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La parentalité positive, qu'est-ce que c'est?

Publié par : rédaction Onmeda (11. juillet 2018)

© Jupiterimages/iStockphoto

Alors que le développement personnel est devenu un enjeu sociétal, la parentalité positive fait des émules et séduit un nombre croissant de jeunes parents. Mais que faut-il attendre de ces pédagogies et en quoi consistent-elles? Quels en sont les avantages et les inconvénients?

Depuis quelques temps, on entend de plus en plus parler de parentalité positive, également appelée éducation bienveillante, respectueuse ou encore non violente. Fondée sur le respect et l’écoute de l’enfant, elle se positionne comme une alternative aux préceptes éducationnels dits "traditionnels".

D'où vient la parentalité positive?

Derrière le terme "parentalité positive" se cachent de nombreuses pédagogies, dont la plupart ont été mises au point il y a plusieurs décennies. De nombreux auteurs, spécialistes de la petite enfance ou psychologues, s'étaient interrogés sur les limites des pédagogies "classiques" et avaient publié leurs recommandations concernant l'éducation la plus à même d'enrichir l'enfant.

On pense notamment à Maria Montessori qui a dressé les bases de sa pédagogie au début du XXème siècle. A Célestin et son épouse Elise Freinet qui ont expliqué les fondements de leur technique à la fin du XIXème siècle. Ou encore à John Bowlby qui a élaboré la théorie de l'attachement entre les années 1950 et 1980.

Souvent délaissés au profit des pédagogies plus traditionnelles, ces modes éducationnels connaissent un regain d'intérêt depuis quelques années. La raison? Les avancées des neurosciences et les nombreux travaux scientifiques sur le cerveau de l'enfant et son développement sur lesquels s'appuient désormais les pédagogues et théoriciens pour démontrer les bienfaits de ces éducations alternatives.

Aux Etats-Unis, la parentalité positive a connu un véritable boom, qui a rapidement déferlé en France, grâce à Isabelle Filliozat qui l'a importé et fait aujourd’hui figure de papesse de l'éducation bienveillante. Désormais, on ne compte plus le nombre de livres, blogs, forums et chaînes YouTube dédiés à ces pédagogies alternatives.

Qu'est-ce que la parentalité positive et quels en sont ses préceptes?

Les pédagogies positives considèrent l'enfant comme un adulte en devenir qu'il convient d'accompagner et non plus de diriger. Si toutes les pédagogies divergent sur certains aspects, elles convergent sur des fondements communs:

  1. Ecoute et respect des besoins et sentiments de l'enfant: Même s'il peine à les exprimer, l'enfant a des besoins, des envies, des goûts. Il ressent des émotions qu'il convient de ne pas brusquer, mais de comprendre. Ce précepte est souvent mis en corrélation avec celui de respect de l'enfant dans sa globalité. Le mot clé? Pourquoi. On interroge l'enfant, on s'interroge à chaque fois que l'on ne comprend plus une réaction.
  2. Suivi du rythme de l'enfant: Traditionnellement, les parents vont vouloir que l'enfant suive le rythme de la famille. Les pédagogies bienveillantes préconisent l'inverse: en s'adaptant au rythme de l’enfant, on l'accompagne dans son mouvement et donc dans son développement. Ce précepte est plus facilement compréhensible lorsque l'on parle du coucher ou des repas: l'enfant ne se couche plus à une heure imposée mais lorsqu'il est fatigué. Il ne mange plus pour "finir son assiette" ou parce que "c'est l'heure du dîner" mais parce qu'il a faim.
  3. Autonomisation de l'enfant: Conséquence d’une plus grande liberté de choix apportée à l'enfant, on lui laisse également une plus grande autonomie. Mieux, on l'encourage dans son autonomisation.
  4. Coopération avec l'enfant: Les règles de vie de la maisonnée ne sont pas imposées à l'enfant mais définies avec lui. On l'incorpore au processus afin qu'il comprenne et assimile mieux les règles mises en place. Ce principe s'adapte à différentes situations du quotidien pour que l'enfant ait toujours le sentiment d'être écouté. Selon de nombreuses pédagogies, cela permettrait à l'enfant de gagner confiance en lui.
  5. Aucune violence physique ou verbale: Toutes les pédagogies positives s'accordent sur un principe fondamental: la violence et la coercition n'ont pas leur place dans l’éducation. La fessée est proscrite tout comme la violence verbale ou coercitive tels que les cris, les menaces, le chantage ou les punitions.
  6. Adopter un langage positif: Exit les "tu vas tomber" et "qu’est-ce que tu n’as pas compris" et place aux "j'ai peur que tu tombes, je préfère être à côté de toi" et "tu as presque tout compris". Adopter un langage positif, c'est voir le verre à moitié plein et encourager les comportements positifs plutôt que blâmer ceux qui dérangent. On privilégie donc les consignes aux interdictions et on énonce ce que l'on veut que l'enfant fasse plutôt que ce que l'on ne veut pas qu'il fasse.

Naturellement, cette liste de préceptes est non exhaustive et varie selon les pédagogies et les théoriciens.

Quels sont les bénéfices de la parentalité positive?

Si l'on en croit les parents adeptes et les pédagogues, l'éducation bienveillante aurait un impact positif sur les parents et les enfants aussi bien au quotidien que sur le long terme.

  • Moins de stress pour les parents

Adopter un système éducationnel positif permettrait aux parents de mieux vivre au quotidien. Moins de cris et de combats, plus d'échanges construits et de moments de complicité: en acceptant de lâcher prise sur certains éléments, en acceptant de quitter ce rôle de "gendarme" souvent attendu, les parents gagneraient en qualité de vie et seraient moins stressés.

  • Un apprentissage pour les parents

En s'interrogeant sur le "pourquoi", en essayant de comprendre les émotions et les réactions des enfants, les parents appréhenderaient parfois leurs propres réactions et émotions, faisant ainsi, sans s'en rendre compte, un travail bénéfique sur eux-mêmes.

  • Un meilleur développement de l'enfant

Avec une éducation favorisant la positivité et la bienveillance, l'enfant grandirait à son rythme, serait davantage en confiance, arriverait à mieux gérer ses émotions et deviendrait, par conséquence, un meilleur adulte. D'un point de vue scolaire, de nombreux pédagogues s'accordent à dire qu'un enfant ayant été éduqué selon ce type de pédagogies alternatives réussirait mieux à l'école.

Quelles sont les limites de la parentalité positive?

Comme toute pédagogie, celles faisant la part belle à la bienveillance ne sont pas dénuées de limites, aussi bien pour les parents que pour les enfants.

  • La dictature du parent parfait

Sur le papier, les préceptes des pédagogies alternatives semblent aisées à suivre. La réalité est que ce n'est pas forcément facile ou inné. Résultat? Les parents peuvent culpabiliser de ne pas parvenir à mettre en place certains aspects de l'une de ses pédagogies, ressentir un sentiment d'échec et se comparer aux autres qui y arrivent aisément. Cela peut représenter une source de stress importante pour les parents, particulièrement dans un monde digitalisé où l'on affiche fièrement ses succès sur les réseaux sociaux mais où les difficultés sont inexistantes.

  • Laxisme et enfant roi

Entre suivi des besoins de l’enfant et laxisme, la limite est perméable. Sous couvert de pédagogie favorisant l'autonomie, certains parents peuvent baisser les bras. Dans d'autres situations, la bienveillance peut se transformer en laxisme ayant pour conséquence des enfants rois. Les parents doivent donc être très vigilants, se montrer très précis et faire preuve de cohérence quant aux limites que l'enfant ne peut pas franchir.

  • Adaptation de l'enfant à l'école

S'il est plus aisé d’adopter une pédagogie bienveillante au sein du foyer familial, des difficultés peuvent naître lorsque l'enfant entre à l'école. Lui qui était habitué à vivre selon son rythme personnel va devoir s'adapter à un rythme de groupe qu'il n'aura pas choisi. De même, il devra accepter de ne pas participer à l'élaboration des règles de vie, pourra être confronté à un langage moins positif que celui auquel il est habitué et côtoiera des enfants qui n'auront pas forcément eu la même éducation que lui. Dans certains cas, l'adaptation peut être difficile, ou très mal vécue par l'enfant.

Faut-il adopter la parentalité positive?

Si on parle d'éducation au singulier, il ne faut pas oublier que la parentalité est plurielle! Chaque enfant est différent, chaque parent est différent, chaque situation est différente: chacun doit trouver son juste équilibre que ce soit en suivant une pédagogie précise, en adaptant une autre forme d'éducation ou en piochant dans différentes formes de parentalité. L'important? Que l'enfant et les parents se sentent bien dans un rythme et une pédagogie qui leur conviennent.

Auteur: Dounia Malki