Digital Kids : comment les aider à décrocher des écrans ?

Publié par : rédaction Onmeda (10. octobre 2018)

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Télévision, smartphone, tablette, ordinateur : les enfants grandissent désormais ultra connectés et entourés d'écrans. Ces évolutions technologiques peuvent leur permettre d'échanger plus régulièrement avec leurs amis et leur famille habitant loin ou d'avoir accès à des informations enrichissantes. Apprenez-en plus ! Nos cinq conseils pour bien gérer la relation enfant-écran vous aideront.  

À se digitaliser de plus en plus vite et de plus en plus tôt, les enfants courent des dangers aussi bien physiques que psychiques pouvant avoir des conséquences néfastes sur leur quotidien et leur avenir. Entre les films, les séries, les jeux vidéos de toutes sortes, la réalité augmentée qui arrive et les youtubers qui dévoilent leurs voyages en quelques vidéos : plus besoin de sortir de chez soi ou de bouger du canapé pour se divertir, tout est à portée de clic !

Depuis quelques années, on observe une augmentation des comportements sédentaires et de ses conséquences néfastes telles que l'obésité et la mauvaise nutrition. Car oui, lorsque l'on est complètement absorbé par ce que l'on regarde, on ne fait plus attention à ce que l'on mange, ni à la sensation de satiété.

Troubles du sommeil

Les écrans produisent de la lumière bleue. Or, cette dernière inhibe la sécrétion de la mélatonine, la fameuse hormone du sommeil qui régule le rythme chronobiologique et indique au corps qu'il va être temps de dormir. Résultat : insomnies, heures de coucher tardives, nuits hachées et aussi... fatigue au réveil !

Ralentissement du développement

Des chercheurs de l'hôpital pour enfants de Cincinnati, aux Etats-Unis, ont mené une étude sur le cerveau des enfants exposés aux écrans. Plus l'enfant passait de temps devant un écran, plus la connectivité dans les régions du cerveau contrôlant le langage et les fonctions cognitives était faible. Cela se traduit par des difficultés d'apprentissage, des difficultés de concentration et un développement plus lent.

Cela était vrai lorsque seuls les ordinateurs pouvaient se connecter à Internet et cela est encore plus vrai aujourd'hui avec l'omniprésence du digital et des réseaux sociaux : les enfants peuvent être exposés à des contenus inappropriés susceptibles de les choquer, de les traumatiser voire pire, de les mettre en danger. Le filtre parental peut les protéger de certains sites, mais il n'en reste pas moins qu'il est important de les informer, de les sensibiliser sur les dangers des réseaux sociaux et d'établir avec eux un dialogue.

Addiction digitale

Au même titre que la drogue, les écrans rendent dépendants. Et cela se manifeste physiquement dans le cerveau par la sécrétion de dopamine lorsque l'enfant gagne une partie en jouant à un jeu vidéo, voit un nouveau contenu sur Instagram ou sur sa chaîne YouTube préférée, récolte plus de likes ", etc...

Cette addiction digitale peut avoir de nombreuses conséquences :

Fin 2017, des chercheurs du Pew Research Center ont révélé les résultats de leurs analyses des différences chimiques entre le cerveau d'un enfant accro aux écrans et d'un enfant peu ou pas connecté.
Ils se sont rendus compte que l'addiction aux nouvelles technologies et à Internet modifiait le circuit de récompense du cerveau et augmentait les taux d'acide gamma-aminobutyrique (GABA), un neurotransmetteur qui inhibe ou ralentit les signaux du cerveau, et de glutamine, un neurotransmetteur qui pousse les neurones à être plus excités électriquement.

Ces modifications cérébrales ont des conséquences sur le développement moteur des enfants et jouent également un rôle dans le développement psychologique. Les enfants dépendants étaient ainsi plus sujets à des crises d'angoisse ou de l'irritabilité. Les recherches menées par ces scientifiques ont toutefois montré qu'après une thérapie cognitive pour lutter contre l'addiction, le cerveau des accros aux nouvelles technologies redevenait normal.

Troubles oculaires

De plus en plus d'enfants apprennent à se servir des nouvelles technologies ou tiennent entre leurs mains des smartphones, tablettes et autres objets connectés avant même de savoir parler, marcher ou lire. Or, cela altère considérablement leur santé oculaire.

Lorsque l'on regarde des écrans, on cligne des yeux en moyenne 60% de fois moins que normalement. De fait, le film protecteur des yeux est moins souvent renouvelé et ils deviennent secs. C'est ce que l'on appelle le " syndrome des yeux secs ". Si ce dernier n'est pas traité à temps, les yeux s'abîment, la vision baisse et on peut perdre la vue.

Passer trop de temps devant un écran peut causer des troubles oculaires.

Passer trop de temps devant un écran peut causer des troubles oculaires.

Autre conséquence : le syndrome de vision informatique également appelé fatigue oculaire numérique. Directement lié à l'utilisation des écrans, il peut se manifester par une vision plus floue, des difficultés à discerner avec précision des éléments, des maux de tête et migraines, des sensibilités à la lumière, une nuque douloureuse et des yeux secs.

Troubles psychologiques et dépression

Cela est principalement dû à l'utilisation et à la consultation des réseaux sociaux où la réalité est mise en scène, transformée, magnifiée. Une recherche menée par Jean Twenge a révélé que les réseaux sociaux augmentent le risque de dépression chez les enfants et les adolescents. Pire, 48 % des enfants et adolescents passant cinq heures ou plus sur leur smartphone auraient déjà eu des pensées suicidaires.

Ceux passant davantage de temps à pratiquer un sport, une activité culturelle, à effectuer leurs devoirs ou à voir leurs amis seraient beaucoup moins sujets à la dépression, ou au suicide.

Vous pensez que votre enfant passe beaucoup trop de temps devant un écran ? Ou vous désirez éviter qu'il devienne un digital kid ? Voici nos astuces pour les accompagner sereinement dans ce monde numérique :

5 conseils pour bien gérer la relation enfant-écran

1.   Respectez leurs besoins par rapport à leur âge

Quel est le temps maximum qu'un enfant peut passer devant un écran sans courir risques pour sa santé ? Avant l'âge de deux ans, les écrans sont très fortement déconseillés. Entre l'âge de deux ans et demi et six ans, il convient de ne pas dépasser une heure par jour d'exposition à un écran. Idéalement, il faudrait fractionner ces instants pour ne pas les habituer à rester assis et à fixer quelque chose. Au-delà de six ans, limitez l'exposition aux écrans à deux heures maximum. Pour ne pas qu'ils s'y habituent, vous pouvez faire de cet instant un moment de partage pour regarder un film en famille par exemple. 

2.   Mettez en place des zones et des périodes déconnectées 

Pas de téléphone à table, pas de télévision au moins deux heures avant de dormir... définissez des temps déconnectés des écrans pour vos enfants et tenez-vous en vous aussi ! Vous pouvez également mettre en place des lieux où les écrans sont proscrits comme les chambres ou la salle à manger afin de limiter leur usage et privilégier le temps passé ensemble.

3.   Montrez-leur la vraie vie "

Pour que les enfants ne cèdent pas aux sirènes des écrans : initiez-les dès leur plus jeune âge aux activités et aux interactions réelles. Plus tôt ils prennent goût au sport, à la lecture ou aux balades en plein, moins ils auront de risque de devenir accro aux écrans.

4.   Discutez avec eux

Si vos enfants ont une forte appétence pour la télévision, les jeux vidéos ou passent beaucoup de temps sur Internet, prenez le temps de discuter avec eux afin de savoir pourquoi. Est-ce de l'ennui ? Un intérêt pour une activité en particulier ? En comprenant ce qui les attire vers tel ou tel contenu, vous aurez les clés pour les aider à décrocher.

5.   Installez-les confortablement

Une fois les moments connectés définis, veillez à ce qu'ils soient bien installés. Non pas pour qu'ils y passent plus de temps mais pour limiter les risques inhérents à l'utilisation des écrans. La chaise doit être réglée à bonne hauteur afin qu'ils ne souffrent pas du dos ou de la nuque. La luminosité et la netteté de l'écran doivent être adaptées afin qu'ils ne fatiguent pas leurs yeux. S'ils écoutent de la musique ou regardent une vidéo, le son ne doit pas être trop fort.
Enfin, veillez à ce qu'ils prennent des pauses : toutes les 20 minutes, ils doivent prendre une pause de 20 secondes puis marcher pendant une minute avant de regarder quelque chose à cinq mètres d'eux.

Sources :

https://www.eurekalert.org/pub_releases/2017-11/rson-sac111717.php
http://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/2167702617723376

Auteur : Dounia Malki