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Accepter son corps durant la grossesse : la sophrologie peut aider !

Publié par : rédaction Onmeda (20. novembre 2017)

© iStock

La France est un pays très fécond, il faut compter 2 enfants par famille, ce qui est beaucoup pour un pays européen. On estime à 800 000 le nombre de naissances par an en France et parmi les jeunes mamans, 25 à 30 % bénéficient d’un accompagnement spécifique durant leur grossesse.

Ces futures mamans sont souvent en demande d’un espace d’expression pour révéler leurs inquiétudes et angoisses face à leur transformation physique et psychologique et tous ces changements qu’elles vont être amenées à vivre.

Donner la vie reste pour beaucoup d'entre elles, un événement de vie stressant comme cité dans « l’Echelle du stress de Holmes et Rahe » (the social readjusment rating scale)

En France, dans une grande majorité des maternités, on fait appel à la Sophrologie. La Sophrologie, technique psycho corporelle, douce et écologique, répond aux besoins de la future maman, notamment dans le cadre de l’accouchement sans douleur (ASD).

Il s’agit d’une technique complémentaire lorsqu'elle est souhaitée (cas de la péridurale) et non un substitut à la prise en charge médicale.

Casser les mythes sur l'accouchement

Les femmes enceintes sont souvent imprégnées d’idées préconçues ou légendes venant de leur éducation, de ce que les parents et l’entourage mais aussi les médias véhiculent autour d'elles. Mettre au monde est un acte naturel mais il est souvent entouré de craintes et de doutes lorsque l’on est une primipare (premier enfant).

La grossesse, tout comme l’accouchement, sont projetés comme des défis, des futurs moments d’angoisse, plongeant mère et conjoint dans un état émotionnel sans précédent.

Bien sûr, il convient aussi de préciser que cet état émotionnel est aussi alimenté par le bouleversement hormonal et les changements physiques vécus par la future maman.

Les différentes étapes, allant de la grossesse à l’accouchement puis le post partum, transforment le corps et les représentations de la future maman qui ne voit plus les choses sous le même angle.

Subissant des modifications extrêmes en un relatif court laps de temps, la future maman peut craindre d’investir complètement son nouveau rôle de mère et femme à venir.

Des craintes vécues dans la solitude, l'isolement et la culpabilité

Il s'agit bel et bien de changements brusques et profonds pour la future maman, mais qui ne sont pas toujours "entendus" par le corps médical qui n’accompagne pas le "vécu" de ces incertitudes, plutôt axé sur le suivi médical au cours de la grossesse et l’apprentissage et la préparation aux techniques d’accouchement.

Tout ceci plonge la future maman dans de grands questionnements quant à sa capacité de faire face à son parcours. Qu’elles soient en cours de grossesse, en post partum, ou en procréation médicalement assistée (PMA), les femmes enceintes connaissent différentes problématiques mais toujours avec le même constat : une grande inquiétude face à un défi auquel rien ne les avait préparées.

Accepter de renoncer à son corps de femme pour laisser place au corps d’une mère

Contrairement aux idées reçues, « être enceinte » ou avoir un corps de « femme enceinte » n’est pas toujours vécu comme un moment de "grâce" pour toutes les mamans. C’est même parfois une souffrance vécue dans la solitude, durant toute la grossesse et même après, si elle ne perd pas ses kilos !

Lorsqu’une femme enceinte franchit mon cabinet, je découvre bien souvent une femme fragilisée et pleine de doutes. Une femme qui fait face à de violents changements, physiques et psychologiques importants qui lui font perdre ses repères. Angoissée, elle affiche souvent des à priori et peut devenir hermétique aux autres "alternatives" qui peuvent lui être proposées.

Il n’est pas rare de constater en premier lieu que certaines femmes ne suivent pas rigoureusement les exercices et les consignes qui lui sont proposés en sophrologie. Mais ces comportements s’estompent dès que les premiers bienfaits se font sentir (baisse de l’anxiété, diminution des tensions etc).

L’autre constat, c’est aussi que l’appréhension de la grossesse est bien souvent héritée de la mère ou de la grand-mère, voire de toute la société qui l’entoure. Comportement alimenté en général par des croyances familiales limitantes ou des croyances sociétales et culturelles erronées (grossesse = maladie, enfanter = douleur, etc.)

La future maman projette alors des "situations catastrophes" avant même de les vivre, contribuant à rendre son quotidien difficile et toute projection de mieux être dans le futur, en conséquent, difficile.

Lâcher prise sur une vision restrictive de « son corps »

Durant la grossesse et en post partum, la future maman, présente une vision altérée de son corps du fait des différentes transformations vécues.

Bien entendu, toutes les femmes ne perçoivent par les changements du corps de la même manière, au même moment et avec la même intensité.
Certaines affichent fièrement leur ventre rond et leur poitrine généreuse, alors que d’autres angoissent de se voir changer, se sentent souvent dépossédées de leur propre corps et vivent les transformations comme une véritable perte d’identité.

Elles doivent à la fois faire le deuil de leur corps de jeune femme et accepter leur nouveau « corps vieillissant ». De plus, le manque de maîtrise de ces changements amplifie leur angoisse, car elles ne parviennent pas à contrôler leur image.

Mal à l’aise dans leur corps, elles n’osent pas parler de leur souffrance. Elles culpabilisent de ne pas vivre cette maternité comme « un moment de grâce » comme ce qui est généralement décrit par leur entourage et la société. Elles se sentent "superficielles et narcissiques" à un moment de leur vie où elles doivent uniquement penser à la santé du bébé et par conséquent, renoncer à leur propre image.

Fragilisées par les nombreux bouleversements vécus et le sentiment de mal être (parfois renforcé par les remarques ou taquineries de leur entourage et la société,compagnon, amis, famille), elles perdent de plus en plus confiance en elles.

Progressivement ces femmes finissent par rejeter leur image et développent une mésestime d’elles-mêmes. Selon une étude menée au CHU de Rouen, 1 femme sur 4 déclare mal vivre les transformations de son corps durant le 3e trimestre et la grande majorité d’entre elles déclarent ne pas en parler (Eve Marie Demarest. Un corps en métamorphose comment le vivent les femmes ?, 2010)

Recadrer les complexes et la mésestime de la femme enceinte

Le protocole d’accompagnement proposé en sophrologie sera axé sur la perception de la transformation corporelle : c'est un protocole d'amélioration du quotidien. Il permettra d’aider la future maman à changer son regard sur elle-même, car sa mauvaise estime de soi impacte son état de bien être dans la vie de tous les jours.

Ce protocole a pour but d’aider la femme à assumer facilement son corps. Elle doit donc apprendre à évacuer ses angoisses et changer son regard sur son corps. Elle doit accepter de regarder son miroir avec bienveillance, son corps sans jugements.

En images : 20 mythes sur la grossesse

Les apports de la sophrologie en périnatalité

La Sophrologie intervient en général dans la gestion de la douleur, des troubles physiques et psychologiques, mais à bien d’autres étapes aussi, dans le projet de maternité à construire, que ce soit une grossesse naturelle ou médicalement assistée. Cette méthode tient compte des perturbations physiques, psychiques et émotionnelles. Elle accompagne à toutes les étapes, que ce soit une grossesse naturelle ou médicalement assistée (grossesse pathologique ou PMA)

Cet accompagnement aide à construire la nouvelle identité de la future mère et permet d’acquérir un nouveau regard face à la responsabilité d’une vie à venir. La sophrologie permet de favoriser l’acceptation du nouveau corps, et forger de nouvelles valeurs autour de la parentalité et de la famille. Son apport et ses bénéfices sont importants pour aider à passer cette période cruciale.

Notabene : le champ d'action de la sophrologie en périnatalité est vaste

Pour l’accompagnement en périnatalité, la sophrologie intervient en maternité, clinique ou hôpital, associations ou centres maternels, en individuel ou en groupe. Elle intervient dès l’étape du désir de grossesse, à la grossesse et aux préparations mentales aux accouchements (voie basse ou césarienne). Elle suit les différents protocoles de la procréation médicalement assistée et aide à l’observance thérapeutique (en cas d’infertilité), au troubles liés au post partum et jusqu’au moment où l’enfant a deux ans.

La Sophrologie accompagne tous les troubles physiques, psychiques et émotionnels en rapport à la périnatalité dans toutes ces différentes étapes. Pour certaines problématiques, la Sophrologie intervient toutefois uniquement en collaboration avec le médecin, la sage femme et le psychologue. La Sophrologie est un soin de support, qui travaille sur le mental, le physique et l’émotionnel mais en aucun cas ne se substitue à la médecine ou au « travail » de préparation à l’accouchement, qui est du ressort de la sage femme ou du gynécologue obstétricien.

Article rédigé par Feriel Berraies, sophrologue certifiée RNCP spécialisée en périnatalité. Découvrez le profil complet de Feriel Berraies et prenez rendez-vous sur Therapeutesmagazine.com.

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