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Le calvaire de l'hyperphagie : le témoignage d'Audrey

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (17. février 2016)

Audrey, 34 ans, maman de 2 enfants. Son témoignage...

> Qu'est-ce qui a déclenché vos troubles du comportement alimentaire ?

Ma mère était très préoccupée par la minceur, par la « bonne » nourriture, saine, équilibrée et en quantité raisonnée, et moi je n’étais pas maigre. Mes repas étaient « fliqués », quantifiés, les bonbons étaient rarissimes, je devais faire attention « à mon petit ventre », tout était très cadré et mon pseudo-surpoids m'était rabâché jusqu'à mes 10/11 ans où je chipais en cachette les aliments interdits.
Puis, à partir de 11 ans, j'ai commencé à me vivre comme « grosse » (que je n'étais pas). La nourriture me paraissait de plus en plus irrésistible. J'ai commencé alors à ne plus pouvoir m'arrêter sur les aliments « interdits », à en acheter en cachette, à ne plus savoir me freiner du tout en l'absence de ma mère et de là à ne plus dissocier « manger » et « avoir faim »...

> Avez-vous eu des périodes moins difficiles ?

Non, car ensuite j’ai vécu avec mon fiancé, un ancien obèse devenu mince. Il est mort dans un accident. Quelques mois sans manger, où ma mère me trouvait « bien » car j'étais « mince ». Puis, la stupeur passée, j'ai recommencé à engloutir tout ce qui me tombait sous la main. Pour apaiser ma souffrance, pour combler ce vide, n’importe quoi pourvu que ce soit calorique et très assaisonné !
J'ai ensuite rencontré mon actuel mari, j’ai deux enfants, et 20 kg de plus qu’à mes 20 ans. Sous le regard méprisant et les discours moralisateurs de ma mère, (j’ai encore des bouffées d’agressivité quand je me remémore le calcul des ½ cuillères que me servait ma mère), j’ai fait quelques régimes yoyos. Plus je voulais contrôler, moins je contrôlais !

> Comment avez-vous trouvé une solution ?

J'ai décidé de ne plus faire de régime. J'étais grosse et c'était ainsi. Je savais que toute lutte se soldait par un échec et par une prise de poids encore plus importante. Puis en allant sur les forums d'aufeminin, j’ai entendu parler des méthodes Apfeldorfer et Zermati. J’ai appris à laisser parler mes envies. A n'écouter que moi, à faire confiance à mon corps et surtout à prendre du plaisir à manger. J'ai fondu comme neige au soleil !

> Vous estimez-vous sortie de ce que vous appelez la nourriture-doudou ?

Je ne me considère pas vraiment comme guérie. En cas de stress extrême, les vieux démons pointent leur nez, mais tellement moins ! Je n'ai vraiment plus peur de ça, je sais que je tiens la clef ; je me fais confiance, je m'écoute... Je ne serais jamais mince, mais ce n’est pas grave. J'ai fait la paix avec mon corps...
J’accepte avec bienveillance mes envies compulsives de manger et ça, ça change tout.



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