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Violences conjugales, osez en parler ! : le comportement des victimes

Publié par : rédaction Onmeda (24. novembre 2011)

Même si la culpabilité du conjoint est importante à dénoncer, il est aussi important de s’intéresser aux victimes, de comprendre leur comportement, de savoir pourquoi beaucoup de femmes n'osent pas réagir, ou réagissent avec retard, après des hésitations... L’objectif est d’identifier le problème, et surtout de trouver une solution.

On le sait, c’est dans la petite enfance que nous construisons nos schémas psychologiques : en reproduisant, la plupart du temps de manière inconsciente, le modèle familial, ou au contraire, en construisant un modèle radicalement opposé. Dans tous les cas, le modèle de référence reste celui des parents (que l’on tente de le reproduire ou d’y échapper).

Par exemple, on sait bien qu’un enfant battu aura tendance, lui-même, devenu adulte, à être un homme violent ou au contraire, un homme extrêmement craintif. Dans tous les cas, son rapport à la violence sera complexe ou altéré. Il arrive aussi qu’une femme se retrouvant dans son couple en situation de violence, a elle-même un vécu psychologique "qui l’y aura amenée".

Bien entendu, chaque personnalité est différente, et chacune a sa propre "histoire". Cependant, en cas de violence conjugale, on identifie assez souvent trois grandes causes (ou profils) psychologiques : la relation de dépendance, la mauvaise estime de soi, et un passé de maltraitance.

La relation de dépendance

Il en est parfois des relations de couple, comme d’une addiction. La femme (puisque nous parlons des femmes battues, mais il peut s’agir d’un homme de la même manière) a le sentiment, que, toute seule, elle ne pourrait pas s’en sortir. Le sentiment qu’elle ne serait pas capable de se prendre en charge seule. C’est généralement une femme qui souffre d’une forte angoisse d’abandon.

Par peur, justement de l’abandon, elle est prête à supporter l’insupportable. Elle peut avoir vécu dans son enfance un événement ressenti comme un abandon, ou un abandon réel. C’est sur ce traumatisme de l’enfance qu’elle aura construit sa personnalité d’adulte. 

Pour schématiser, une personne en dépendance affective est une personne qui ne prend jamais ou rarement d’initiatives, qui a tendance à s’en remettre à l’autre pour prendre les décisions. Qui, pour plaire, pour ne pas fâcher et donc pour ne pas risquer d’être abandonnée, est toujours d’accord avec les décisions prises par l’autre, le conjoint. Par peur de la rupture, elle est d’accord. Toujours d’accord. Mais en fin de compte, elle se débrouille, de manière involontaire, pour faire rater le projet.

La mauvaise estime de soi

Toujours de manière schématique, c’est une femme qui, lorsqu’elle est maltraitée, juge, au fond d’elle-même que "c’est normal", qu’elle ne mérite pas d’être considérée. Encore une fois, c’est dans l’enfance que sa personnalité s’est construite. Il peut s’agir, par exemple, d’une petite fille mal aimée à qui les parents ont fait entendre qu’elle n’est pas belle, qu’elle n’est pas bonne, qu’elle ne mérite pas leur amour. À qui l’on donne comme modèle une autre, qui serait plus aimable, plus valable qu’elle. Et qui se construit sur ce modèle.

Arrivée à l’âge de femme et dans une relation de couple, elle pourra laisser s’installer lentement des situations de manque de respect. Dans l’espoir d’être aimée, elle tolèrera des gestes irrespectueux. Elle ne saura pas mettre de limites à ces conduites.

Même sans être battue, elle pourra accepter des humiliations, des paroles dévalorisantes, voire des coups. La progression relationnelle va d’un simple manque de respect à une véritable maltraitance. Si elle ne se sent pas aimable, elle ne sera pas aimée. Et c’est dans l’espoir d’être aimée qu’elle acceptera de repousser les limites du respect, jusqu’à la violence.

Un passé de maltraitance

C’est un grand classique de la psychologie familiale : la répétition du modèle parental. Une petite fille battue ou qui aura assisté, dans son enfance, à des scènes de violence familiale, aura plus de risque, arrivée à l’âge adulte de se retrouver dans une relation de couple basée sur la violence. Le modèle intégré dès la petite enfance sera celui-là, celui des parents. Puisque le père est violent avec la mère, puisque le frère est violent avec la sœur, il est « normal » que le conjoint le soit, à présent avec elle.

La violence est devenue, de manière « réflexe », le prix à payer pour vivre une vie de couple. Il s’agit d’une forme de soumission, non pas à une personne, mais à un modèle. Un modèle intégré, dès la petite enfance. Face à ce schéma, trois types de comportements risquent de se mettre en place : la répétition, la révolte ou l’évitement.

  • La répétition : c’est ce que l’on vient d'expliquer. Le modèle est considéré comme normal. Les hommes sont tous comme ça, violents. Le père était violent avec la mère, le conjoint a donc « le droit » d’être violent avec elle. Et même si la situation de violence est vécue dans la souffrance, le modèle est quand même répété. Il est devenu la « norme relationnelle ».
  • La révolte : c’est l’inverse. La petite fille maltraitée ou témoin de maltraitance, se jure à elle-même que personne ne la touchera jamais. Elle peut alors, par opposition au modèle parental dont elle ne s’est toujours pas libérée, devenir elle-même agressive, par défense. Par auto-protection, elle peut devenir le bourreau. Il y aura une forme de répétition, mais inversée. C’est la contre-dépendance. Elle pourra, alors choisir involontairement, pour conjoint, un homme passif-agressif, sur qui elle cherchera à exercer une domination vécue comme rassurante pour elle.
  • L'évitement : par peur d’une répétition du modèle familial violent, la petite fille devenue femme, pourra choisir de rester seule, définitivement célibataire, pour ne pas risquer de se retrouver dans un schéma de couple qui pourrait la mettre en danger.



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