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Automédication : Les do et les don’t pour se soigner soi-même

Publié par : rédaction Onmeda (12. décembre 2017)

© iStock

Résistance croissante aux antibiotiques, réticence à consommer des médicaments, crainte des effets secondaires ou encore envie d’alternatives naturelles : de plus en plus de personnes rechignent désormais à se rendre chez leur médecin traitant et optent pour l’automédication.

Mais, se soigner soi-même n’est pas toujours une bonne idée. Pour preuve, 60 millions de consommateurs a dressé une liste noire des médicaments à éviter et parmi eux figurent 62 traitements disponibles sans ordonnance. Alors, comment pratiquer l’automédication sans mettre en danger sa santé ?

Définition

L’automédication fait de plus en plus parler d’elle. Pourtant, le phénomène est loin d’être nouveau. En 1998, un groupe de travail de l’OMS a proposé une définition de l’automédication, expliquant qu’il s’agissait de « la sélection et de l’utilisation de médicaments par des personnes dans le but de traiter des maladies ou des symptômes reconnus. Dans le cadre de cette définition, le terme médicaments inclut également les plantes et autres produits traditionnels ».

En 2001, l’Ordre des Médecins a également proposé sa définition, qualifiant l’automédication d’« utilisation, hors prescription médicale, par des personnes pour elles-mêmes ou pour leurs proches et de leur propre initiative, de médicaments considérés comme tels et ayant reçu l’autorisation de mise sur le marché (AMM), avec la possibilité d’assistance et de conseils de la part des pharmaciens ».

Actuellement, on compte plus de 4000 médicaments vendus sans ordonnance et donc accessibles à qui veut se soigner par soi-même. Ce nombre important ne tient pas compte des huiles essentielles, produits à base de plantes et autres produits sacrés « remèdes de grand-mère ».

Quels sont les risques de l’automédication ?

Dans l’imaginaire collectif, si un produit est disponible sans ordonnance, c’est qu’il n’est pas nocif pour la santé ou que son dosage est suffisamment faible pour ne pas nécessiter un avis médical.

Dans la réalité, les choses fonctionnent différemment. Et oui, il existe des risques à se soigner par soi-même avec des produits et médicaments en libre service.

1) Les allergies médicamenteuses

A moins que votre pharmacien ne vous connaisse, vous et votre dossier médical, depuis longtemps, le risque d’allergie à un médicament sans ordonnance n’est pas à négliger. Les conséquences d’une allergie à un tel produit peuvent aller de la réaction cutanée (urticaire par exemple) à des symptômes plus graves comme un oedème du larynx, un oedème de Quinck ou encore un choc anaphylactique.

La solution

Si vous avez déjà fait une allergie à un médicament, rendez-vous chez votre médecin traitant. Lui seul pourra vous orienter vers le produit le plus adapté à votre cas.

Si vous n’avez jamais souffert d’allergie médicamenteuse, n’hésitez pas à en parler à votre pharmacien et à lui demander conseil !
Dans tous les cas, soyez attentifs aux symptômes que vous pourriez développer après la prise du médicament. Ce que vous considérez comme un effet secondaire inhérent au produit pourrait bien être le symptôme d’une allergie médicamenteuse.

2) Les produits non adaptés

Les médicaments sans ordonnance sont accessibles à tous... mais ne sont pas pour autant adaptés à tout le monde ! Par exemple, les personnes asthmatiques ne peuvent pas utiliser tous les sirops pour la toux disponibles. Certains sont fortement contre-indiqués en cas d’affections respiratoires.

De même, ne peuvent utiliser tous les médicaments en libre service les personnes souffrant de :

La solution

En cas d’affection légère, parlez en à votre pharmacien qui vous conseillera le produit le plus adapté pour traiter votre mal par vous-même sans mettre votre santé en péril.

Si votre affection est plus lourde, ne prenez pas de risques et rendez-vous chez votre médecin traitant !

3) L’inefficacité du traitement

Et oui ! Si l’on en croit les résultats de l’enquête menée par 60 millions de consommateurs, l’un des risques majeurs de l’automédication est l’inefficacité. Résultat ? Vos petits maux trainent et finissent parfois par empirer et dégénérer en maladie à traiter sérieusement.

La solution ?

Reconnaître quand un traitement ne fait pas effet et se rendre illico chez son médecin traitant !

4) Le mauvais diagnostic

Au cours d’une vie, on tombe souvent malade et on croit souvent, à tort, que l’on peut s’auto-diagnostiquer car on a de l’expérience. Erreur !
Sachez qu’une bronchite, par exemple, , débute par les mêmes symptômes qu’une rhino-pharyngite ou un rhume.

Propagation et aggravation de la maladie, renforcement des bactéries et/ou microbes responsables en prenant des médicaments non adaptés : un mauvais diagnostic peut être lourd de conséquence.

La solution ?

Ne jouez pas aux petits chimistes et autres docteurs Maboul !
Demandez conseil à votre pharmacien et n’hésitez pas à vous rendre chez votre médecin traitant en temps voulu.

5 conseils pour se soigner soi-même sans mettre sa santé en péril

L’automédication comporte des risques dont il faut parfaitement avoir conscience. Néanmoins, se soigner soi-même n’est pas forcément une mauvaise idée. Tout dépend naturellement de votre état de santé de base. Si vous êtes en parfait état de santé, voici quelques conseils pour vous soigner vous-même sans mettre votre vie en danger.

Conseil n°1 : Ne jouez pas aux petits chimistes

Une pharmacie n’est pas un supermarché ! La personne se tenant de l’autre côté du comptoir a suivi des études médicales et sait de quoi elle parle. N’hésitez donc pas à lui exposer vos symptômes et à lui demander conseil.

Conseil n°2 : Lisez les notices

Oui, elles sont compliquées à replier et remettre dans la boîte, mais ce n’est pas une raison excuse pour les ignorer : les notices des médicaments sont très importantes et vous devriez les lire !

En effet, les notices des médicaments stipulent en quel cas ce médicament peut être pris, pour quelles personnes il est adapté, pour quelles personnes il ne l’est pas, et surtout, il vous informe des effets secondaires nécessitant une consultation médicale urgente.

Peut-être aviez-vous omis de préciser à votre pharmacien que vous allaitiez, que vous étiez enceinte ou que vous étiez intolérant au lactose ?

Conseil n°3 : Respectez la posologie

En vous orientant vers un médicament, votre pharmacien va également vous expliquer quand et comment consommer le produit. Ecoutez-le attentivement, n’hésitez pas à prendre des notes sur la boîte du médicament et surtout respectez la posologie !

Conseil n°4 : Sachez quand consulter

Il est facile de se dire qu’une fois la boîte de médicament achetée, il ne reste plus qu’à attendre que le produit fasse effet. Si vos symptômes perdurent trop longtemps, s’ils empirent, si de nouveaux apparaissent ou en cas de doute, prenez rendez-vous avec votre médecin traitant. Mieux vaut s’alarmer pour rien que ne rien faire ! Rappelez-vous toujours qu’il s’agit de votre santé et donc de votre vie.

Conseil n°5 : Acceptez le fait que vous n’êtes ni pharmacien ni médecin

Vous avez un sirop pour la toux et l’un de vos proches tousse ? Résistez à la tentation de lui proposer votre médicament. Vous n’êtes ni médecin, ni pharmacien et vous pourriez bien, involontairement, lui nuire. Les médicaments, qu’ils soient disponibles avec ou sans ordonnance ne sont pas des bonbons !

Vous souhaitez réagir, apporter votre témoignage ou poser une question ? Rendez-vous dans nos FORUMS Médicaments ou Un médecin vous répond !

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Auteur : Dounia MALKI