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  • Anacardium



    ANACARDIUM

    Par le Docteur Daniel BROEKAERT


    APOCALYPSE NOW

    "Or, ces espèces de sauterelles étaient semblables à des chevaux préparés pour le combat... Elles avaient pour roi l'ange de l'abîme appelé en hébreu Abbadon, et en grec Apollyon, c'est-à-dire l'Exterminateur".

    Apocalypse de saint Jean, apôtre


    Mon fils a des problèmes scolaires. Vous est-il possible de l'aider?". C'est ainsi que Thomas aboutit chez moi. Quand je vais l'accueillir dans la salle d'attente, il passe devant moi sans un mot, sans un regard, un vague sourire aux lèvres. Ahuri, je reste là, la main tendue, et la mère, pour sauver la situation, me la serre.

    Thomas s'assied transversalement sur la chaise, tourné vers sa mère. Pendant tout l'entretien, il me scrutera du coin de l'oeil et quand je l'examinerai, ses yeux seront toujours fuyants.

    Thomas a 13 ans (il est né en 1984) et c'est un grand costaud (53,7 kg pour 155,5 cm). Il est l'aîné de trois garçons. Une petite fille est décédée de maladie. L'école n'a jamais été son lieu de prédilection. Qu'y fait-il? C'est simple: rien. Il ne répond pas à l'instituteur qui l'interroge, il dort. C'est un miracle qu'il soit arrivé en 6ème primaire. Même son écriture régresse.

    A la maison, il reste assis sur une chaise, alors qu'avant, il se défoulait à l'extérieur.

    Le sommeil est mauvais et, en période de difficultés, en particulier lors des examens, Thomas se mouille au lit.

    Et puis, il "taquine" ses trois frères: au début, il pince, tape ensuite sur leurs mains, puis cherche à leur griffer les yeux et leur donne des coups de genou dans le front. Dimanche dernier, il les a caressés à coups de marteau! Après, évidemment, il se dit qu'il n'a pas bien agi (c'est du moins l'interprétation de la maman).

    A la moindre remarque, Thomas explose, perd tout contrôle: il est rouge, n'entend plus rien, est bloqué dans sa fureur.

    On ne compte plus les otites, ni les bronchites. Pendant longtemps, il a été affecté par une sinusite. En deuxième maternelle, on a enlevé les végétations, tant il bavait (sic) et on a mis des drains de Shepard dans les oreilles pour le compte. Il a souffert de céphalées traîtées par kinésithérapie.

    En première année primaire, Thomas parlait très mal; il refusait de lire, de travailler et a été suivi par une pédopsychiatre et une logopède.

    A l'âge de deux ans, il a perdu une petite soeur. Mais déjà avant cet événement, Thomas était une "bombe", difficile à contenir.

    Jusqu'à 6-7 ans, les nuits ont été difficiles. Actuellement, Thomas les passe à rôder dans sa chambre, étonné de l'emploi de ce mot, j'en demande plus à la maman, qui me répond que c'est exactement ce qu'il fait... Il rêve d'animaux, en particulier d'un dragon cracheur de feu qui se trouve dans sa chambre. Le lit est toujours défait, témoin de l'agitation nocturne.

    Thomas craint l'obscurité et doit y être accompagné par un de ses frères. Il redoute que la foudre ne tombe sur la maison.

    C'est un démolisseur: il casse tout, même ses lunettes. Et il ment comme il respire.

    Les rapports avec les animaux sont on ne peut plus intéressants. Thomas vit dans une grande ferme et est d'une cruauté extraordinaire avec les bêtes. Il fait mai aux chats, a tué son cochon d'Inde, casse des manches de brosse sur le dos des porcs... Quelques jours après cette consultation, je reçois l'oncle, fermier lui aussi: "Ah, vous avez vu mon neveu! C'est un cas: l'autre jour, nous avions plein de poussins. Il n'y en avait plus un seul après sa visite: il les avait tous étranglés!".

    Thomas ne se confie pas vite. Il a beaucoup pleuré, par le passé, mais n'a jamais voulu dire pourquoi.

    Il a eu des copains à l'école, mais comme il a redoublé et qu'il est hyperagressif, les ponts ont été coupés.

    A l'examen, je constate la présence de beaucoup de tartre noir sur les dents; l'hygiène buccale est précaire.

    R/ Stramonium MK

    Un mois plus tard, Thomas est beaucoup plus agréable, plus gai, plus joueur. Selon sa mère, c'est comme s'il se remettait en route. Cette fois, il me parle, me regarde d'un air sournois, rit de façon inappropriée, sourit d'un air cruel, mais joue le gêné à certains moments. Il faut dire qu'il y a de quoi avoir honte!

    En ce qui concerne l'école, il n'y a rien de changé. Le matin, Thomas pleure parce qu'il ne veut pas y aller, c'est une scène de rodéo que de l'attraper pour ensuite l'embarquer de force dans la voiture, à l'arrivée, il faut qu'un professeur soit là pour le réceptionner, l'extirper du siège où il se cramponne et il faut être vigilant: il est capable de s'enfuir et de rentrer à pied à la maison! Le soir, il n'a jamais aucun cahier à ouvrir: encore eut-il fallu qu'il en ramenât un à la maison-, de toute manière, le journal de classe est bien planqué à l'école ou les pages en sont tout simplement effacées... Les résultats scolaires s'en ressentent. Paradoxalement, Thomas refuse l'école, mais veut être le premier de sa classe!

    Il y a 15 jours, Thomas a demandé à retourner chez la pédopsychiatre, lui qui avait tellement rouspété quand on l'y conduisait.

    Il maltraite toujours les animaux.-" Les pigeons, il faut les attraper, les mettre en cage et les y laisser mourir de faim"!

    Très souvent, Thomas présente de l'herpès labial inférieur (en fait, depuis l'âge de 5 ans, mais la mère avait oublié de m'en parier).

    R/ Stramonium XMK

    Deux mois plus tard, l'aggravation est flagrante: les résultats scolaires ont chuté de 33%, Thomas est agressif, perpétuel boudeur et il pleure tout le temps, en particulier à la moindre remarque. Il cache ses cours pour ne pas avoir à travailler, estimant qu'on lui en demande trop. Il ment toujours avec le même aplomb. Sa mère dit qu'il fait vraiment tout pour ne pas réussir. Il coince un de ses frères contre un mur, en pince un autre, écrit:

    "Aujourd'hui, je vais battre Timothy parce que ça va être sa fête" et met son projet à exécution.

    Le lit est régulièrement mouillé. Il dit que toutes les nuits, un dragon entre dans sa chambre.

    R/ Z... MK

    Deux mois plus tard, Thomas est méconnaissable, comprenez: moins agressif, mais c'est toujours ainsi en vacances. En plus, un de ses frères, sa Tête de Turc favorite, est absent. Thomas boude et n'est jamais content: est-ce l'approche de la rentrée scolaire? Il reste toujours aussi paresseux. Son père, entrepreneur agricole, l'a pris avec lui mais il faut le surveiller sans cesse: il ne fait que des bêtises. Il ne s'est plus mis en colère, Ces derniers jours, il pleure à la moindre remarque.

    Lors du retour de son frère, Thomas a été très content. Il nie qu'il ait jamais eu une soeur.

    Pendant la consultation, Thomas ne veut rien dire à haute voix. La plus banale question le fait se tourner vers sa mère, sa bouche mime une phrase inaudible. Il n'ose pas répondre, fait des grimaces.

    A l'examen, eczéma axillaire gauche.

    R/ Z... XMK

    Septembre. Devant la récidive, changement de remède.

    R/ Androctonus MK

    Octobre. C'est la révolution. Thomas a frappé un de ses frères à coups de pioche et de pierres. Ce n'est évidemment pas lui qui est en cause: la pioche a tourné... les pierres étaient tombées à côté de leur cible... Il n'arrête pas de faire pleurer Tiphaine... là encore, il n'y est pour rien. Les autres l'embêtent par leur seule présence. Sa mère me rappelle que, l'an passé, il frappait et griffait dans les yeux.

    Il ne parvient pas à se passer de ses chats, mais il est très brutal et méchant vis-à-vis d'eux.

    A l'école, c'est mieux. Passé en secondaire, Thomas prend goût aux activités techniques et apprécie les changements de professeurs.

    Il ne tient pas en place. Quand on le punit, c'est une tornade, il se venge, veut même rendre des coups à sa mère. Si on le prive de quoi que ce soit, "il établit un mur entre lui et ses parents". On l'a retrouvé pleurant: il pensait à sa petite soeur. Au sujet de cette dernière, Thomas fabule tant et plus. Petit, Thomas était déjà très costaud et très brutal, il faisait du mal à sa soeur et accusait le bébé de ses méfaits. Quand elle est décédée, il est devenu fugueur: il escaladait les clôtures, on l'a retrouvé sur un mur et une fois, sur le toit. Il semble que la notion de danger lui fasse défaut. Cependant, il a peur du noir, ce qui ne l'empêche pas d'y terroriser son plus jeune frère.

    La nuit, il bave tant et plus.

    R/ Mercurius solubilis MK.

    Décembre 1997. La brutalité emporte le devant de la scène. Thomas a été retenu à l'école pour avoir cogné la tête d'un autre enfant contre un mur. Au cours de natation, il ne s'est pas gêné pour chasser une mère venue houspiller son traînard de fils. A la maison, il faut toujours l'enguirlander.

    Si les parents s'absentent quelques instants, même en plein jour, Thomas a terriblement peur: il sort des couteaux et une arbalète!

    A l'école, les cours sont très allégés, ce qui n'empêche notre roi fainéant d'en faire encore moins.

    Bizarrement, il vient de demander à ses parents une photo de sa petite soeur et l'a punaisée sur un mur de sa chambre.

    Je note toujours autant de tartre noir sur les dents.

    Va-t-on enfin sortir du tunnel? A bout de ressources, je prescris Mercurius solubilis MMK.

    Quelques semaines plus tard, je reçois un coup de téléphone de la mère qui se demande si son fils ne devient pas fou. Elle a rangé sa chambre, c'est le nettoyage des écuries d'Augias, et elle a trouvé l'écrit ci-joint. Elle me le lit, j'en suis tellement excité que j'en demande une copie :


    De 11 h à 12 h 10

    J'en ai marre que je m'appelle Thomas, ce nom signifie menteur et je ne veux pas dire ce que ça veut. Je n'aimerais pas qu'on me laisse chez Pépé et ... pendant que vous partez chez des cousins ou autre part. J'en attrape marre que Papa doit toujours me gronder mais je n'en peux rien que je m'appelle Thomas. Je n'aime pas ce nom, je n'entends même plus ma petite voix qui ne veut pas que je fasse cette bêtise plutôt que je m'en fous éperdument, je ne l'écoute plus. Je ne veux pas en parier J'en ai ras la patate me dire d'arrêter je me pose une question avant de faire une bêtise cette question est je la fais ou je la fais pas? (dessin où il se trouve entre un diable et un ange) Laquelle des deux je choisis toujours la bonne mais après ça me rattaque et je suis obligé de la faire et après ça me laisse en paix. Un jour mon coeur va se changer en autre. (dessin: 2 coeurs sous-titrés, l'un 'coeur méchant". l'autre "coeur content", séparés par le signe "différent" à côté duquel est écrit "égale plus tard"). Ca serait chouette que tout le monde soit content de moi. S'il vous plaît, je voudrais qu'on m'aide, mais je ne sais pas quoi vous faire faire. Je voudrais être gentil et être mis dans les deux premiers de la classe et aux courses. C'est mon rêve qui se réalisera peut-être, je crois pas pour demain.

    J'aurais voulu que tu restes près de moi, Emmanuelle (sa soeur). Tout le monde me dit que tu es contente là-haut au paradis. Pépé Demeulemeester (son grand-père) t'a rejoint et te parlera de moi. Tu verras peut-être pas tout de suite. Je pense encore énormément à ma petite soeur heureuse. Je m'excuse de toutes mes bêtises que j'ai accusé sur toi. Emmanuelle, gardons le secret entre nous (dessins: une tombe; une silhouette portant un bébé et disant. "On restera toujours amis", une autre silhouette répondant :"Promis)

    Bonne nuit Emmanuelle.

    Thomas



    Mots poignants, exprimant toute la détresse de Thomas, plein de remords envers Emmanuelle. A ce propos, Thomas signifie "le Jumeau" et c'est le disciple qui a douté; Emmanuel, c'est celui qui existe de toute éternité.

    Cette fois, plus de doute possible: je prescris Z MK. La dose sera reprise un mois plus tard. Depuis, tout va bien... Comme disait Cromwell, mettons notre confiance en Dieu et gardons notre poudre au sec!

    source :
    http://3 double v.homeoint.org/ehhds/rec26/brockaer.htm

  • Suite



    Comme vous l'avez compris, le bon remède semble bien être Anacardium orientale. Vous comprendrez plus loin pourquoi il n'avait apparemment pas fait de prouesses lors de la première prescription.

    Si la découverte du remède n'a pas été facile, j'ai vécu un autre enfer: la préparation de ce texte. Ce serait bien si l'on s'accordait sur la souche utilisée. Or, chacun a l'air de s'y perdre, confondant allégrement Anacardium orientale et son homonyme occidentale... et la préparation n'est pas la même selon les matières médicales (pour ce dernier point, pas de problème: une seule référence, Hahnemann soi-même).

    C'est un médecin byzantin, Aetius Amydenas (502-605) qui introduisit Anacardium orientale, bien connu en Orient, dans la médecine occidentale. Il s'agit de l'anacardier d'Orient. Hahnemann, dans les maladies Chroniques, écrit que Serapion, auteur de De Simplicibus, relate les textes d'auteurs arabes à propos du jus de l'anacardier, il le distingue bien de l'Anacardium occidentale, mais commet une confusion d'un autre ordre en affirmant qu'Anacardium orientale est la fève de Malacca (ceci est repris par Voisin), alors que l'arbre porteur de ce dernier fruit est Avicenna tomentosa, bien différent.

    L'Anacardium occidentale fut découvert en 1637 par VVilhelm Le Pois (latinisé en Piso), alors qu'il était médecin de la partie hollandaise du Brésil. Cet arbre fut introduit en Afrique tropicale par les Portugais. Il est devenu subspontané dans les sables paralittoraux du Sine et du Saloum, au Sénégal. On le surnomme pomme-cajou, acajou à pommes, noix de cajou (fruit), pomme-cajou (pédoncule), pomme d'acajou, Les graines se mangent en apéritif. Le pédoncule charnu s'épaissit et donne le fruit. La peau de la noix donne de l'huile pour les garnitures de frein, pour les disque d'embrayage, une peinture anti-chaleur et anti-corrosion. La pomme-cajou fournit aux Brésiliens un vin puissant, le Cavjedo.

    Anacardium orientale est le fruit sec de Semecarpus anacardium L., une térébenthacée. Le fruit, ovale ou en forme de coeur, est aplati et mesure 2 cm de long, autant de large et 0,5 cm d'épaisseur. La surface en est lisse, brillante, ocrée. Le réceptacle est ovoïde, plus petit que le fruit, fortement ridé et appliqué contre la base élargie du fruit. En section transversale, le fruit montre un péricarpe assez développé, compris entre deux enveloppes coriaces, perforées de larges lacunes contenant un suc abondant, brun rougeâtre, d'odeur fade, de saveur caustique. Le péricarpe recouvre une amande blanche sous une pellicule rougeâtre. Le suc a servi au marquage indélébile des vêtements (market nug), à détruire, des verrues, des condylomes et d'autres excroissances, ainsi qu'à contrôler le bourgeonnement excessif des ulcères cutanés. Le fruit est comestible s'il est séparé de son enveloppe; grillé, il est très apprécié en Inde.

    Bernard Vial, dans sa Botanique médicale, fait quelques remarques intéressantes à propos des deux Anacardiums, des Rhus tox. et autres: à défaut d'accoupler leurs petites fleurs avec des papillons ou des colibris, les Anacardiacées se dépensent sans compter dans d'autres domaines: elles fabriquent des substances utiles à l'homme. Elles n'en sont pas pour autant gratifiées. Ces plantes se croient victimes d'intrigues qui les dépassent. Malgré toutes leur disponibilité vis-à vis des hommes, elles finissent par se demander -."A quoi tu joues?". Il y a entre le monde et lui un écran infranchissable, n'est-il pas le damné de la terre, le disgracié, le maudit?

    "Je ne suis pas apprécié", dit Anacardium. Quelle en serait la cause? Un abus, un traumatisme émotionnel ou physique, une négligence dans l'éducation, des insultes, des critiques constantes, la mise en évidence des faiblesses de l'enfant, son rabaissement, la comparaison défavorable avec les frères et soeurs, le manque d'amour, voire la haine parentale envers lui. Sa souffrance est indicible.

    ABUSIVE: voilà le mot principal d'Anacardum, entendu comme l'emploi d'un langage insultant, mais qu'Ananda Zaren n'hésite pas à étendre au ressenti de l'insulté.

    Blessé, Anacardium développe une manière d'être qui tend à le détacher du support potentiel de la famille, d'autant que tout rejet de la part des parents rouvre sa plaie. Ainsi, l'enfant va se construire une défense imprégnée de la noirceur de son milieu, la haine et l'amour étant peignés ensemble pour former un tissu dual.

    En réponse à la désaprobation et au rejet, Anacardium se hait. Sa spontanéité se cache sous le boisseau de l'insensibilité, de l'incompréhension ou de la méchanceté parentale. Il réagit avec colère mais est obligé de la réprimer pour ne pas mettre en péril le lien ô combien ténu qui le relie encore à ses parents. C'est cette auto-censure qui le mène au dégoût de lui-même.

    Pour être accepté, il se veut doux et docile, mais, ce faisant, il s'auto-déprécie et se sent devenir inférieur: ainsi donc, chacun pourrait prendre avantage sur lui! Ca, jamais! Au risque de s'aliéner ceux qui lui procurent la sécurité, il ne se laissera pas faire et réagira avec colère et agressivité.

    Souvent, Anacardium présente un caractère fort, "mâle", un tempérament dur, des qualités de meneur, le goût de la compétitivité et une agressivité mordante. La colère est le filtre à travers lequel passent la tristesse et la peur. La loquacité elle-même révèle l'agressivité du personnage. La tristesse (on retrouve Anac. dans Ailments from grief) sera la plupart du temps tue et enfouie sous le mécontentement. Anacardium ne cesse de soupirer, de râler, de fulminer, de rager.

    Très contradictoire, il dépend émotionnellement des autres, mais reste renfermé et refuse de parier de lui-même, étant naturellement suspicieux, testant les gens avant de placer leur confiance en eux. Il voue un culte à l'autorité, mais la redoute. Prônant les valeurs traditionnelles, il vit en opposition avec elles. Obéissant, il se rebellera au gré des circonstances. Craignant l'agression, il l'emploiera lui-même. Charmant et serviable, il deviendra vil et vindicatif au moment où l'on s'y attendra le moins. Il veut éviter d'être puni mais fait tout pour l'être. En fait, c'est son anxiété qui le fait balancer entre deux états mentaux opposés. Ses expériences douloureuses ont complètement sapé la confiance qu'il avait en lui et il est ainsi coupé de ce qui devait le guider. Il lui faut donc une très forte autorité extérieure à laquelle il doit obéir pour retrouver la sécurité qui lui fait défaut. Indécis, irrésolu, il ne faut pas qu'on lui demande de s'engager: son ego est tellement entamé qu'il ni ne perçoit ni ses limites, ni son champ d'action potentiel. Il faut à Anacardium un Père qui lui dise que faire et comment être. Comme l'huile de l'anacarde sur un vêtement le marque du nom du propriétaire, ainsi Anacardium doit appartenir à quelqu'un. C'est pourquoi il se complaira dans les valeurs traditionnelles et la bureaucratie, la police, la justice, l'armée. Des règles strictes, un esprit de corps qui remplace le grand besoin de liens familiaux, l'obéissance à une autorité qui permet même à Anacardium de jouer au petit chefvoilà la sécurité! Et pour conserver cette dernière, Anacardium obéira aux ordres (il a l'illusion de s'entendre appeller par son nom, d'entendre des voix lui donnant des ordres), quitte à se mettre en opposition à ses conceptions du bien et du mal. Il peut estimer qu' il trouve une réponse à toutes ses interrogations dans les règlements de toutes sortes, les lois et les décrets: ah, les Saintes Écritures! Il les suivra au pied de la lettre puisque c'est une référence immuable et leur application représente une action non punissable:

    -"J'ai suivi les ordres".
    -"Je ne me suis pas posé de questions".
    -"Le curé a dit que c'était bien".

    Mais en fait, Anacardium ne se libère d'aucune responsabilité: un conflit interne éclate, ne se résout pas et c'est le clivage: deux trains d'idées, antagonisme avec soi-même, volontés contradictoires, sensation d'avoir deux volontés, illusion de dédoublementet nouvelle source d'anxiété. Au contraire de ce qu'il escomptait, condamné par ses actes, il le sera aussi par son inaction.

    On peut dire qu'Anacardium est tiraillé de partout, quitte à se rompre les tendons, qu'il est assis entre deux chaises et que, quand il croit pouvoir enfin s'asseoir, c'est pour mieux s'empaler (Rectum, plug ).

    Bien souvent, Anacardium n'obéit pas entièrement, sa compliance n'est pas parfaite: il est ambivalent et il oscille entre dépendance et agressivité, entre force et faiblesse, entre passivité et dominance. En lui-même, c'est pareil: le sentiment de sécurité et de confiance en lui fait place à la plus profonde haine de lui-même, au complexe d'infériorité et à l'auto dépréciation. Il se sent à la fois lâche et flageolant sur ses jambes et dogue écumant prêt à mordre. Toute baisse de son pouvoir va rendre Anacardium désobéissant (Reverence, lack of) parce qu'il ne supporte pas une position inférieure.

    Mai centré, pas à sa place, écartelé, Anacardium ne doit pas espérer atteindre un nirvanâ émotionnel. Ce qu'il connaît de lui-même, il l'apprend par la réaction des autres: ainsi sont jaugés réussites et échecs.

    Comme Mercurius solubilis, il est changeant et variable, Il est tellement inconstant qu'il en devient chaotique.

    Dès qu'il devient proche de qui le sécurise, il met ce lien en péril par ses impulsions ambivalentes. Il est contradictoire et disposé à contredire. Qu'un obstacle se présente, il réagira trop vite, posant même des actes opposés à ses projets: il se sabote lui-même. Il rit de choses sérieuses, mais reste de marbre face à des situations hilarantes. Une conduite agressive surcompense ses peurs ou son incapacité réelle ou supposée, toutes choses à cacher à ses proches. En réalité, il doute de ses propres sensations et souffre d'un constant changement dans la mise au point. Une impénétrable muraille masque la faiblesse d'Anacardium. Extrêmement suspicieux, il teste continuellement la loyauté et l'engagement de ses proches, il guette sans cesse le moindre signe de rejet et d'approbation. Par sa méchanceté, il éconduit et ne reconnaît plus son mari, ses proches, sa famille et devient misanthrope. Il a les autres dans le nez (il sent une odeur de fiente ou d'éponge brûlée ... ). D'une susceptibilité extraordinaire, il peut devenir paranoïaque (anxieux comme si on le poursuivait quand il se promène, suspicieux quand il se promène, illusion qu'il est entouré d'ennemis ou qu'il est poursuivi par quelque chose d'horrible, peur d'être empoisonné). Il entre dans une guerre sans merci à la perception de la moindre menace. Dès qu'une dépendance s'installe, une myriade de doutes et de soucis l'assaillent et le mènent à des attitudes contradictoires, dissonantes, hors de toute règle ou loi. S'entendre avec lui relève de la gageure et n'amène que frustration. Il est si ambivalent qu'il refuse toute responsabilité et qu'il préfère qu'on décide pour lui. Il tend une main à quelqu'un, le repousse de l'autre, dit qu'il souhaite l'inviter chez lui mais s'esquive quand il faut fixer la date. Anacardium est si irrésolu qu'il paraît immature et infantil (childish behaviour).

    Entrant plus profondément dans la maladie, Anacardium se fait des reproches à lui-même. Il se sent inférieur à tout le monde, mais repousse qui l'encourage: il pense que l'apprécier signe un profond dérangement mental! Il fait tout de travers, croit-il, et il se dit incompétent en tout; donc, il lui faut un père tout puissant qui prendra la situation en main. L'insécurité d'Anacardium le fait douter de son futur (où une mauvaise fortune l'attend) ainsi que de son état de santé (gare à la paralysie! bientôt la mort!). Elle lui fait passer de mauvaises nuits: au cours de celles-ci, il est anxieux, ne tient pas en place, est somnambule, songe au passé dans son contexte le plus négatif, ce qui l'agite encore plus et le rend coléreux. Imaginez son réveil et sa matinée: bonjour, tristesse! salut, angoisse! Encore heureux que manger l'améliore...

    La qualité du travail intellectuel et en particulier des tâches scolaires est pauvre à cause de l'anxiété qui bloque le pouvoir de concentration. pour échapper au travail, il va se réfugier dans les Maladies psychosomatiques, l'alcool ou les drogues. D'une productivité nulle, il remet tout au dernier moment et ne s'attelle à son boulot que la baïonnette dans le dos. Son anxiété et son vacillement émotionnel compromettent le fonctionnement mental (concentration difficile, engourdissement par le travail mental, confusion telle qu'en pensant "chaise", il écrit "table", évanescence de l'idéation, illusion qu'il n'arrivera à rien et qu'il fait tout de travers). Anacardium perd la mémoire, ce qui réduit encore ce qui lui restait de confiance en lui: il craint, en effet, que les autres ne voient son incompétence et qu'ils prennent avantage sur lui. Aux derniers stades de son état pathologique, Anacardium peut perdre ses facultés jusqu'à l'imbécillité.

    Anacardium use volontiers de relations triangulaires dans sa vie de couple. Il doute de son conjoint mais ne parvient pas à rompre par incapacité de décision. Son comportement sexuel est mêlé lui aussi de brutalité, d'hostilité, de vulgarité et de cruauté sadique. Sa forte libido oscille, selon son sentiment d'insécurité, entre une extrême aversion pour le coït et une passion sexuelle débridée.

    Un Anacardium actif peut être très dangereux. Très agressif, il cherche qui est "pour son groupe" et qui est "contre". Il lui faut une cible sur laquelle décharger sa hargne, quelqu'un à insulter, bastonner, écharper. Donc, à mort, les Juifs, les Noirs, les homos et ces métèques qui nous ôtent le pain de la bouche... Champion du pouvoir fort, Anacardium n'hésitera devant aucune illégalité (Dieu et probablement Jeanne d'Arc sont avec lui!). On trouve autant d'Anacardiums dépendants et insécurisés que de violents rabiques, sans coeur, sans morale et sans âme (ils trouvent d'ailleurs que leur carcasse est trop petite que pour en contenir une!).

    Le conflit interne d'Anacardium peut s'extérioriser par des désordres physiques comme des troubles gastriques, cutanés, arthritiques, une raideur de nuque, des vomissements gravidiques. Deux grades sensations à retenir: des douleurs obtuses, comme par un tampon, et une sensation de bandage enserrant l'estomac, la taille, les membres.

    Alors, Anacardium est-il "né pour tuer" ou "fait pour la paix et l'amour, non pour la guerre"?

    Le drame d'Anacardium enfant est qu'il absorbe la violence environnante et l'ennemi qu'il poursuit, qu'il veut tuer, se terre dans sa psyché. Il jalouse sa fratrie ou se vante d'être le meilleur. Son éducation demande beaucoup de doigté et ses parents sont mis à rude épreuve. Toute répression relance, en effet, les réactions inappropriées d'Anacardium. Il est indispensable que nous donnions aux parents la clé qui permettra la compréhension de leur enfant: à nous de leur fournir les explications auxquelles ils ont droit.

    "Il y a 5% de bien dans le plus mauvais caractère. Le jeu consiste à le découvrir et à le développer jusqu'à 80 ou 90%". ( Lord Baden-Powell of Gilwell).



    Daniel BROEKAERT, Nivelles





    BIBLIOGRAPHIE

    O.A. Julian, Dictionnaire de Matière médicale homéopathique, Masson, Paris, 1981.

    Rajan Sankaran, L'Esprit de l'Homéopathie, Homeopathic Medical Publishers, Bombay, 1991.

    G. Vithoulkas, Talks on Classical Homoeopathy, 3 volumes, B. Jain Publisher, New Delhi, 1990.

    H. Voisin, Matière médicale du Praticien, Maloîne, Paris, 1976.

    Ananda Zaren, Materia Medica, volume 2, Burgdorf Publishing, Gôttingen, 1994.

    Daniel Forton, Madou Lô, Guy Maynart, Plantes médicinales du Sahel, CECI, Montréal et ENDA, Dakar, 1990.

    Jean-Louis Pousset, Plantes médicinales africaines, Ellipses, Paris, 1989.

    G. Penso, Les Plantes médicinales dans l'Art et l'Histoire, Editions R. Dacosta, Paris,

    1986.

    Bernard Val, Botanique médicale, Similia, Paris, 1998.

    source :
    http://3 double v.homeoint.org/ehhds/rec26/brockaer.htm

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