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Antibiotiques : Et si vous optiez pour des alternatives ?

Publié par : rédaction Onmeda (04. janvier 2018)

© iStock

“Les antibiotiques, c’est pas automatique”. Ce slogan a résonné en boucle dans les têtes de millions de Français durant des années. Pourtant, si la phrase est restée gravée dans les mémoires collectives, son application n’est pas aussi réussie. Pour preuve, dans son Panorama de la santé 2017, l’OCDE qui regroupe 35 pays a pointé du doigt l’utilisation d’antibiotiques en France.

La consommation d’antibiotiques dans l’Hexagone est supérieure de près de 50% à la moyenne des pays de l’organisation.

Résistance aux antibiotiques accrue et inefficacité de certains traitements, surconsommation de médicaments, développement de nouvelles bactéries plus résistantes : si les antibiotiques, à commencer par la pénicilline, ont grandement contribué à l’amélioration de notre niveau de vie et à l’augmentation de notre longévité, aujourd’hui, il convient plus que jamais de changer nos modes de consommation de ces médicaments.

Mais existent-il réellement des alternatives aux antibiotiques ? Quelles sont-elles et quels sont les risques à prendre et à ne pas prendre d’antibiotiques ?

Pourquoi utiliser des alternatives aux antibiotiques ?

En 2050, 10 millions de personnes mourront chaque année des suites d’une infection à bactéries résistantes aux antibiotiques. C’est ce qu’a révélé un rapport du gouvernement britannique dévoilé en mai 2016.

Depuis la pénicilline, les antibiotiques ont été vus comme le remède miracle pour lutter contre une maladie. Or, à force d’être prescrits et consommés, les antibiotiques n’ont pas profité à l’humain mais aux bactéries qu’ils ont renforcées. Si certaines sont devenues de plus en plus résistantes au fil des années, d’autres ont muté créant ainsi des bactéries difficiles à combattre et sur lesquelles les antibiotiques n’ont que peu d’effet.

Parallèlement à ce phénomène, l’homme s’est également fait plus résistant. Pas aux bactéries mais aux antibiotiques dont les formules ont dû être vues et revues pour être efficaces.

Résultat, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a tiré la sonnette d’alarme afin que tous, médecins, patients, Etats, changent leurs habitudes vis à vis des antibiotiques. S’il devient nécessaire que nous adoptions une attitude responsable, de nombreuses personnes préfèrent tourner le dos complètement aux antibiotiques pour se diriger vers des alternatives.

Quelles sont les alternatives aux antibiotiques ?

Depuis de nombreuses années, des scientifiques du monde entier sont à la recherche d’alternatives aux antibiotiques. Si de nombreuses études demeurent secrètes, échouent au moment des tests, certaines semblent prometteuses.

La phagothérapie

Parmi tous les travaux scientifiques réalisés jusqu’à présent, la phagothérapie est la plus aboutie et la plus prometteuse.

Elle consiste à utiliser des virus bactériophages (également appelés phages) qui viendront alors manger les bactéries responsables de la maladie.
Largement utilisée dans le monde avant la découverte des antibiotiques, la phagothérapie serait particulièrement efficace sur les bactéries multi résistantes. Toutefois, pour pouvoir être applicable, la phagothérapie nécessite un diagnostic précis de l’infection.

Actuellement, cette méthode est utilisée dans certains pays mais pas en France où elle est interdite, faute d’autorisation de mise sur le marché.

“Crispr-Cas9”

Très controversée, la Crispr-Cas9 est une méthode mise au point par la scientifique française Emmanuelle Charpentier et la scientifique américaine Jennifer Doudna. Elle consiste à agir directement dans les cellules immunitaires en remplaçant, modifiant, voire supprimant un ou plusieurs gènes.

Le premier essai clinique a eu lieu l’année dernière mais, avant toute mise sur le marché, la Food and Drugs Administration (FDA) devra donner son feu vert, et c’est loin d’être gagné. La raison ? Bien que révolutionnaire, la Crispr-Cas9 pose de sérieux problèmes éthiques et semble faire la part-belle à l’eugénisme.

Les remèdes de grand-mère

Huiles essentielles, superfood ou encore recettes miracles : applicables par tous, les remèdes de grand-mère et autres alternatives naturelles aux antibiotiques ont depuis quelques temps le vent en poupe.

Si certains de ces produits ont fait leur preuve, comme le curcuma, il n’en reste pas moins qu’ils sont à utiliser avec précaution.

La prévention

Le moyen le plus simple de ne pas consommer d’antibiotiques est d’éviter de tomber malade. Cela semble logique, pourtant, au quotidien, notre hygiène de vie n’est pas toujours adéquate pour prévenir l’apparition de maladies.

Pour éviter les maladies virales, la règle d’or est de se laver les mains régulièrement afin de ne pas être contaminé par les virus des autres. Sachez que l’hygiène est l’élément qui a permis aux hommes d’améliorer significativement leur espérance de vie.

Pour éviter le développement de maladies bactériennes, il convient d’adopter un mode de vie sain, en commençant par soigner son alimentation. Certains aliments comme l’ail, le chou ou le curcuma sont à glisser dans quelques uns de vos menus pour renforcer votre système immunitaire.

Enfin, on ne le dira jamais assez : l’alcool nuit gravement à la santé ! Fumer augmente les risques de développer de nombreuses maladies comme des bronchites, des angines ainsi que des cancers.

Quand utiliser des alternatives aux antibiotiques ?

Pour adopter des alternatives aux antibiotiques, la règle d’or est de consulter d’abord son médecin traitant pour obtenir un vrai diagnostic. On ne traite pas les symptômes, mais la maladie. Alors inutile de jouer aux apprentis docteurs.

Si votre maladie est virale : oubliez les antibiotiques qui ne peuvent rien pour vous et misez sur des produits naturels.

Si votre maladie est bactérienne : demandez conseil à votre médecin. S’il vous donne le feu vert pour utiliser des remèdes de grand-mère, vous pouvez utiliser des produits naturels... en veillant à rester attentif à vos symptômes !

Enfin, s’il vous reste des antibiotiques de vos précédentes maladies, ne les consommez pas et ne les jetez pas. Rapportez-les en pharmacie.

Quels sont les risques des alternatives aux antibiotiques ?

L’inefficacité

Malheureusement, certaines alternatives aux antibiotiques peuvent se révéler inefficaces chez certains patients. C’est parfois le cas des médicaments disponibles sans ordonnance mais aussi des remèdes de grand-mère.

Il convient de rester attentif à ses symptômes et de ne pas hésiter à consulter son médecin traitant si ces derniers s’aggravent ou que la maladie traine dans le temps.

L’aggravation de la maladie

Conséquence de l’inefficacité de certaines alternatives aux antibiotiques, certaines maladies peuvent s’aggraver et les symptômes empirer. C’est parfois le cas de la rhino-pharyngite qui peut dégénérer en bronchite.

Là encore, n’hésitez pas à consulter votre médecin traitant en cas de doute.

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Auteur : Dounia MALKI