publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

Tentative de suicide : que faire après ? : Les conseils du médecin spécialiste

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (21. septembre 2011)

Entretien avec le Professeur Philippe Courtet, responsable du département hospitalo-universitaire d'urgences et post-urgences psychiatriques du CHRU de Montpellier. Il donne plein de conseils...

Comment comprendre une tentative de suicide ?

On considère la tentative de suicide comme un geste auto-agressif réalisé avec une certaine intention de mourir. Mais, ce sont en réalité des comportements très hétérogènes.

Chez les jeunes, la tentative de suicide est souvent impulsive. Elle intervient dans un contexte difficile : conflit avec les parents, conflit amoureux, difficultés scolaires... Souvent, le premier moyen disponible est le médicament. Heureusement, l’issue est généralement sans gravité médicale, même si certains médicaments peuvent être très toxiques. Ce geste est souvent considéré comme « un appel au secours ». Pour autant, il ne faut pas le banaliser. Il faut le prendre en charge, et apporter le secours demandé.

Et chez les personnes plus âgées ?

Chez les personnes plus âgées, le geste est plus prémédité. Il est aussi lié à des difficultés personnelles : divorce, dépression sévère, difficultés professionnelles. C’est un acte préparé, planifié. La personne s’isole avec un moyen hautement létal, et fait en sorte de limiter l’arrivée des secours. L’intention de mourir est très forte.

Pour autant, il est parfois difficile de comprendre cet acte, car il n’y a pas de profils types, toutes les situations se rencontrent, et les jeunes meurent aussi du suicide.

Dans tous les cas, le geste suicidaire n’a pas pour objectif la recherche de la mort, mais plutôt celui d’échapper à une souffrance devenue intolérable. C’est un isolement progressif, où les idées de suicide deviennent de plus en plus fortes, et les solutions pour sortir des problèmes de moins en moins nombreuses, jusqu’au passage à l’acte.

Quels sont les facteurs de risque ?

On pense aujourd’hui qu’il existe une vulnérabilité spécifique chez certaines personnes. Bien sûr, on retrouve dans toutes les tentatives de suicide des difficultés inter-personnelles, des problèmes sociaux, financiers, ou encore judiciaires. Dans 90% des cas aussi, il y a aussi une maladie psychiatrique : dépression, alcool, anxiété. Les deux pouvant évidement être liés.

Heureusement toutes les personnes dépressives ne font pas des tentatives de suicide, c’est pour cette raison que nous pensons qu’il existe en plus une vulnérabilité spécifique due à des facteurs biologiques, génétiques et personnels, cette vulnérabilité individuelle s’exprimant dans le contexte de stress.

Comment l'entourage peut réagir face à une tentative de suicide ?

Dans tous les cas, il faut emmener la personne dans un service d’ urgence hospitalier. Il faut montrer qu’on prend en considération cet appel au secours. La personne sera ainsi prise en charge, ainsi que son entourage qui deviendra un aidant, un co-thérapeute. Par ailleurs, il ne faut en aucun cas adopter une attitude excessive, ni dramatiser, ni banaliser cet acte.

Y a-t-il un risque de récidive ?

Il y a toujours un risque de récidive (près de la moitié des "suicidants" récidivent). Il faut à tout prix s’assurer que la personne soit bien prise en charge, et la protéger du contexte qui l’avait amené au passage à l’acte. Beaucoup de gens pensent qu’il n’y a rien à faire pour les personnes suicidaires, mais ce n’est pas une fatalité. S’il y a une dépression, il faut la soigner. Il faut être vigilant face à quelqu’un qui en parle. Il faut l’aider, être à l’écoute et l’amener à consulter et à accepter un suivi.

Professeur Philippe Courtet, responsable du département hospitalo-universitaire d'urgences et post-urgences psychiatriques du CHRU de Montpellier



publicité