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Mon enfant est stressé ! : Les conseils du psychiatre

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (15. mai 2014)

Questions posées au Dr Patrice Huerre, pédopsychiatre et psychanalyste, spécialiste du stress chez l'enfant. Il donne plein de conseils pratiques...

> A partir de quel âge un enfant peut-il être stressé ?
Dr Patrice Huerre : Avant la naissance, et dès la période fœtale ! Ça peut commencer très tôt, l’enfant étant perméable au stress que véhicule son environnement familial et parental en particulier. J’ai vu des nouveau-nés naître dans un état de stress avancé, le stress de leur mère en l’occurrence, qu’il prenait de plein de fouet par le biais des transmissions biochimiques et autres. Si la contamination n’est pas aussi directe après la naissance, on sait que l’enfant est très sensible à l’ambiance alentour et donc à l’intensité du stress qui règne. Et ce, dès les 1ères semaines de vie !

> L'enfant est-il plus sensible au stress que l'adulte ?
Dr P. H. : Plus l’enfant est jeune, plus il est dépendant de son environnement pour vivre. Et donc plus il y est attentif. Le bébé ressent et vit l’ambiance environnementale de façon très archaïque et très sensorielle. Cette perméabilité s’atténue avec l’âge et varie en fonction des individus. Tandis que certains apprennent à se protéger en se blindant, d’autres peuvent rester très perméables à tout stress dans l’environnement, y compris une fois devenu adulte. L’environnement pouvant être familial, professionnel, social, etc.

> Un enfant dit-il qu'il est "stressé" ?
Dr P. H. : Si il a entendu ses parents le dire, il pourra le répéter. On peut entendre des enfants assez jeunes dire qu’ils sont stressés parce qu’ils ont entendu ça à la maison, comme ils pourraient dire énervé, tendu, etc. Mais ça n’aura pas forcément la même signification. A la différence des adultes, le stress des enfants s’exprime le plus souvent par le biais du corps. Par exemple, par le sommeil, l’appétit, la nourriture, des troubles digestifs ou dermatologiques, et enfin par des comportements inhabituels.

> Les enfants sont-ils inégaux face au stress ?
Dr P. H. : Oui. Face à un même facteur extérieur de stress, certains répondront de manière immédiate, et d’autres sauront instaurer une suffisante distance. Toutes les études effectuées chez l’animal montrent bien que cette réaction est l’héritage de nos premières expériences de vie et des conditions dans lesquelles elles se sont déroulées. Le résultat de ces expériences peut conduire à ce que l’on soit particulièrement stressé face à une même cause.

> Tout se joue avant 3 ans ?
Dr P. H. : Attention, ce n’est pas parce qu’il y a des expériences précoces problématiques que l’existence entière en sera conditionnée. Toute difficulté y compris traumatique peut tout à fait évoluer favorablement. Chaque expérience de vie, chaque étape, permet de restaurer des compétences qui ont été mises à mal. L’idée selon laquelle tout se jouerait avant trois ans n’est plus d’actualité. Toutes les recherches épigénétiques montrent que l’enfant dispose de capacités de transformation indéniables selon ses conditions de vie, même avec un bagage lourd et chargé des générations précédentes. Il n’est donc jamais trop tard pour bien faire !

Dr Patrice Huerre, pédopsychiatre et psychanalyste

Dr Patrice Huerre, pédopsychiatre et psychanalyste



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