Non, le cannabis ne nous rend pas plus créatifs : bien au contraire !

Publié par : rédaction Onmeda (11. octobre 2016)

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Il y a cette idée que le cannabis doperait la créativité. Que l'on serait plus détendu, et donc plus à même de "créer" après un bedo. Eh bien... Non. Le psychologue Mikael Kowal, de l'université de Leiden aux Pays-Bas, nous prouve le contraire dans l'étude qu'il a réalisée. Cette substance affaiblirait par ailleurs le quotient intellectuel et la faculté de reconnaître ses propres erreurs.

Le psychologue Mikael Kowal a entrepris une étude avec 40 personnes volontaires consommant régulièrement du cannabis et un groupe témoin de 20 sujets non-utilisateurs recevant uniquement des placebos.

L'objectif principal de cette étude était de déterminer les effets directs et à long terme du cannabis sur le circuit de la dopamine. La dopamine intervient, entre autres, dans les processus d'apprentissage et de création. La capacité à reconnaître ses propres erreurs lui est aussi attribuée.

Le cannabis rendrait moins créatif et moins intelligent

Le psychologue remarque que le cannabis fait baisser la production de dopamine sur les sujets testés. Il en résulte plusieurs effets négatifs :

  • Difficulté pour réfléchir
  • Baisse de la créativité
  • Difficulté à reconnaître ses propres erreurs

Une autre étude canadienne corrobore ces résultats en relevant une nette diminution du quotient intellectuel des jeunes consommateurs de marijuana. Un pronostic sombre qui serait aggravé par la précocité de la consommation. Plus le consommateur serait jeune, plus les séquelles seraient importantes. Par ailleurs, des prédispositions génétiques pourraient favoriser cette évolution. 

Des conclusions différentes selon les études

Certains chercheurs estiment que la consommation régulière de cannabis n’aurait pas obligatoirement un effet nocif sur la production de dopamine. Mikael Kowal suggère que l'âge auquel le cannabis est consommé serait un net facteur favorisant ce méfait. La variété des souches de cannabis et les différences individuelles des utilisateurs entrent aussi dans les éléments à prendre en compte, toujours selon le psychologue.

D'autres études portant sur un grand nombre de consommateurs demeurent indispensables, afin d'avancer dans la recherche des toxicomanies. Et de tordre le cou à de nombreux mythes exaltants les pouvoirs de ces drogues sur les facultés mentales !

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Auteur : Véronique Michelan

Source : E. A. Osuch et al. Depression, marijuana use and early-onset marijuana use conferred unique effects on neural connectivity and cognition. Acta Psychiatrica Scandinavica, 2016