au CNRS

Pr Antoine Pelissolo, Professeur de psychiatrie à Paris, et chercheur au CNRS

*Auteur de " Bien se soigner avec les médicaments psy " (éditions Odile Jacob), et du blog mediKpsy.

**Haute Autorité de Santé.


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