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Schizophrénie et sous-développement: les pauvres ont de la chance

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  • Schizophrénie et sous-développement: les pauvres ont de la chance



    schizophrénie et sous-développement: les pauvres ont de la chance

    Les études de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sont formelles: les schizophrènes des pays pauvres guérissent plus facilement que ceux des pays riches. Un auteur Étasunien suggère une explication: dans les pays pauvres, on administre moins de neuroleptiques...

    L'article ci-dessous part de la polémique engagée autour du film "Un homme d'exception", inspiré de la vie du mathématicien John Forbes Nash. Ce scientifique brillant a longtemps souffert de Schizophrénie (Clickez ici pour plus de détails)
    Les médicaments du cerveau peuvent empêcher la guérison.
    Par Robert Whitaker
    Journaliste Médical
    Paru dans: USA Today, 4 mars 2002

    Traduit par: Schizo Anonyme


    Le film "Un homme d'exception", distingué de nombreux prix, a attiré l'attention sur le fait que l'on peut guérir de la schizophrénie, une maladie grave affectant un Américain sur cent. Malheureusement, ce film brouille les pistes au sujet d'une question qui devrait tous nous concerner: les médicaments utilisés pour traiter la schizophrénie favorisent-ils la guérison sur le long terme, ou l'empêchent-ils?

    Dans le film, Nash dit prendre "les nouveaux médicaments" juste avant de recevoir le prix Nobel. Ce qui a valu au film les éloges de la "National Alliance for the Mentally Ill" (Une association fort influente aux États-Unis, favorable aux médicaments neuroleptiques. Note du Traducteur). Le directeur, Ron Howard, a été félicité parce qu'il avait mis l'accent sur "le rôle essentiel des médicaments" dans la guérison de Nash.

    En réalité, Nash avait cessé de prendre des médicaments dans les années 1970. Son état s'était progressivement amélioré au cours de deux décennies. C'est ce qu'explique la journaliste Sylvia Nasar dans sa biographie de Nash, "A Beautiful Mind", dont le film est vaguement inspiré (et dont il a repris le titre dans la version originale en anglais). Nasar conclut qu'en refusant de prendre les médicaments, Nash "pourrait avoir pris la bonne décision", parce que les effets indésirables du médicament auraient pu rendre pratiquement impossible son retour dans le monde des mathématiques".

    Il ne s'agit là que d'un cas parmi de nombreux autres. La majorité des Américains sont ignorants du fait que l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a constaté à maintes reprises qu'à long terme, la schizophrénie se guérit moins facilement aux USA, ainsi que dans d'autres pays "développés", que dans des pays pauvres comme l'Inde ou le Nigéria, où relativement peu de patients reçoivent des médicaments anti-psychotiques. Dans les pays "sous-développés", près de deux tiers des patients schizophrènes vont nettement mieux cinq ans après le premier diagnostic; environ 40% se sont remis. Alors qu'aux USA, et dans d'autres pays développés, la maladie devient chronique chez la plupart des patients. La différence est si nette que l'OMS en a conclu que le fait de vivre dans un pays développé est "indice important" pour prédire qu'un patient ne va jamais pleinement retrouver la santé.

    Mythe médicamenteux

    D'autres éléments permettent de tirer des conclusions similaires. Ainsi, en 1987, la psychologue Courtenay Harding a rapporté que parmi les patients diagnostiqués "schizophrènes chroniques" sortis à la fin des années 1950 de l'Hôpital d'Etat du Vermont, un tiers avaient totalement récupéré. Ces patients avaient tous un point commun: tous avaient refusé les médicaments anti-psychotiques. Elle en a conclu que la croyance selon laquelle un schizophrène doit prendre ces médicaments pour le restant de ses jours est un "mythe".

    En 1994, des chercheurs de la "Harvard Medical School ont découvert que les perspectives de guérison des patients schizophrènes avaient, aux États-Unis, empiré durant les vingt dernières années, et qu'elles n'étaient pas meilleures qu'un siècle auparavant, quand la thérapie consistait entre autres à placer les patients dans des baignoires d'eau glacée pendant des heures. Et en 1998, des investigateurs de l'Université de Pennsylvanie ont rapporté que les médicaments anti-psychotiques provoquent un élargissement anormal dans une certaine zone du cerveau, ce qui aggrave les symptômes.

    Les succès du "Comprehensive Care"

    Ceci a conduit certains médecins européens à explorer les alternatives sans médicaments. En Finlande, des médecins traitent des patients nouvellement diagnostiqués comme "schizophrènes" par le "Comprehensive Care", basé sur le conseil, avec le concours d'assistants sociaux. Les médicaments ne sont utilisés qu'avec modération. Certains patients s'accommodent d'une dose faible, d'autres s'en passent. Les résultats sont prometteurs: une majorité de patients restent libres de symptômes psychotiques pour de longues périodes, et sont capables d'exercer un emploi.

    L'histoire de la rémission de John Nash est émouvante. Mais le film nous trompe lorsqu'il évoque le rôle des médicaments anti-psychotiques dans sa guérison. L'histoire de Nash devrait nous inciter à reconsidérer l'efficacité à long terme des anti-psychotiques, avec honnêteté et ouverture d'esprit. Ce serait un premier pas vers une réforme - et s'il y a une chose que nous pouvons conclure des études de l'OMS, c'est qu'une réforme est urgente. Peut-être pourrions nous même espérer que dans notre pays, les chances de guérison des schizophrènes soient un jour égales à ceux de l'Inde ou du Nigéria...

    Robert Whitaker est l'auteur de "Mad in America: Bad Science, Bad Medicine, and the Enduring Mistreatment of the Mentally Ill"


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