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Dépression : éviter la récidive : Le témoignage d'un patient

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (22. septembre 2011)

Témoignage de Solange, 45 ans, qui raconte ses difficultés à se sortir de ses états dépressifs...

Vous avez fait deux épisodes dépressifs et une tentative de suicide. Pouvez-vous nous raconter ?

Ma première dépression, c’était il y a dix ans. La cause, je la connais : mon mari m’a quittée. On était marié depuis dix ans et j’étais très amoureuse... puis, le coup classique si je puis dire, il est parti pour une autre. Je me suis sentie déchirée, abandonnée. Un cauchemar !
Pendant des semaines et des semaines, je ne dormais plus. Et je passais mes nuits à l’imaginer avec l’autre. Je ne pensais qu’à ça. Je culpabilisais. J’avais l’impression d’être nulle, moche, finie. Au début, mes amies étaient présentes auprès de moi. Elles comprenaient ma douleur. Mais ça durait trop longtemps. Elles ont fini par se fatiguer à m’entendre toujours rabâcher les mêmes choses. Je leur parlais de mon mari tout le temps. Je devais être insupportable !

Comment en êtes-vous sortie ?

Ma mère a pris un rendez-vous pour moi chez un médecin. Il m’a prescrit des antidépresseurs. Magique ! Au bout d’un mois, je n’étais plus la même. Vraiment. J’avais envie de tout recommencer. Je me suis relookée, je suis sortie. C’était vraiment bien. J’ai pris mon traitement pendant trois mois. Et comme je me sentais mieux, j’ai arrêté. Je ne suis pas retournée chez le médecin. Je me sentais guérie.

Et c'est là que vous avez rechuté ?

Oui. Je me suis sentie en forme, comme ça, pendant quelques mois. Et puis, je me suis mise à repenser à mon mari. Je l’ai rappelé. J’ai commencé à le harceler au téléphone. De nouveau, je ne pensais plus qu’à ça. Et là, je me suis retrouvée toute seule. Toute seule à me détester. C’était pendant les vacances. Mon fils était avec son père et sa nouvelle compagne. Je ne supportais pas cette idée. Je me sentais tellement trahie, tellement inutile.
Un soir, j’ai avalé tous les médicaments que j’avais chez moi. Avec tout l’alcool que j’ai pu ingurgiter. Résultat : je me suis retrouvée à l’hôpital avec un lavage gastrique. Encore plus nulle. Humiliée. Je me sentais sale. C’est là que j’ai rencontré la psy qui m’a sortie d’affaire.

Quel fut le traitement ?

J'ai repris des antidépresseurs. Mais là, je n’ai pas arrêté, et j’ai vu régulièrement cette psy. Deux fois par semaine. On faisait de la thérapie comportementale et cognitive. Cela m’a permis de comprendre comment je réagissais. Ma peur de l’abandon, mon sentiment de culpabilité, cette impression d’être nulle.
J’avais aussi des petits exercices à faire chez moi, avec mon entourage. Comme un jeu à jouer où je me montre confiante et sûre de moi. En fait, c’est comme si j’avais appris de nouveaux réflexes comportementaux.

Et aujourd'hui, comment allez-vous ?

Bien... J’ai retrouvé mon fils, je travaille, j’ai repris confiance. Je reste vigilante, car je sais que j’ai plus de risques que quelqu’un d’autre de m’enfoncer à nouveau.
Alors, je continue à voir un psy. Je fais beaucoup de sports. Et surtout, j’ai retrouvé un compagnon. Quand j’étais tellement mal, mes copines, celles qui me parlaient encore, me disaient : « retrouve quelqu’un... sors ! » mais, quand on est si mal dans sa peau, on ne peut pas. Pas la peine, on fait fuir tout le monde !
Dès que j’ai entamé la thérapie comportementale et cognitive, je me suis sentie plus sûre de moi. Cela devait se voir de l’extérieur. Le fait est que j’ai rencontré quelqu’un et que tout va bien aujourd’hui.

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Sources et notes :
- Prise en charge par le psychiatre d'un épisode dépressif isolé de l'adulte en ambulatoire. Référentiel d'auto-évaluation des pratiques en psychiatrie. HAS, Gicipi. Juin 2005.
- P. Eisinger, Syndrome dépressif, Traité de médecine AKOS, 2008.
- Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), Les ventes d’antidépresseurs entre 1980 et 2001, Études et résultats N° 285, janvier 2004.



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