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Vaincre ses phobies et ses troubles anxieux : Le témoignage d'un patient

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (14. avril 2014)

Sophie, 48 ans, raconte sa phobie, ses angoisses dans on témoignage...

De quel trouble souffrez-vous ?
On devrait dire de quels troubles... au pluriel ! J’ai très peur de vomir, d’être vue en train de vomir... depuis que je suis petite. La première fois où j’ai ressenti ça, j’étais dans la rue. Mon grand-père venait de mourir et je l’aimais beaucoup, j’ai ressenti une forte envie de vomir. Il y avait des gens autour de moi, mais moi j’étais seule, pas une main amie à tenir... Depuis, j’ai très peur de me retrouver seule dans la rue.

Comment vous en sortiez-vous à l'époque ?
Cela m’a pourri des années de ma vie, à tel point que quand j’étais en fac, j’avais beaucoup de mal à rester dans un amphithéâtre. Je devais prendre des anxiolytiques pour pouvoir suivre mes cours, ou quand j’allais au cinéma, j’avais tellement peur d’avoir envie de vomir pendant le film que je devais m’asseoir près d’une sortie, ou le plus près possible des toilettes, pour pouvoir m’enfuir en cas de besoin. Et je me suis enfuie bien souvent, j’en ai raté des soirées ! Donc, à cause de cette peur de vomir, je suis devenue agoraphobe.

Comment vous êtes-vous soignée ?
Je ne suis pas totalement sortie d’affaire. J’ai fait six ans d’analyse, à parler de ça deux fois par semaine. Au début, ça a été un véritable combat contre moi-même : j’allais chez mon psy avec un sac en plastique, pour le cas où j’aurais envie de vomir dans la salle d’attente ou pendant l’entretien ! Le seul fait de parler de ma peur provoquait une crise d’angoisse avec l’envie de vomir. Mais je suis tombée sur un bon psy.

Où en êtes-vous aujourd'hui ?
J’ai toujours peur de vomir, mais j’ai élaboré des parades pour maîtriser ma peur. Et surtout, je sais différencier une véritable envie de vomir d’une crise d’angoisse. J’ai pris le contrôle de la situation. Je sais bien que le meilleur moyen est d’affronter une thérapie comportementale, mais ma peur est toujours trop puissante pour me permettre d’aller la confronter. Je ne me sens pas capable de risquer de vomir pour ne plus avoir peur de vomir, mais je sais que je le ferai, un jour... Et puis, j’en ai beaucoup parlé dans mon entourage. Mes amis sont très précieux pour moi. Certains m’ont même proposé de vomir à côté d’eux en me promettant qu’ils m’aimeraient toujours autant. C’est très rassurant. Je ne l’ai pas encore fait, mais je sais que je le peux, c’est déjà important.

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Sources et notes :
- Affections psychiatriques de longue durée, Troubles anxieux graves, Guide des affections de longue durée, HAS, Juin 2007.
- Gale C, Oakley-Browne M. Generalised anxiety disorder. Clin Evid 2005; (14): 1253- 69.



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