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11 vaccins obligatoires dès 2018 pour les enfants de moins de deux ans

Publié par : rédaction Onmeda (27. septembre 2017)

© iStock

Annoncée au mois de juillet 2017 par la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, la décision de rendre obligatoire 8 vaccins supplémentaires jusqu’alors recommandés pour la petite enfance a suscité une vive polémique.

Cette loi dont l’entrée en vigueur est prévue au début de l’année 2018 étendra de 3 à 11, le nombre de vaccins obligatoire chez les moins de deux ans.

Quels sont ces vaccins et pourquoi les rendre obligatoires? Quelles sont les réticences des opposants à cette mesure ? Le point en quelques mots clés.

Les vaccins concernés

Actuellement trois vaccins sont obligatoires : ceux qui protègent contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP).

A compter de 2018, les nourrissons de moins de deux ans devront obligatoirement recevoir 8 autres vaccins qui n’étaient jusqu’à présent que recommandés.

Ils seront ainsi protégés contre :


Infographie : les 11 vaccins obligatoires en 2018

Pourquoi les rendre obligatoires ?

Pour les autorités de santé, la réponse est simple : la vaccination est un geste citoyen qui s’inscrit dans une démarche de santé publique.

En se vaccinant, on se protège individuellement contre une maladie infectieuse potentiellement grave, mais on protège aussi son entourage et en particulier les personnes les plus fragiles qui ne peuvent pas toujours bénéficier de cette protection individuelle.

C’est le cas des nouveau-nés, mais aussi parfois des personnes âgées, des femmes enceintes et des personnes malades ou immunodéprimées. Or, force est de constater que l’adhésion à la vaccination a connu des jours meilleurs.

Des complications évitables

L’OMS (Organisation mondiale de la santé) considère que pour atteindre une immunité de groupe et éviter les maladies, la couverture vaccinale doit être de 95%. Un taux atteint en France pour les trois maladies contre lesquelles le vaccin est obligatoire (diphtérie, tétanos, poliomyélite), mais qui reste très insuffisant pour les 8 autres vaccins cités plus haut, au point d’observer des résurgences de maladies qu’on espérait voir disparaitre.

La rougeole illustre bien le phénomène de relâchement vis-à-vis de la vaccination : moins de 50 cas déclarés en 2006 et 2007, puis 24 000 cas déclarés entre 2008 et 2016, dont plus de 1500 complications graves et 10 décès.

Avec cette extension de l’obligation vaccinale, le ministère de la santé entend lutter contre la réémergence de ces maladies et éviter des complications parfois gravissimes.

Les vaccins seront pris en charge à 100%, dont 65% par l’Assurance maladie et les 35% par les mutuelles, sur la base d’un « contrat responsable ».

En vidéo : comment agit un vaccin ?

Aujourd'hui, il est possible d'avoir des vaccins contre la rougeole, la rubéole, la coqueluche, l' hépatite B, la grippe, etc. Mais comment agit un vaccin ? Et comment protège-t-il contre les maladies infectieuses, et même certains cancers ?

Quels sont les arguments des opposants à la vaccination ?

L’augmentation du nombre d’injections

En pratique, cette extension de la vaccination obligatoire à 11 vaccins représente 10 injections pour les enfants, étalées sur deux ans. Une nouveauté ? Pas vraiment : 70% des enfants reçoivent déjà ces 10 injections et 80% d’entre en ont 8.

Les adjuvants comme le sel d’aluminium sont pointés du doigt

Pour la majorité des vaccins inactivés (ne comportant pas de microbe vivant), il est indispensable d’ajouter des adjuvants pour permettre une réponse immunitaire suffisante.

Très pointé du doigt, le sel d’aluminium utilisé comme principal adjuvant dans ces vaccins est soupçonné par certaines associations et équipes de chercheurs d’avoir des effets neurotoxiques et d’être à l’origine de maladies comme la myofasciite à macrophages.

Les résultats d’un travail mené par des chercheurs français ont récemment ravivé le débat, suggérant la possibilité d’une prédisposition génétique qui rendrait certaines personnes plus fragiles que d’autres vis-à-vis de l’aluminium.

Face à cette controverse, l’agence du médicament (Ansm) rappelle que les vaccins à l’aluminium sont utilisés depuis plus d’un siècle et ont été administrés à plusieurs centaines de millions de personnes. L’ensemble des données rassemblées sur l’aluminium dans les vaccins ne remet pas en cause, selon l’Ansm leur balance bénéfice/risque qui reste donc très favorable. Affaire à suivre…

L'essentiel sur les maladies infantiles

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Notes et sources

Auteur :  Charlotte Delloye

Sources : 

- Etat des lieux de la couverture vaccinale en France. Ministère des solidarités et la santé.
- Communiqué de presse du ministère des Solidarités et de la Santé. 5 juillet 2017 ;
- Epidémie de rougeole en France. Actualisation des données de surveillance au 3 août 2017. Invs/Santé publique France.
- Les vaccins contenant de l’aluminium sont sûrs. Communiqué de l’Ansm. 22/09/201