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Savoir détecter une schizophrénie : Le témoignage d'un patient

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (13. octobre 2010)

Le témoignage de Manu, 27 ans, traité pour une schizophrénie depuis six ans.

Comment êtes-vous entré dans cette maladie ?
Une nuit, j’ai eu la conviction que Dieu m’avait donné une mission. Une mission d’information. Je devais faire savoir à mes collègues journalistes (j’étais stagiaire dans une rédaction à ce moment-là) que la sixième république avait été déclarée. Mais personne ne le savait. Et personne ne me croyait. C’était extrêmement angoissant. Je me sentais très mal. En même temps, je me sentais vraiment investi d’une mission. J’étais très enthousiaste, très euphorique, très excité. Le lendemain, je me suis retrouvé à l’hôpital. Et j’y suis resté de longs mois. L’horreur ! Les traitements sont très lourds, je tremblais comme un vieillard, je n’arrivais même pas à manger un yaourt tout seul.

Quel genre de petit garçon étiez-vous ?
Je crois que j’ai toujours été ce qu’on appelle une bonne nature ! J’étais un petit garçon joueur, rieur, joyeux. J’ai toujours eu beaucoup de plaisir à étudier. Je n’ai jamais eu de difficultés relationnelles, j’ai toujours eu plein de copains. Je ne me souviens pas avoir changé de comportement à un moment ou à un autre. En revanche, je sais que j’étais très anxieux. J’avais parfois des idées fixes et pas forcément en rapport avec la réalité des autres. Mais comme j’étais sympa, ils voyaient là une particularité de mon caractère. On disait : "Ah Manu, il a toujours des idées loufoques !" Cela les faisait rire. C’est vrai que j’étais toujours partant pour des trucs un peu délire... mais c’était amusant. Parfois, je devais déraper un peu. On disait que je m’emballais, que j’étais trop enthousiaste, mais rien de plus. On me prenait comme ça : Manu, un peu fêlé !

Est-ce que vous fumiez du cannabis ?
Oui. Beaucoup. Enfin, ça dépendait des périodes. Mais, c’est vrai que je fumais pas mal. Cela faisait tomber mon angoisse, surtout pour me retrouver en groupe. J’ai toujours été très sociable, mais en même temps, j’ai toujours eu un peu peur du regard des autres sur moi. Les pétards, ça me désinhibait, c’était bien. Et puis, le soir, pour m’endormir, aussi. J’avais beaucoup d’angoisses le soir.

Comment allez-vous, aujourd'hui ?
Bien ! Mais ma maladie m’a pris deux bonnes années de vie. Quasiment une année d’hôpital et puis une autre année pour me remettre. J’ai tout perdu, pendant ce temps-là. J’avais une copine, elle m’a laissé tomber quand elle a su mon problème... Et puis, les copains, c’est pareil : ils m’ont planté sauf un ou deux qui sont toujours restés. Maintenant, j’ai une nouvelle copine avec qui ça va très bien. J’ai repris mes études. J’ai passé une maîtrise d’histoire. Je suis parti travailler dans un journal en Allemagne. Et maintenant, je reprends le métier que je voulais exercer depuis toujours : je travaille pour un journal.

Si vous voulez réagir, apporter votre témoignage... rendez vous sur notre FORUM.

Sources et notes :
- La prise en charge de votre schizophrénie. Vivre avec une schizophrénie, Haute Autorité de Santé, novembre 2007.
- Schizophrénies, Guide Affection Longue durée, Haute Autorité de Santé, juin 2007.



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