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L'effet nocebo : Le besoin de contrôler la situation

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (06. mars 2013)

Les scientifiques qui étudient l'effet nocebo, ont constaté que, ce qui est bon, est de pouvoir garder le contrôle ou d'avoir l'impression de garder le contrôle.

Encore un exemple chez les rats : Prenons quelques rats de laboratoire à qui on greffe un cancer. Il est prévu que ce cancer aura grossi de 50% au bout d'un mois. On sépare nos rats en trois groupes :
> le premier groupe est mis en cage.
> le deuxième groupe est mis en cage, mais reçoit des chocs électriques réguliers.
> le troisième groupe est mis en cage également, reçoit des chocs électriques également, mais peut apprendre à arrêter ces chocs électriques en appuyant sur un bouton.

Résultat ?

> Dans le premier groupe, le cancer progresse de 50% au bout d'un mois.
> Dans le deuxième groupe, celui qui est réduit au désespoir, le cancer progresse de 64% au bout d'un mois.
> Dans le troisième groupe, le cancer ne progresse que de 36% !

Pouvoir contrôler l'événement est donc, non seulement bon pour le moral, mais, en l'occurrence anti-cancéreux !

L'importance de la communication


Dans ces phénomènes des effets nocebo et placebo, la communication joue un rôle primordial. Et toutes les formes de communication, dont celle qui est non verbale...

Lorsqu'un jeune médecin soutient sa thèse de doctorat, il s'engage à appliquer la formule d'Hyppocrate : primum non nocere. Qui signifie : d'abord ne pas nuire. Quand on sait que la communication des informations médicales peut avoir, à elle seule, un impact sur les chances de guérison, on peut en déduire que la communication devrait être au coeur même des études médicales.

Malheureusement, on peut regretter que certains médecins ne soient pas très assidus dans leur communication. Ils peuvent être d'excellents praticiens... et de très mauvais communicants. Mais, il est certain que ces excellents praticiens le seraient encore plus, s'ils étaient doublés d'excellents communicants.

Il ne s'agit pas évidemment d'occulter toute éventuelle "mauvaise nouvelle" dans ce travail d'information. Le malade a le droit absolu de connaître sa situation et ses chances objectives de guérison. Tout est dans la façon de dire les choses et de transmettre cette information. On sait que l' anxiété augmente la sensation de douleur.

On ignore, pour l'instant, les mécanismes de cet effet nocebo : des mécanismes physiologiques et biologiques, même s'ils reposent sur une perception d'ordre psychique.



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