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Soigner une dépression : comment en sortir ? : Les conseils du psychiatre

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (14. janvier 2010)

Entretien avec le docteur Anne Gut-Fayand, psychiatre à l'hôpital Sainte-Anne, à Paris. Elle donne plein de conseils...

Pourquoi ne parvient-on pas à guérir plus de monde souffrant de dépression ?
La dépression touche beaucoup de monde, mais la maladie est parfois difficile à diagnostiquer. Il faut des entretiens longs. Bien souvent, les patients eux-mêmes ne sont pas conscients de leur dépression. Ils peuvent souffrir de douleurs par exemple. Ils vont alors voir leur médecin traitant qui s’arrête à la douleur et n’a pas forcément le temps d’aller chercher ailleurs. Et certains patients sont dans le déni.
Mais une fois la maladie diagnostiquée, on en guérit ! Si l’on n’en guérit pas, c’est qu’il ne s’agissait pas d’une dépression. La difficulté ici est de ne pas passer à côté. Beaucoup de personnes dépressives ne savent pas qu’elles le sont. Elles se sentent mal mais ne savent pas pourquoi. Elles ont mal au corps, alors elles vont voir le médecin qui leur prescrit des antalgiques. Et malheureusement les symptômes persistent, la personne se sent toujours aussi mal, ne voit pas d’issue, et dans certains cas même passe à l’acte et se suicide.

Peut-on guérir d'une dépression sans prendre d'anti-dépresseurs ?
Oui. Tout dépend du niveau de dépression, mais il est difficile d’en sortir tout seul. On se sent dévalorisé, l'estime de soi est totalement dégradée, et c’est un cercle vicieux dont il est difficile de se sortir. On peut, dans les cas les plus légers, envisager une psychothérapie. Cela marche bien. Mais dans les cas plus sévères, il ne faut pas avoir peur des médicaments. Les anti-dépresseurs d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux que l’on prescrivait il y a vingt ou trente ans : désormais il y a peu ou pas d’effets secondaires. Pour peu que la prise de médicaments soit associée à une psychothérapie, il n’y a pas de raison que la maladie continue. Ce n'est pas le traitement qui pose problème, c’est son diagnostic, beaucoup plus difficile.

Pourtant on dit qu'en France, nous consommons trop d'antidépresseurs...
En effet. Nous connaissons en réalité un véritable problème de détection des symptômes dépressifs : il arrive que les médecins les détectent mal et prescrivent des antidépresseurs pour des dépressions qui sont en réalité de simples réactions anxieuses. Il existe de manière globale un mauvais « repérage » des patients, un mauvais suivi, et donc des médicaments qui ne sont pas pris comme ils devraient l’être.

Y a t-il d'autres traitements ?
Oui. La psychanalyse, ou la thérapie comportementale et cognitive pour des épisodes dépressifs légers à moyens. Il existe un traitement qui marche très bien mais qui, malheureusement, n’est pas du tout à la mode, voire qui fait très peur : ce sont les électrochocs (sismothérapie), surtout en cas d’épisodes dépressifs mélancoliques. On se fait à tort une idée épouvantable des électrochocs. Mais attention, il faut évidemment que ce soit bien fait pour que ce ne soit pas douloureux.
Par ailleurs pour les cas légers, ou pour ceux qui ne veulent pas prendre de médicaments trop forts, il existe le millepertuis. Il s'agit d'une plante que l'on prescrit beaucoup en Angleterre.

Docteur Anne Gut-Fayand, psychiatre à l'hôpital Sainte-Anne à Paris

Docteur Anne Gut-Fayand, psychiatre à l'hôpital Sainte-Anne à Paris



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