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Savoir détecter une schizophrénie : Les conseils d'un psychiatre

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (13. octobre 2010)

Les conseils du docteur Anne Gut-Fayand, psychiatre au sein du service du professeur Jean-Pierre Olié, à l'hôpital Sainte-Anne, Paris.

Peut-on détecter un trouble schizophrénique chez un enfant ?
Normalement non, car ce trouble concerne le jeune adulte. Avant 16 ou 17 ans, il est très difficile de détecter une schizophrénie. Certes, les enfants ou les adolescents présentent des signes repérables mais ces symptômes peuvent apparaître chez beaucoup de jeunes du même âge. Il s’agit d’un adolescent qui perd pied mais beaucoup d’adolescents sont en difficulté vers l’âge de 15 ou 16 ans. C’est un jeune qui devient dépressif, introverti, qui a souvent des difficultés de communication avec son entourage, souvent des problèmes pour organiser sa pensée. Tout cela, ce sont des signes avant-coureurs d’une schizophrénie mais, encore une fois, ce sont des symptômes que l’on rencontre chez de nombreux adolescents qui ne seront jamais schizophrènes. Donc, face à des signes comme ceux-là, on peut, en tant que praticien, avoir un doute, une intuition, mais jamais de certitude. On ne peut pas diagnostiquer une schizophrénie sur les « prodromes ». En revanche, il faut suivre ces jeunes de près.

S'il y avait un symptôme à retenir, ce serait lequel ?
Le changement soudain de comportement, bien sûr. La démotivation mais aussi les comportements bizarres, inadaptés. Et puis, la trop forte consommation de cannabis. Je ne vous parle pas d’un ado qui fume un joint très occasionnellement lors d’une fête, mais d’un jeune qui se met à fumer sans arrêt, tous les jours pour compenser son angoisse. On considère que 60 % des jeunes schizophrènes consomment du cannabis ou de l’alcool. C’est un chiffre inquiétant.

Quel conseil pouvez-vous donner aux parents ?
Parler et demander un avis médical pour évaluer objectivement l’importance du problème ! Ces périodes-là sont extrêmement perturbantes pour toute la famille. Le jeune change de comportement, on ne comprend pas bien pourquoi. Il se mure souvent dans le mutisme. La communication déjà difficile avec un adolescent, devient encore plus difficile et tout cela est une source de grande angoisse pour toute la famille, et notamment pour les parents. On a volontiers tendance à nier, banaliser les symptômes, ou à entrer dans un conflit qui génère, à l’arrivée, encore plus de culpabilité. Le premier conseil que je pourrais donner, c’est d’aller consulter le médecin généraliste. Il connaît la famille. Il n’est pas trop angoissant pour le jeune qui le rencontre depuis son enfance. Il pourra, parfois, permettre de rétablir un dialogue difficile.

Les parents culpabilisent souvent...
C'est exact ! L’entourage, la famille ne doivent pas culpabiliser ; ce n’est pas parce qu’un jeune entre dans une schizophrénie que les parents sont coupables ou responsables. On a culpabilisé, comme ça, des générations de parents d’ autistes. On sait maintenant que la cause est génétique. Pour les troubles schizophréniques l’origine est sans doute multifactorielle, c'est-à-dire biologique et environnementale.

Certains services de psychiatrie, comme le vôtre, ont des consultations spécialisées pour ce type de maladie.
Dans notre service nous avons un centre d’évaluation destiné aux adolescents et aux jeunes adultes ou plusieurs médecins et psychologues proposent des consultations (le C’JAAD dans le Service hospitalo-universitaire du Pr Olié, 7 rue cabanis, 75014 Paris). Les familles, les jeunes adultes ou les médecins généralistes peuvent s’adresser directement à nous.

Savoir détecter une schizophrénie : les conseils du Docteur Anne Gut-Fayand, psychiatre

Docteur Anne Gut-Fayand, psychiatre à l'hôpital Sainte-Anne, Paris.





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