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Hypophyse : c'est quoi et à quoi ça sert ?

Publié par : rédaction Onmeda (12. juillet 2017)

© Shutterstock

L'hypophyse (parfois aussi appelée glande pituitaire) est une petite glande endocrine de la taille d’un pois qui se situe à la base du cerveau.

Elle existe sous sa forme typique chez tous les êtres vivants vertébrés. Chez l'être humain, l'hypophyse mesure environ 10 millimètres de diamètre et pèse moins d’un gramme chez l'adulte (parfois même légèrement plus petite chez la femme et les personnes âgées).

Elle repose dans une petite cavité située dans l'os sphénoïde, sous le chiasma optique (zone de croisement des nerfs optiques), appelée la selle turcique (car rappelle la forme de la selle des cavaliers turcs) et est suspendue à une autre structure juste au-dessus d’elle, l’hypothalamus, par la tige pituitaire.

L'hypophyse fait donc partie de ce qu'on appelle l'axe hypothalamo-hypophysaire.

L’hypophyse est formée de deux lobes :

  • L'antéhypophyse (adénohypophyse) en avant ;
  • La post-hypophyse (neurohypophyse) en arrière.

On peut également trouver entre l'antéhypophyse et la post-hypophyse, une troisième structure, l'hypophyse intermédiaire, seulement visible en période fœtale et jusqu'à l'âge de quinze ans environ.

Rôles et fonctionnement de l'hypophyse

L’hypophyse libère au total huit hormones qui contrôlent toutes les sécrétions hormonales de l’organisme, que ce soit directement ou en agissant sur d’autres glandes.

Par la nature de ses sécrétions hormonales, l’hypophyse joue un rôle essentiel dans le métabolisme, la croissance et la reproduction.

Cette fonction lui a valu de se faire appeler par les scientifiques « glande chef d’orchestre » du corps, on sait désormais que l'hypophyse est elle-même régulée par les neuro-hormones émises par l'hypothalamus.

L’hypophyse antérieure sécrète :

  • La GH (hormone de croissance) qui stimule la croissance des tissus et le métabolisme énergétique : hyperglycémiante, favorise la synthèse des protéines, et la dégradation des lipides (graisses) ;
  • L’ACTH (hormone corticotrope) qui agit sur les glandes surrénales pour stimuler la production de corticostéroïdes (cortisol, aldostérone, œstrogènes et testostérone) ;
  • La TSH, stimulant la glande thyroïde pour fabriquer les hormones thyroïdiennes (FT3, FT4)
  • La prolactine qui agit sur les glandes mammaires pour inciter la production de lait après accouchement. En dehors du contexte de la grossesse, elle est inhibée par l’hypothalamus.
  • La FSH (hormone folliculostimulante) et la LH (hormone lutéinisante) qui agissent sur les organes reproducteurs (testicules ou ovaires) et stimulent la sécrétion des hormones sexuelles. C’est au moment de la puberté que ces sécrétions sont les plus importantes favorisant la maturation des organes génitaux, et la croissance des adolescents.

La post-hypophyse

La post-hypophyse, est plutôt un lieu de stockage pour deux hormones fabriquées par l’hypothalamus :

  • L'ADH (ou vasopressine) hormone antidiurétique, qui contrôle le volume d'urine sécrétée par les reins ;
  • L’ocytocine qui provoque les contractions de l’utérus lors de l’accouchement et la production de lait (stimulées par la succion du sein maternel).

La zone intermédiaire de l'hypophyse sécrète la MSH (mélanostimuline) qui contrôle la pigmentation de la peau par la fabrication de mélanine.

La régulation de ces sécrétions et plus spécifiquement de la partie antérieure de cette glande, se font sur un mode dit de rétrocontrôle (feedback) par l'intermédiaire de l’hypothalamus. Autrement dit, la diminution ou l'augmentation de la quantité d'une hormone va agir en retour sur la fabrication par l'hypophyse de la stimuline qui correspond à l'organe intéressé.

Les maladies de l'hypophyse

Chaque lobe hypophysaire a une fonction différente. Son atteinte, provoquée par une tumeur, une infection, un traumatisme, entraînera des dysfonctionnements différents selon l'hormone mise en jeu.

Des dosages sanguins des différentes hormones permettent de suspecter une anomalie de sécrétion qui peut atteindre une, plusieurs ou toutes les lignées hormonales de l'hypophyse, ce qui est dans la majorité des cas dû à une tumeur bénigne appelée adénome (sécrétant ou non) ou craniopharyngiome.

L'exploration de l'hypophyse est possible par la réalisation d'une imagerie cérébrale, préférentiellement l’IRM, qui permet de mettre en évidence la présence d’un adénome, d’évaluer son étendue et surveiller son évolution ou sa résorption après traitement.

On parle de microadénome lorsqu’il mesure moins de 1 cm et de macroadénome lorsque l’adénome hypophysaire est supérieur à 1 cm, pouvant entraîner un défaut de sécrétion d’hormones, appelé hypopituitarisme (insuffisance de sécrétion).

On parle également de panhypopituitarisme quand le déficit concerne toutes les hormones produites par l'hypophyse.

Ces adénomes selon le type de cellules sécrétrices de l’antéhypophyse touchées n’ont pas la même fréquence de survenue :

  • Hypersécrétion de PRL (le plus fréquent) : absence de règles, troubles sexuels et parfois infertilité réversible.
  • Hypersécrétion de GH : dès l’enfance, elle peut entraîner le gigantisme (qui se traduit à l’âge adulte par une taille exceptionnellement grande).
    Si l’hypersécrétion commence à la fin de la croissance, elle peut provoquer l’acromégalie (hypertrophie des os et épaississement des tissus du visage, un changement de pointure ou un élargissement des mains, une hypersudation, douleurs articulaires et un diabète).
    A l’inverse, l’insuffisance en hormone de croissance provoque un nanisme hypophysaire chez l’enfant (les personnes atteintes présentent une taille qui ne dépasse souvent pas 1,2 m à l’âge adulte en l’absence de traitement par hormone de synthèse).
  • Hypersécrétion de LH et FSH : est souvent asymptomatique en revanche l’insuffisance entraîne une absence de puberté à l’adolescence et des troubles de la fécondité à l’âge adulte.
  • Hypersécrétion d’ACTH : hypersécrétion de glucocorticoïdes (cortisol) par la glande surrénale, ce qui peut provoquer la maladie de Cushing (obésité avec hypertension artérielle, vergetures larges et violacées brutales, et parfois un diabète).
    Au contraire, le manque en cortisol provoque une hypotension artérielle, des hypoglycémies et une fatigue intense.
  • Hypersécrétion de l’ADH : responsable du syndrome de sécrétion inappropriée d'hormone antidiurétique (SIADH) qui se caractérise par une baisse du taux de sodium dans le sang et une réduction du volume des urines.
  • Hyposécrétion de l’ADH : est à l’origine d’un diabète insipide qui se caractérise par une impossibilité des reins à concentrer les urines, entraînant une polyurie (émission d'une grande quantité d’eau dans les urines pouvant allé jusqu’à 6L/j) accompagnée d'une soif intense (polydipsie).
    Le traitement est possible par une hormone de synthèse. Cette forme de diabète n'a rien à voir avec les diabètes habituellement rencontrés, tels que les diabètes insulino-dépendants liés à une inefficacité de l'insuline.

Les traitements

En cas d’insuffisance, le traitement consiste, lorsque cela est possible, à supplémenter la/les hormone(s) manquante(s). Selon la taille de la tumeur et les complications d’une hypersécrétion, un traitement médical ou chirurgical par voie sphénoïdale (passant par le nez) peut être proposé. Une consultation avec un endocrinologue est nécessaire.

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Notes et sources

Auteur : Dr Iléana de LAMETH, Praticien Hospitalier en Endocrinologie, Diabétologie, Nutrition

Sources :

> SREndocrino : http://www.sfendocrino.org/article/391/item-220-ndash-adenome-hypophysaire
> http://www.chups.jussieu.fr/polys/endocrino/poly/POLY.Chp.21.html
> Neurosurg Clin N Am.2003 Jan;14(1):11-23. Pituitary anatomy and physiology. Amar AP et al. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12690976
> Neonatal Netw. 2000 Mar;19(2):9-17. The pituitary gland: embryology, physiology, and pathophysiology. Dorton AM et al. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11949004
> Acta Paediatr Suppl. 1997 Nov; 423:70-5. Pituitary hormones and immune function. Berczi. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9401545
> Minerva Endocrinol. 2004 Dec. Diagnosis and treatment of pituitary adenomas. Chanson P et al.



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