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Dimanche, une femme s'est réveillée avec le visage d'une autre

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  • Dimanche, une femme s'est réveillée avec le visage d'une autre



    Une greffe partielle du visage une première mondiale a été réalisée en France sur une femme de 38 ans défigurée par une morsure de chien il y a six mois.

    Pour la première fois, une femme de 38 ans s'est réveillée avec partiellement le visage d'une autre, après avoir subi une greffe de la face (triangle nez-lèvres-menton) réalisée dimanche en France, à Amiens, une opération à hauts risques médicaux et psychologiques.

    Cette femme gravement défigurée s'est ainsi réveillée avec un visage qui n'est plus le sien ni celui de la donneuse, mais une sorte d'hybride. Une greffe hautement symbolique, car vivre avec (partiellement) le visage d'un mort n'est pas évident. A ce jour, la patiente est en excellent état général et l'aspect du greffon est normal, selon ses chirurgiens.

    La receveuse avait été gravement défigurée en mai par une morsure de chien. Au-delà des conséquences esthétiques, la blessure a entraîné des lésions qui se sont avérées très invalidantes tant au niveau de l'élocution que de la fonction de mastication, selon ses chirurgiens. Ils ont jugé ces blessures extrêmement difficiles, voire impossibles à réparer par les techniques de chirurgie maxillo-faciale habituelles, d'où le recours à cette greffe expérimentale à hauts risques médicaux et psychologiques.

    Les prélèvements du triangle nez-lèvres-menton ont été effectués à chez une donneuse multiorganes en état de mort encéphalique avec l'accord de sa famille, poursuit le communiqué de l'équipe médicale.

    La greffe résulte d'une collaboration étroite entre les équipes du Pr Bernard Devauchelle, spécialiste de chirurgie maxillo-faciale du CHU d'Amiens, où l'intervention a été réalisée, et celle du Pr Jean-Michel Dubernard de l'hôpital Edouard Herriot du CHU de Lyon. L'équipe lyonnaise, spécialiste de la transplantation, a prescrit le traitement immuno-suppresseur (anti-rejet de l'organe greffé). Le Pr Dubernard avait mené la première greffe d'une main provenant d'un mort en 1998, qui eut un retentissement mondial, ainsi que la première double greffe bilatérale des mains et des avant-bras, également avec donneur décédé, en 2000.

    Il s'agit bien d'une première mondiale, confirment des spécialistes comme le Pr Laurent Lantieri (hôpital Henri Mondor, Créteil), qui projette lui-même de réaliser une greffe de la face, partielle, avec donneur (allogreffe). On devrait savoir à la fin de la semaine si ça tient, s'il y a pas de rejet massif à court terme, a-t-il ajouté.

    C'est la première transplantation de la face utilisant la peau d'une autre personne, a renchéri le Dr Iain Hutchison (Londres) sur le site de la BBC.

    En 2004, dans un avis sur les greffes de visage, le Comité consultatif national d'éthique français (CCNE) soulignait le risque d'échec considérable. Le CCNE redoutait également des difficultés psychologiques: la personne greffée peut accepter ce visage. Mais elle peut aussi le refuser. Opposé au remplacement total du visage, le Comité se montrait plutôt réservé pour les greffes partielles avec donneur, sans y voir toutefois d'obstacle formel en situation d'ultime recours

    L'aspect psychologique reste complexe

    par Sandrine CABUT et Julie LASTERADE

    Paul Villain
    Président de l'Association des brûlés de France

    La greffe du visage d'un autre, c'est perdre complètement son identité, sa propre personne, pour celle d'un autre. Pour l'instant, j'ai l'impression qu'en France, nous ne sommes pas prêts à accepter l'identité de quelqu'un d'autre. Mais on ne peut pas être complètement contre. Cela va concerner très peu de personnes. En Europe, au Royaume-Uni, Belgique ou aux Pays-Bas, les avis sont plus partagés, ils pensent que l'on peut reconstruire un visage plus cohérent que ce que fait la chirurgie actuellement.

    Gabriel Burloux
    Psychiatre et psychanalyste à Lyon, il est très impliqué dans le suivi des patients greffés.

    Le visage a une fonction esthétique, relationnelle et fonctionnelle. Quand quelqu'un perd la face au sens propre, il est amputé de tout cela. Si on lui greffe un nouveau visage, il devra faire un travail d'appropriation. L'appropriation d'un nouveau visage, venant de quelqu'un d'autre et de quelqu'un de mort. Dans l'enthousiasme, dans le mouvement qui le pousse à demander un nouveau visage, il peut y avoir un refoulement des dangers et des difficultés qui risquent de survenir. Si la personnalité du patient est fragile, elle peut être déstabilisée par le fait de ne plus se reconnaître. Greffer un organe d'un mort fait intervenir l'aspect Frankenstein, le fait d'être habité par un autre. Chez ceux à qui l'on a greffé une main, ce fantasme est évident. Mais ils peuvent se réconforter en se disant que c'est leur cerveau qui contrôle les mains et pas l'inverse. Pour un greffé de la face, ce peut être la même chose, c'est bien le cerveau du patient qui prend les commandes. Mais la grande question est encore technique. Peut-être que dans un an ou deux, le Comité d'éthique acceptera de telles interventions. En attendant, quand ce nécessaire comité prend une décision, il est important que les médecins et les chirurgiens la respectent.

    Jean-Michel Dubernard
    Chirurgien lyonnais,il est l'auteur de la première allogreffe de main puis de la première double greffe des mains.

    Je trouve que la greffe de face, terme préférable à greffe de visage, est une initiative intéressante, mais il faut être d'une grande prudence. Au plan technique, on est un peu dans l'inconnu, même si on dispose d'arguments solides pour montrer que c'est possible. Au plan immunologique, il me semble qu'il faut associer une greffe de moelle osseuse du même donneur pour éviter le rejet de greffe de peau. D'autre part, il faut que les questions psychologiques soient préparées à l'avance. Ces interventions modifient l'image du corps. Mes patients se baladent avec des mains de personnes mortes sous les yeux. Ce n'est qu'à partir du moment où les mains ont des sensations qu'ils disent "mes mains" et plus "les mains". On ne se lance pas dans la greffe de face pour faire un coup, on fait ça dans l'intérêt du malade. Lorsque j'ai pratiqué les premières greffes de main, nous avions l'avis du conseil d'éthique de Lyon et le soutien de l'établissement des greffes. Je n'ai jamais parlé de l'intervention avant de la faire. Pour être plus concentré, ainsi que l'équipe. Parce qu'ensuite il faut s'attendre à beaucoup d'anxiété, pour le malade, pour le greffon. A cela s'ajoutent la sauce médiatique et les confrères. L'avis du CCNE est logique. Il est dans son rôle, il applique le principe de précaution. Il ne doit pas empêcher d'aller plus loin dans la recherche et de se poser la question face aux difficultés individuelles d'un patient.

    Pr Maurice Mimoun
    Chef du service de chirurgie plastique reconstructrice à l'hôpital Rothschild (Paris)

    Cela fait dix ans qu'on s'intéresse à ces greffes mais, jusqu'ici, en sourdine. Aujourd'hui, le débat est public et il y a un caractère émotif. Le visage n'est pas une entité médicale, ça a rapport avec l'âme. Au plan technique, ces transplantations sont réalisables, même si j'estime que certains éléments ne sont pas totalement résolus. Le problème immunologique (savoir s'il est éthique de prescrire des médicaments immunosuppresseurs pour une pathologie non vitale, ndlr) est le même que celui des greffes de main. En autorisant celles-ci, on peut estimer que la société a déjà un peu répondu à la question. L'aspect psychologique reste complexe. Il ne faut pas croire que tous les patients voudront ces greffes. Leur degré de souffrance n'est souvent pas proportionnel à la défiguration. Et il y a la question à laquelle on ne peut répondre avant que ce soit fait : un homme ou une femme peuvent-ils vivre une vie agréable avec le visage d'un mort ? La possibilité d'un rejet, psychologique ou immunologique, est une vraie réserve, car, contrairement à la main, la détransplantation d'un visage est très difficile. On en est encore au stade de la réflexion ; les premiers greffés devront savoir qu'ils participent à l'aventure de l'humanité.



  • Ca me rappelle



    le portrait de Dorian Gray.
    Dur à vivre pour la femme greffée.

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    • Je pense que ce doit être



      très difficile à terme.

      Bien sûr, ce n'est pas drôle d'être défiguré surtout dans notre type de société qui prône la beauté sous toutes les coutures. Mais croiser le reflet d'une inconnue tous les matins dans la glace et me forcer à penser que cette personne c'est moi, ce doit être très destabilisant.

      Cependant, je présume que la réponse à ces interrogations ne s'improvise pas et demande à être établie sur du long terme...

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      • Je trouve



        que c'est bien que la médecine évolue, mais il faudrait aussi penser aux gens après cela...cette femme a sans doute donné son contentement, mais elle va à présent devoir s'habituer à voir son visage différent...bonjour le drmae psychologique, notre visage est notre identité, la façon dont nous nous situons dans ce monde...

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        • Elle est morte il y a un an et demi
          Ah ben



          une vieille connaissance et son cheval de bataille, si j'ose dire .. :fou:

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          • Je pense que ce doit être
            Rappelons-nous



            qu'elle a été défigurée par le clébard.

            Donc, déjà, elle n'a plus sa tête d'origine.
            Alors, à tout prendre, mieux vaut avoir la tête d'une autre, mais jolie.

            Je dirais que dans son cas, la question ne se pose pas.
            Il n'en serait pas de même si c'était de la chirurgie esthétique "de confort".
            Mais qu'on y songe : quand on se fait refaire le nez, par exemple, on change bien sa tête...

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            • Ca me rappelle
              Je vois



              qu'il y en a qui ont de la culture .

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              • Rappelons-nous
                Ce que tu dis est vrai



                mais si tu prends du recul par rapport à la situation, il y a quand même déjà un traumatisme suite à l'accident avec le chien. La transition est déjà difficile. Bien sûr, sur le moment, elle est peut-être ravie d'avoir retrouvé figure humaine, mais à la longue, je ne sais pas, je suis sceptique. Ce qui ne signifie pas que je ne considère pas cette avancée médicale comme très importante. Je pense seulement qu'il doit falloir un accompagnement psychologique non négligeable dans ce genre de cas.

                Et c'est déjà le cas pour ceux et celles qui se font refaire le nez. S'ils ont affaire à des chirurgiens sérieux, ceux-ci les envoient souvent voir un psy avant tout afin qu'ils soient bien sûrs de leurs motivations parce que ce n'est pas anodin. Une réparation pour revenir comme avant, c'est une chose mais une transformation, c'en est une autre :fou:

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                • Ce que tu dis est vrai
                  Mais avait-elle le choix?



                  bien sûr, il lui faudra vivre avec une nouvelle tête, mais entre deux maux, je choisis le moindre.
                  Mieux vaut avoir une belle tête qui n'est pas la sienne (et je suppose qu'on n'a pas pris la peau du pire laideron pour la lui greffer), que d'avoir une tête avec de la peau arrachée un peu partout par les crocs du cabot.

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                  • Mais avait-elle le choix?
                    Ben



                    on a du prendre la peau de ce qui se présentait. Dans ce genre de cas, on ne va pas chercher en magasin un modèle particulier. Donc ce n'est même pas certain qu'elle se retrouve avec une belle tête. Elle se retrouve déjà avec une tête, car si j'ai bien lu, la situation était catastrophique. Alors, d'accord, elle n'avait pas le choix et c'est bien que cette possibilité existe maintenant, mais ...

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                    • Je trouve
                      Oui



                      mais ton identité quand tu as la moitié du visage atomisé: :-(... Je pense qu'ayant vécu avec cette tête-là pendant quelques temps, elle aura moins de mal à accepter la nouvelle. Elle pourra se resociabiliser à présent, ce qui aurait été probablement impensable précédemment (ou si peu). Merci la chirurgie!

                      il y en a des wagons aussi qui se font refaire, tirer de partout, raboter le nez, gonfler les joues et qui n'ont plus rien à voir avec le personnage que le bon dieu leur avait donné.

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