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Sens de la vie sur terre

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  • Sens de la vie sur terre



    Quel homme, aux heures de silence et de recueillement, n'a jamais interrogé la nature et son propre cur, leur demandant le secret des choses, le pourquoi de la vie, la raison d'être de l'univers ? Où est celui qui n'a jamais cherché à connaître ses destinées, à soulever le voile de la mort, à savoir si Dieu est une fiction ou une réalité ? Il n'est pas d'être humain, si insouciant soit-il, qui n'ait envisagé quelquefois ces redoutables problèmes. La difficulté de les résoudre, l'incohérence et la multiplicité des théories qu'ils ont fait naître, les déplorables conséquences qui découlent de la plupart des systèmes répandus, tout cet ensemble confus, en fatiguant l'esprit humain, l'a rejeté dans l'indifférence et le scepticisme.
    Pourtant, l'homme a besoin de savoir; il a besoin du rayon qui éclaire, de l'espoir qui console, de la certitude qui guide et qui soutient. Et il a aussi le moyen de connaître, la possibilité de voir la vérité se dégager des ténèbres et l'inonder de sa bienfaisante lumière
    Pour cela, il doit se détacher des systèmes préconçus, descendre au fond de lui-même, écouter cette voix intérieure qui parle à tous, et que les sophismes ne peuvent tromper : la voix de la raison, la voix de la conscience
    L'homme ignorant de ses destinées est semblable à un voyageur qui parcourt machinalement une route, sans en connaître ni le point de départ, ni le point d'arrivée, et ne
    sait pas pourquoi il voyage ; qui, par suite, est toujours disposé à s'arrêter au moindre obstacle, et perd son temps sans souci du but à atteindre.
    L'insuffisance, l'obscurité des doctrines religieuses, les abus qu'elles ont engendrés
    jettent nombre d'esprits dans le matérialisme. On croit volontiers que tout finit à la mort, que
    l'homme n'a d'autre destinée que de s'évanouir dans le néant.
    Nous démontrerons plus loin combien cette manière de voir est en opposition flagrante avec l'expérience et la raison. Disons dès maintenant qu'elle est destructive de toute notion de justice et de progrès.
    Si la vie est circonscrite du berceau à la tombe, si les perspectives de l'immortalité ne viennent pas éclairer notre existence, l'homme n'a plus d'autre loi que celle de ses instincts, de ses appétits, de ses jouissances. Peu importe qu'il aime le bien, l'équité. S'il ne fait que paraître et disparaître en ce monde, s'il emporte avec lui dans l'oubli ses espérances et ses affections, il souffrira d'autant plus que ses aspirations seront plus pures, plus élevées ; aimant la justice, soldat du droit, il se croit condamné à n'en voir presque jamais la réalisation ; passionné pour le progrès, sensible aux maux de ses semblables, il s'imagine qu'il s'éteindra avant d'avoir vu triompher ses principes.
    Avec la perspective du néant, plus vous aurez pratiqué le dévouement et la justice, plus votre vie sera fertile en amertumes et en déceptions. L'égoïsme bien compris serait la suprême sagesse; l'existence perdrait toute grandeur, toute dignité. Les plus nobles facultés, les plus généreuses tendances de l'esprit humain finiraient par se flétrir, par s'éteindre entièrement.
    La négation de la vie future supprime aussi toute sanction morale. Avec elle, qu'ils soient bons ou mauvais, criminels ou sublimes, tous les actes aboutissent aux mêmes résultats. Il n'est pas de compensation aux existences misérables, à l'obscurité, à l'oppression, à la douleur; il n'est plus de consolation dans l'épreuve, plus d'espérance pour les affligés. Aucune différence n'attend, dans l'avenir, l'égoïste qui a vécu pour lui seul et souvent aux dépens de ses semblables, et le martyr ou l'apôtre qui aura souffert, succombé en combattant pour l'émancipation et le progrès de la race humaine. La même ombre leur servira de linceul.
    Si tout finit à la mort, l'être n'a donc aucune raison de se contraindre, de comprimer ses instincts, ses goûts. En dehors des lois terrestres, rien ne peut le retenir. Le bien et le mal, le juste et l'injuste se confondent également et se mêlent dans le néant. Et le suicide sera toujours un moyen d'échapper aux rigueurs des lois humaines.
    La croyance au néant, en même temps qu'elle ruine toute sanction morale, laisse irrésolu le problème de l'inégalité des existences, en ce qui touche la diversité des facultés, des aptitudes, des situations, des mérites. En effet, pourquoi aux uns tous les dons de l'esprit et du cur, les faveurs de la fortune, alors que tant d'autres, n'ont en partage que pauvreté intellectuelle, vices et misère ? Pourquoi, dans une même famille, des parents, des frères, issus de la même chair et du même sang, diffèrent-ils essentiellement sur tant de points ? Autant de questions insolubles pour les matérialistes, ainsi que pour bien des croyants. Ces questions, nous allons les examiner brièvement à la lumière de la raison.
    Il n'est pas d'effet sans cause ; rien ne procède de rien. Ce sont là des axiomes, c'est-à-dire des vérités incontestables. Or, comme on constate en chacun de nous l'existence de forces, de puissances qui ne peuvent être considérées comme matérielles, il y a nécessité, pour en expliquer la cause, de remonter à une autre source que la matière, à ce principe que nous nommons âme ou esprit.
    Lorsque, descendant au fond de nous-mêmes nous voulons apprendre à nous connaître, à analyser nos facultés ; lorsque, écartant de notre âme l'écume qu'y accumule la vie, l'épaisse enveloppe dont les préjugés, les erreurs, les sophismes ont revêtu notre intelligence, nous pénétrons dans les replis les plus intimes de notre être, nous nous y trouvons face à face avec ces principes augustes sans lesquels il n'est pas de grandeur pour l'humanité : l'amour du bien, le sentiment de la justice et du progrès. Ces principes, qu'on retrouve à des degrés divers, aussi bien chez l'ignorant que chez l'homme de génie, ne peuvent provenir de la matière, qui est dépourvue de tels attributs. Et si la matière ne possède pas ces qualités, comment pourrait-elle former, seule, des êtres qui en sont doués ? Le sens du beau et du vrai, l'admiration que nous éprouvons pour les uvres grandes et généreuses, ne sauraient avoir la même origine que la chair de nos membres ou le sang de nos veines. Ce sont plutôt là comme les reflets d'une haute et pure lumière qui brille en chacun de nous, de même que le soleil se reflète sur les eaux, que ces eaux soient troubles ou limpides.
    En vain prétendrait-on que tout est matière. Eh quoi nous ressentons de puissants élans d'amour et de bonté nous aimons la vertu, le dévouement, l'héroïsme ; le sentiment de la beauté morale est gravé en nous ; l'harmonie des choses et des lois nous pénètre, nous ravit et rien de tout cela ne nous distinguerait de la matière ! Nous sentons, nous aimons, nous possédons la conscience, la volonté et la raison ; et nous procéderions d'une cause qui ne renferme ces qualités à aucun degré, d'une cause qui ne sent, n'aime ni ne connaît rien, qui est aveugle et muette ! Supérieurs à la force qui nous produit, nous serions plus parfaits et meilleurs qu'elle !
    Une telle manière de voir ne supporte pas l'examen. L'homme participe de deux natures. Par son corps, par ses organes, il dérive de la matière ; par ses facultés intellectuelles et morales, il est esprit.
    Disons plus exactement encore, au sujet du corps humain, que les organes composant cette admirable machine sont semblables à des rouages incapables d'agir sans un moteur, sans une volonté qui les mette en action. Ce moteur, c'est l'âme. Un troisième élément relie les deux autres, transmettant aux organes les ordres de la pensée. Cet élément est le périsprit, matière éthérée qui échappe à nos sens. Il enveloppe l'âme, l'accompagne après la mort, dans ses pérégrinations infinies, s'épurant, progressant avec elle, lui constituant une corporéité diaphane, vaporeuse.
    L'esprit gît en la matière comme un prisonnier en sa cellule ; les sens sont les ouvertures par lesquelles il communique avec le monde extérieur. Mais, tandis que la matière décline tôt ou tard, périclite et se désagrège, l'esprit augmente en puissance, se fortifie par l'éducation et l'expérience. Ses aspirations grandissent, s'étendent par delà le tombeau ; son besoin de savoir, de connaître, de vivre est sans borne. Tout montre que l'être humain n'appartient que temporairement à la matière. Le corps n'est qu'un vêtement d'emprunt, une forme passagère, un instrument à l'aide duquel l'âme poursuit en ce monde son uvre d'épuration et de progrès. La vie spirituelle est la vie normale, véritable, sans fin.
    Étant donnée l'existence en nous d'un principe intelligent et raisonnable, l'enchaînement des causes et des effets nous fait remonter, pour en expliquer l'origine jusqu'à la source d'où il découle. Cette source, dans leur pauvre et insuffisant langage, les hommes l'appellent Dieu.
    Dieu est le centre d'où émanent et où reviennent aboutir toutes les puissances de l'univers. Il est le foyer d'où rayonne toute idée de justice, de solidarité et d'amour; le but commun vers lequel tous les êtres s'acheminent, sciemment ou inconsciemment. C'est de nos rapports avec le grand Architecte des mondes que découlent l'harmonie universelle, la communauté, la fraternité. Pour être frères, en effet, il faut avoir un père commun, et ce père ne peut être que Dieu.
    Dieu, dira-t-on, a été présenté sous des aspects si étranges, parfois si révoltants par les hommes de secte, que l'esprit moderne s'est détourné de lui. Mais qu'importent ces divagations des sectaires ! Prétendre que Dieu peut être amoindri par les propos des hommes équivaut à dire que le mont Blanc et l'Himalaya peuvent être souillés par le souffle d'un moucheron. La vérité plane radieuse, éblouissante, bien au-dessus des obscurités théologiques.
    Pour l'entrevoir, cette vérité, la pensée doit se dégager des préceptes étroits, des pratiques vulgaires, rejeter des formes puériles dont certaines religions ont enveloppé le
    suprême idéal. Elle doit étudier Dieu dans la majesté de ses uvres.
    A l'heure où tout repose dans nos cités, quand la nuit est transparente et que le silence se fait sur la terre assoupie ; alors, ô homme ! Mon frère, élève tes regards et contemple
    l'infini des cieux.
    Observe la marche rythmée des astres, évoluant dans les profondeurs. Ces feux innombrables sont des mondes auprès desquels la Terre n'est qu'un atome, des soleils
    prodigieux qu'entourent des cortèges de sphères et dont la course rapide se mesure à chaque minute par millions d'années-lumière. Des distances effrayantes nous en séparent. C'est pourquoi ils nous paraissent comme de simples points lumineux. Mais, dirige vers eux cet il colossal de la science, le radiotélescope, tu distingueras leurs surfaces semblables à des océans de flamme.
    Tu chercheras en vain à les compter ; ils se multiplient jusque dans les régions les plus reculées ils se confondent dans l'éloignement, comme une poussière lumineuse. Vois aussi sur les mondes voisins de la Terre se dessiner les vallées et les montagnes, se creuser les mers, se mouvoir les nuages. Reconnais que les manifestations de la vie se produisent partout, et qu'un ordre admirable unit, sous des lois uniformes et par des destinées communes, la Terre et ses surs, les planètes errant dans l'infini. Sache que tous ces mondes, habités par d'autres sociétés humaines, s'agitent, s'éloignent, se rapprochent ébranlés par des vitesses diverses, parcourant des orbes immenses ; que partout le mouvement, l'activité, la vie, se montrent en un spectacle grandiose. Observe notre globe lui-même, cette Terre, notre mère, laquelle semble nous dire : Votre chair est la mienne, vous êtes mes enfants. Observe-là, cette grande nourrice de l'humanité ; vois l'harmonie de ses contours, ses continents, au sein desquels les nations ont germe et grandi, ses vastes océans toujours mobiles ; suis le renouvellement des saisons la revêtant tour à tour de vertes parures ou de blondes moissons ; contemple les végétaux, les êtres vivants qui la peuplent : oiseaux, insectes, plantes et fleurs ; chacune de ces choses est une ciselure merveilleuse, un bijou de l'écrin divin. Observe-toi toi-même ; vois le jeu admirable de tes organes, le mécanisme merveilleux et compliqué de tes sens. Quel génie humain pourrait imiter ces chefs-duvre délicats : lil et l'oreille ?
    Considère toutes ces choses et demande à ta raison, à ton jugement, si tant de beauté, de splendeur, d'harmonie, peuvent résulter du hasard, ou si ce n'est pas plutôt une cause intelligente qui préside à l'ordre du monde et à l'évolution de la vie. Et si tu m'objectes les fléaux, les catastrophes, tout ce qui vient troubler cet ordre admirable, je te répondrai : Scrute les problèmes de la nature, ne t'arrête pas à la surface, descends au fond des choses et tu découvriras avec étonnement que des apparentes contradictions ne font que confirmer
    l'harmonie générale, qu'elles sont utiles au progrès des êtres, qui est l'unique but de l'existence.
    Si Dieu a fait le monde, ripostent triomphalement certains matérialistes, qui donc a fait Dieu ? Cette objection n'a pas de sens. Dieu n'est pas un être s'ajoutant à la série des êtres. Il est l'Etre universel, sans limites dans le temps et dans l'espace, par conséquent infini, éternel.
    Il ne peut y avoir aucun être au-dessus ni à côté de lui. Dieu est la source et le principe de toute vie. C'est par lui que se relient, s'unissent, s'harmonisent toutes les forces individuelles, sans lui isolées et divergentes.
    Abandonnées à elles-mêmes, n'étant pas régies par une loi, une volonté supérieure, ces forces n'auraient produit que confusion et chaos. L'existence d'un plan général, d'un but commun, auxquels participent toutes les puissances de l'univers prouve l'existence d'une
    cause, d'une intelligence suprême, qui est Dieu.
    Nous l'avons dit : afin d'éclairer son avenir, l'homme doit avant tout apprendre à se connaître. Pour marcher d'un pas assuré, il faut savoir où l'on va. C'est en conformant ses actes aux lois supérieures que l'homme travaillera efficacement à son amélioration, à celle du milieu social. L'important est de discerner ces lois, de déterminer les devoirs qu'elles nous imposent, de prévoir les conséquences de nos actions. Le jour où il sera pénétré de la grandeur de son rôle, l'être humain saura mieux se détacher de ce qui l'amoindrit et l'abaisse ; il saura se gouverner d'après la sagesse, préparer par ses efforts l'union féconde des hommes en une grande famille de frères.
    Mais nous sommes encore loin de cet état de choses. Quoique l'humanité avance dans la voie du progrès, on peut dire cependant que l'immense majorité de ses membres marche à travers la vie comme au milieu d'une nuit obscure, s'ignorant elle-même, ne sachant rien du but réel de l'existence.
    D'épaisses ténèbres voilent la raison humaine. Les rayons de la vérité n'arrivent à elle que pâles, affaiblis, impuissants à éclairer les routes sinueuses que suivent les innombrables légions en marche, impuissants à faire resplendir à leurs yeux le but idéal et lointain.
    Ignorant de ses destins, flottant sans cesse du préjugé à l'erreur, l'homme maudit
    parfois la vie. Pliant sous son fardeau, il rejette sur ses semblables la cause des épreuves qu'il endure et qu'engendre trop souvent son imprévoyance. Révolté contre Dieu, qu'il accuse d'injustice, il arrive même quelquefois, dans sa folie et son désespoir, à déserter le combat salutaire, la lutte qui, seule, peut fortifier son âme, éclairer son jugement, le préparer à des travaux d'un ordre plus élevé.
    La vie n'est pas une poursuite vaine de satisfactions éphémères, mais un moyen de perfectionnement intellectuel, d'élévation morale ; une école où s'apprennent la douceur, la patience, le devoir.
    Et cette vie, pour être efficace, ne peut être isolée. Hors de ses limites, avant la naissance et après la mort, nous voyons, dans une sorte de pénombre, se dérouler une multitude d'existences à travers lesquelles, au prix du travail et de la souffrance, nous avons conquis
    pièce à pièce, lambeau par lambeau, le peu de savoir et de qualités que nous possédons ; par elles également nous conquerrons ce qui nous manque : une raison parfaite, une science sans lacunes, un amour infini pour tout ce qui vit.
    L'immortalité, semblable à une chaîne sans fin, se déroule pour chacun de nous dans l'immensité des temps. Chaque existence est un chaînon qui se relie en arrière et en avant à un chaînon distinct, à une vie différente, mais solidaire des autres. Le présent est la conséquence du passé et la préparation de l'avenir. De degré en degré, l'être s'élève et grandit. Artisan de ses propres destinées, l'âme humaine, libre et responsable, choisit sa route ; et, si cette route est mauvaise, les chutes qu'elle y fera, les cailloux et les ronces qui la déchireront, auront pour effet de développer son expérience, d'éclairer sa raison naissante. Au fond de chaque âme est déposé le germe de toutes les facultés, de toutes les puissances ; c'est à elle de les faire éclore par ses efforts et ses travaux. Envisagé sous cet aspect, notre avancement, notre bonheur à venir est notre uvre. De même se révèle ici dans toute sa grandeur le rôle de la douleur, son utilité pour l'avancement des êtres. Chaque globe roulant dans l'espace est un vaste atelier où la substance spirituelle est incessamment travaillée. Ainsi qu'un minerai grossier, sous l'action du feu et des eaux, se change peu à peu en un pur métal, ainsi l'âme humaine, sous les lourds marteaux de la douleur se transforme et se fortifie. C'est au milieu des épreuves que se trempent les grands caractères. La douleur est la purification suprême, la fournaise où fondent tous les éléments impurs qui nous souillent : l'orgueil, l'égoïsme, l'indifférence. C'est la seule école où s'affinent les sensations, où s'apprennent la pitié, la résignation stoïque. Les jouissances sensuelles, en nous attachant à la matière, retardent notre élévation, tandis que le sacrifice, l'abnégation, nous dégagent par anticipation de cette épaisse gangue, nous préparent à de nouvelles étapes, à une ascension plus haute. L'âme, purifiée, sanctifiée par les épreuves, voit cesser des incarnations douloureuses. Elle quitte à jamais les globes matériels et s'élève sur l'échelle magnifique des mondes heureux. Elle parcourt le champ sans bornes des espaces et des âges. A chaque pas en avant, elle voit ses horizons s'élargir et sa sphère d'action s'accroître ; elle perçoit de plus en plus distinctement la grande harmonie des lois et des choses, y participe d'une manière plus étroite, plus effective. Alors le temps s'efface pour elle; les siècles, s'écoulent comme des heures. Unie à ses soeurs, compagnes de l'éternel voyage, elle poursuit son ascension intellectuelle et morale au sein d'une lumière toujours grandissante. De nos observations et de nos recherches se dégage ainsi une grande loi : la pluralité des existences de l'âme. Nous avons vécu avant la naissance et nous revivrons après la mort.
    Cette loi donne la clef des problèmes jusqu'ici insolubles. Elle seule explique l'inégalité des conditions, la variété infinie des aptitudes et des caractères. Nous avons connu ou nous connaîtrons successivement toutes les phases de la vie sociale, nous traverserons tous les milieux. loi de la réincarnation montre d'une manière éclatante la souveraine justice régnant sur tous les êtres. Tour à tour nous forgeons et nous brisons nous-mêmes nos chaînes.
    Les épreuves effrayantes dont souffrent certains d'entre nous sont, en général, la conséquence de leur conduite passée. Le despote renaît esclave ; la femme altière, vaniteuse de sa beauté, reprendra un corps informe, souffreteux ; l'oisif reviendra mercenaire, courbé sous une tâche ingrate. Celui qui a fait souffrir souffrira à son tour. Inutile de chercher l'enfer dans des régions inconnues ou lointaines, l'enfer est en nous, il se cache dans les replis ignorés de l'âme coupable, dont l'expiation peut seule faire cesser les douleurs. Il n'est pas de peines éternelles.
    Mais, dira-t-on, si d'autres vies ont précédé la naissance, pourquoi en avons-nous perdu le souvenir ? Comment pourrions-nous expier avec fruit des fautes oubliées ?
    Le souvenir ! ne serait-ce pas un lourd boulet attaché à nos pieds ? Sortant à peine des âges de fureur et de bestialité, qu'a dû être ce passé de chacun de nous ? A travers les étapes franchies, que de larmes versées, que de sang répandu par notre fait ! Nous avons connu la haine et pratiqué l'injustice. Quel fardeau moral que cette longue perspective de fautes pour un esprit encore fragile et chancelant!...
    Après avoir bu le breuvage d'oubli, nous renaissons à une vie nouvelle. Une éducation différente, une civilisation plus large font évanouir les chimères qui hantèrent autrefois notre esprit. Allégés de ce bagage encombrant nous avançons d'un pas plus rapide dans les voies qui nous sont ouvertes.
    Et chaque fois que s'ouvrent pour nous les portes de la mort ; lorsque, affranchie du joug matériel, notre âme s'échappe de sa prison de chair pour rentrer dans l'empire des Esprits, alors le passé reparaît peu à peu devant elle. L'une après l'autre, sur la route suivie, elle revoit ses existences, les chutes, les haltes, les marches rapides. Elle se juge elle-même en mesurant le chemin parcouru. Dans le spectacle de ses hontes ou de ses mérites, étalés devant elle, elle trouve son châtiment ou sa récompense.
    L'homme peut travailler à son perfectionnement dans toutes les conditions, tous les milieux sociaux; cependant, il y réussira plus facilement dans certaines conditions déterminées.
    La richesse procure à l'homme de puissants moyens d'étude; elle lui permet de donner à son esprit une culture plus développée et plus parfaite; elle met entre ses
    mains des facilités plus grandes de soulager ses frères malheureux, de participer, en vue de l'amélioration de leur sort à des fondations utiles. Mais ils sont rares ceux qui
    considèrent comme un devoir de travailler au soulagement de la misère, à l'instruction et à l'amélioration de leurs semblables.
    La richesse dessèche trop souvent le cur humain ; elle éteint cette flamme intérieure, cet amour du progrès et des améliorations sociales qui réchauffe toute âme généreuse ; elle élève une barrière entre les puissants et les humbles ; elle fait vivre dans un milieu que
    n'atteignent pas les déshérités de ce monde et où, par conséquent, les besoins, les maux de ceux-ci sont presque toujours ignorés, méconnus.
    La misère a aussi ses effroyables dangers : la dégradation des caractères, le désespoir, le suicide. Mais tandis que la richesse nous rend indifférents, égoïstes, la pauvreté, en nous rapprochant des humbles, nous fait compatir à leur douleur. Il faut avoir souffert soi-même pour apprécier les souffrances d'autrui. Alors que les puissants, au sein des honneurs, se jalousent entre eux et cherchent à rivaliser d'éclat, les petits, rapprochés par le besoin, vivent parfois dans une touchante confraternité.
    Voyez les oiseaux de nos climats pendant les mois d'hiver, lorsque le ciel est sombre, que la terre est couverte d'un blanc manteau de neige ; serrés les uns contre les autres, au bord d'un toit, ils se réchauffent mutuellement en silence. La nécessité les unit. Mais viennent les beaux jours, le soleil resplendissant, la provende abondante, ils piaillent à qui mieux, se poursuivent, se battent, se déchirent. Ainsi est l'homme. Doux, affectueux pour ses semblables dans les jours de tristesse, la possession des biens matériels le rend trop souvent oublieux et dur.
    Une condition modeste conviendra mieux à l'esprit désireux de progresser, d'acquérir les vertus nécessaires à son ascension morale. Loin du tourbillon des plaisirs menteurs, il jugera mieux la vie. Il demandera à la matière ce qui est nécessaire à la conservation de ses
    organes, mais il évitera de tomber dans des habitudes pernicieuses, de devenir la proie des innombrables besoins factices qui sont les fléaux de l'humanité. Il sera sobre et laborieux, se contentant de peu, s'attachant par-dessus tout aux plaisirs de l'intelligence et aux joies du
    cur.
    Ainsi fortifié contre les assauts de la matière, le sage, sous la pure lumière de la raison, verra resplendir ses destinées. Eclairé sur le but de la vie et le pourquoi des choses, il affrontera l'épreuve avec courage, sachant que l'épreuve est salutaire, qu'elle est le choc qui déchire nos âmes, et que, par cette déchirure seule, peut s'épancher le fiel qui est en nous. Si les hommes se rient de lui, s'il est victime de l'injustice et de l'intrigue, il apprendra à supporter patiemment ses maux en reportant ses regards vers nos frères aînés, vers Socrate buvant la ciguë, vers Jésus en croix, vers Jeanne au bûcher. Il se consolera dans la pensée que les plus grands, les plus vertueux, les plus dignes, ont souffert et sont morts pour l'humanité.
    Et quand enfin, après une existence bien remplie, viendra l'heure solennelle, c'est avec calme, c'est sans regret qu'il accueillera la mort; la mort, que les humains entourent d'un
    sinistre appareil; la mort, épouvante des puissants et des sensuels, et qui, pour le penseur austère, n'est que la délivrance, l'heure de la transformation, la porte qui s'ouvre sur l'empire lumineux des Esprits.
    Ce seuil des régions supraterrestres, il le franchira avec sérénité. Sa conscience, dégagée des ombres matérielles, se dressera devant lui comme un juge, représentant de Dieu, lui demandant : "Qu'as-tu fait de la vie ? Et il répondra : J'ai lutté, j'ai souffert, j'ai aimé, j'ai enseigné le bien, la vérité, la justice ; j'ai donné à mes frères l'exemple de la droiture, de la douceur; j'ai soulagé ceux qui souffrent, consolé ceux qui pleurent. Et maintenant, que
    L'Eternel me juge, me voici entre ses mains !
    Extrait du Livre "Le Pourquoi de la vie" (de Léon Dénis)

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