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Vaincre ses phobies et ses troubles anxieux : Les conseils du psychiatre

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (14. avril 2014)

Le Dr Gérard Macqueron, psychiatre à l'hôpital Sainte-Anne, à Paris. Il donne plein de conseils pratiques...

Quelles sont les grandes causes de ces troubles anxieux ?
Il n’y a pas de cause universelle. Tout est fonction du vécu de la personne anxieuse, des événements de sa vie. Cela peut être une séparation mal vécue dans l’enfance, par exemple. Le principe est que quelqu’un ressent une forte angoisse à un moment, un endroit donné, et qu’il va associer ce moment, cet endroit, aux symptômes qu’il ressent. Il confond les différentes sensations.
L’angoisse fait sécréter de l’adrénaline en grande quantité, ce qui provoque des malaises divers qui sont associés à l’élément phobogène. Face à un pigeon, celui qui en a peur ressentira des sueurs ou des nausées, alors que le pigeon n’y est pour rien. A la base de tout, il y a la peur de perdre le contrôle sur les événements de la vie, le refus du « lâcher prise ». C’est là dessus que les thérapeutes doivent travailler : faire accepter, au bout du compte, l’incertitude inhérente à la vie.

Comment une personne phobique, par exemple, peut être amenée à consulter un psychiatre ?
Il est vrai que les personnes phobiques ont tendance à fuir leur peur dans la prise d’alcool ou de médicaments. Il est très difficile pour un phobique de parler de sa phobie. Le seul fait de mettre les mots dessus est source d’angoisse. Nous ne voyons donc souvent que les cas les plus compliqués, lors de décompensation dépressive, par exemple, ou les tentatives de suicide, les toxicomanies ou les alcooliques. Mais certaines personnes, conscientes que leur peur invalidante est sans fondement objectif, viennent nous consulter pour se débarrasser de leur handicap.

Que proposez-vous comme solutions à ces personnes ?
Nous leur expliquons les mécanismes de leur peur et surtout, grâce aux méthodes de thérapie comportementale, nous parvenons à les mettre dans les situations redoutées afin qu’elles vérifient par elles-mêmes que cette situation n’est, en fait, pas dangereuse. C’est le seul vrai traitement possible. Une fois que la personne a vérifié, concrètement, que la situation n’est pas fatale, ce qu’elle sait bien, toute sa perception change.
Tout le monde sait bien qu’une araignée ou une souris ne sont pas dangereuses, même ceux qui en ont très peur. Ce n’est pas du domaine intellectuel. Il faut affronter la situation physiquement afin que le corps intègre et mémorise qu’il n’y a pas de danger.



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