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Quand emmener son enfant chez un psy ? : le témoignage d'un enfant

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (14. octobre 2011)

Témoignage d'Arthur, 18 ans, qui a consulté différents psys dans son enfance.

Vous avez rencontré pas mal de psys, déjà, malgré votre jeune âge. Pourquoi ?

J’ai vécu un deuil quand j’étais petit. Mon frère est mort. J’avais quatre ans et demi. Je sais par mes parents, qu’après ce deuil, je ne parlais plus beaucoup, que j’avais tendance à me replier sur moi. Cela les a beaucoup inquiétés. Après la mort de leur enfant, ils avaient très peur pour moi et ils avaient tendance à reporter toutes leurs angoisses sur moi. Je devais le ressentir. Je ne sais pas, je ne me souviens pas bien de tout... Mais je me souviens des psys que j’ai rencontrés.

Et alors, votre expérience avec les psys ?

Il y aurait de quoi écrire un roman ! Il y avait ceux qui voulaient que je leur apporte un bouton ou une petite pièce de monnaie, pour bien leur montrer ma motivation. Ou un dessin.
Quand on est petit, ça va, on accepte ce genre de choses. Mais, en grandissant, ça devient terrible. Il y a eu un moment, où je n’ai plus supporté. Alors, régulièrement, mes parents décidaient de changer de thérapeute. Et il fallait tout recommencer. Vraiment, c’était pénible.

Et puis un jour, vous avez rencontré le bon thérapeute...

Oui. Enfin ! Et il était temps, parce que j’en avais marre. A la fois, je me sentais mal dans ma peau, je me sentais coupable de la mort de mon frère. Mais j’en avais aussi marre de raconter ça, sans résultat. Et puis, un jour, mes parents m’ont emmené chez une psy avec qui ça s’est bien passé. Elle disait les bons mots. Elle m’a permis de voir que mes angoisses étaient les mêmes que celles de ma mère, de mes parents. Elle m’a appris à me séparer des angoisses de mes parents. En fait, elle m’a permis de ranger mes émotions. De séparer ce qui m’appartenait à moi, et ce qui me venait de mes parents. Cela a été assez vite. Je suis allé la voir pendant un an, à peu près. Et un jour, on a décidé tous les deux, que ce n’était plus la peine de se voir.

Comment ont réagi vos parents ?

En fait, ma mère a fait le même genre de travail de psychothérapie que moi, pendant la même période. Alors, c’était drôle, on se racontait nos expériences. Jamais je ne lui ai dit ce que je disais à ma psy. Et elle respectait ça. Elle savait que c’était mon domaine privé, même si c’était un peu difficile pour elle. Juste, parfois, on se racontait des petites choses sur nos psys respectifs, leurs petites manies, leurs façons de parler. Cela nous faisait rire et c’était comme un lien de plus entre nous.

Cette thérapie, vous pensez qu'elle vous a fait du bien ?

Oui, je crois. C’est difficile, j’aurais peut-être réussi à faire le même travail tout seul, avec l’âge. Mais, oui, je pense surtout que ça m’a permis de comprendre que je n’avais pas à porter les valises de mes parents. Que nous avons chacun vécu ce deuil différemment. Chacun à sa place.

Vous souhaitez réagir, partager votre expérience ou poser une question ? Rendez-vous dans notre FORUM Enfants ou Un médecin vous répond !

Sources et notes :
- Marie Rose Moro, Psychothérapie transculturelle de l'enfant et de l' adolescent, Dunod, 2011.
- Daniel Marcelli, Enfance et psychopathologie, Masson, 2012.



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