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Mal de dos pendant la grossesse : les douleurs lombopelviennes benignes

Publié par : rédaction Onmeda (11. avril 2017)

Focus sur les douleurs lombopelviennes bénignes :

Fréquence
Manifestations cliniques
Facteurs favorisants
Traitement
Évolution et pronostic
Conclusion

1.     Fréquence

Faute de définition précise du syndrome douloureux pelvien, les douleurs des articulations de la ceinture pelvienne ne sont pas toujours distinguées des douleurs lombaires basses. Si on additionne les douleurs de la ceinture pelvienne et les lombalgies (insérer lien hypertexte avec texte lombalgies en attente) basses, la fréquence est de 45 % pendant la grossesse et de 25 % après l’accouchement ; si seules les douleurs sévères (nécessitant une intervention médicale) sont considérées, la prévalence moyenne est alors respectivement de 25 et 5 %. Contrairement aux lombalgies, les douleurs postérieures et fessières apparaissent plus précocement et augmentent tout au long de la grossesse.

2.     Manifestations cliniques

Le nombre de femmes se plaignant de douleurs sacro-iliaques augmente significativement au cours de la grossesse. Les douleurs apparaissent vers la 18e semaine de grossesse et atteignent un pic entre la 24e et la 36e semaine. Elles sont généralement continues, ce qui les différencie des contractions utérines intermittentes, et leur intensité varie d'une simple gêne à la marche à une impotence sévère (qui toucherait 25 % des femmes).

Après l’accouchement, 7 % des femmes conservent une gêne sévère. Les douleurs siègent dans la fesse, irradient à la face postérieure des cuisses parfois jusqu'aux genoux, sans vraie sciatique. À ces douleurs postérieures s'associent des douleurs et des sensations de pesanteur pelvienne localisées en regard de la symphyse pubienne et de la région sus-pubienne. Les douleurs sont souvent liées à un mouvement, apparaissent à la marche ou en position allongée lors du changement de position. Elles peuvent gêner la marche, l'activité sexuelle, l'activité professionnelle, l'activité sportive et de loisir.

Un élargissement de la symphyse pubienne est observé au cours de la grossesse. Il est complet deux à trois mois avant l'accouchement et régresse dans les trois à cinq mois suivant. Les atteintes mineures qui peuvent gêner la marche sont fréquentes, les formes majeures entraînent une impotence fonctionnelle avec une marche « dandinante ».

Le syndrome douloureux pelvien est souvent plus handicapant que la lombalgie, à laquelle il peut s’associer ce qui majore son retentissement.

3.     Facteurs favorisants

Les facteurs favorisants individualisés sont le travail pénible, une douleur lombaire basse préexistante, des douleurs de la ceinture pelvienne et/ou des douleurs lombaires basses lors de grossesses antérieures.

4.     Traitement

Le repos et le paracétamol sont utiles pour soulager les douleurs. Rappelons que les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont formellement contre-indiqués à partir du 6è mois de grossesse (24 SA). Le port d'une contention non élastique lombaire et abdominale semble réduire les douleurs lors de la marche, sans comporter d'effet nocif pour le fœtus ou pour la mère. La position de la ceinture plus que sa tension serait efficace sur la laxité des articulations sacro-iliaques, en particulier lorsqu'elle est portée « haute » en dessous des épines iliaques antérosupérieures. La douleur peut parfois obliger à l’arrêt des activités professionnelles, seul moyen de pouvoir se reposer.

La rééducation, comportant des exercices spécifiques des muscles stabilisant la région lombopelvienne, parait plus efficace que des exercices d'étirement et de renforcement musculaire chez des femmes souffrant d'un syndrome de la ceinture pelvienne ayant débuté durant la grossesse ou en post-partum et persistant six à 16 semaines après l'accouchement. Elle diminue les douleurs, améliore le statut fonctionnel et la qualité de vie.

5.     Évolution et pronostic

Les douleurs pelviennes postérieures diminuent après l'accouchement et disparaissent dans les six mois suivant. Elles sont moins intenses et moins fréquentes que les lombalgies en post-partum.

 

Conclusion

Les phénomènes douloureux lombopelviens au cours de la grossesse sont fréquents, le plus souvent bénins et d'évolution favorable après l'accouchement ; ils peuvent dans certains cas être source d'incapacité, pendant et après la grossesse.

Au cours de la grossesse, les douleurs de la ceinture pelvienne sont plus fréquentes et plus intenses que les lombalgies. Elles sont généralement d'intensité modérée mais peuvent être invalidantes, obligeant à l’arrêt de travail.

Dans la plupart des cas elles sont de bon pronostic et disparaissent dans les mois suivant l'accouchement.

Les antalgiques, le port d'une contention non élastique, des exercices musculaires spécifiques des muscles stabilisants la région lombopelvienne en atténuent le retentissement.

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