publicité

publicité

Arthrose lombaire : les traitements

Publié par : rédaction Onmeda (17. janvier 2017)

Comme pour ses autres localisations, l’arthrose lombaire répond habituellement bien aux traitements médicaux.

Il faut être vigilant et débuter les traitements sans attendre que la douleur soit permanente, car, à ce stade, le traitement sera plus difficile.

Les traitements non médicamenteux

L’activité physique régulière est une excellente façon à la fois de traiter mais aussi de prévenir le mal de dos. Le repos a généralement un rôle néfaste sur la guérison, et l’on préconise de poursuivre ses activités quotidiennes autant que faire se peut. Le sport doit rester un plaisir et ce n’est pas au médecin de choisir pour vous ! Il est préférable de s’orienter vers la marche (sans courir), le golf, le cyclisme, la natation, la plongée.

Pour la marche, des chaussures avec une semelle en sorbatane sont utiles pour diminuer les impacts. Le bon sens commande d’adapter son activité en fonction d’une éventuelle gêne ressentie lors de la pratique. Il faut trouver le juste milieu entre ne rien faire, qui aboutit immanquablement à une faiblesse musculaire nocive, et forcer au risque d’accentuer les douleurs.

Dans l’arthrose lombaire, il faut éviter le port de charges lourdes répétées. Ceci peut impliquer un changement de poste de travail.

Perdre du poids permet souvent de voir les symptômes diminuer même si l’efficacité de la perte de poids est moins bien établie pour l’arthrose lombaire que pour l'arthrose du genou. Il n’y a pas à l’heure actuelle d’arguments pour recommander la prise de vitamines ou d’oligo-éléments pour prévenir la survenue d’une arthrose ou la combattre. Le mieux est d’avoir une alimentation équilibrée si le poids est normal, ou de faire un régime hypocalorique si une perte de poids est souhaitable.

La ceinture de soutien lombaire voire un corset sur mesure peuvent parfois être indiqués. Contrairement à une idée reçue, on ne se démuscle pas avec une ceinture lombaire. Cependant, l’idéal est de renforcer sa musculature, à la fois vertébrale et abdominale, pour limiter l’évolution. Pour les patients âgés et fragiles chez qui les possibilités médicamenteuses sont parfois réduite, le corset sur mesure peut permettre un bon effet sur les douleurs. Une bonne collaboration avec l’orthésiste (qui réalise le corset) est indispensable pour que le corset soit bien adapté et donc porté.

La rééducation joue un rôle important dans la prise en charge médicale. Elle poursuit différents buts : réduire les contraintes articulaires ; conserver la mobilité articulaire ; favoriser le renforcement musculaire. Différentes techniques sont utilisées :

  • Les moyens antalgiques (massages sédatifs, chaleur et/ou froid, électrothérapie, ionisations) : les massages n’ont pas d’effet durable, et les techniques de physiothérapie n’ont pas fait la preuve d’une efficacité supérieure à celle d’un placebo. Il ne faut donc pas les utiliser seules.
  • La gymnastique isométrique et isotonique : afin d’entretenir l’amplitude des mouvements, lutter contre les déformations et entretenir la musculature ;
  • La balnéothérapie : elle permet cette même gymnastique en réduisant les effets de la pesanteur et peut être utile.

Il est nécessaire de faire un entretien physique régulier. En d’autres termes, il faut mettre soi-même en application ce que l’on a appris chez le kinésithérapeute. Toutes les études montrent en effet que le bénéfice, réel, obtenu par la rééducation, s’estompe si les exercices sont arrêtés.

En vidéo : des exercices pour muscler le dos

Suivez les conseils de notre coach qui vous montre des exercices pour muscler le dos. Bon à savoir : en plus de pratiquer des exercices pour muscler le dos, il est aussi très important de renforcer ses muscles abdominaux.

Les traitements médicamenteux

Il n’existe actuellement pas de traitements susceptibles de prévenir ou de guérir l’arthrose. Le but des traitements est de soulager la douleur, de réduire la raideur, d'améliorer la mobilité. Un traitement bien suivi permettra de réduire le handicap, de préserver la capacité fonctionnelle, d'accroître la qualité de vie et de réduire le retentissement psychoaffectif, le tout sans trop d’effets indésirables. On peut considérer à l'heure actuelle qu'il existe deux catégories de médicaments:

  • Les traitements symptomatiques

Ces traitements repose sur le soulagement des symptômes de l'arthrose lombaire, et donc sur le traitement de la douleur et de l'inflammation.

Les antidouleurs non anti-inflammatoires sont souvent le premier choix, en particulier leur chef de file, le paracétamol (Doliprane, Dafalgan, Efferalgan …). Des associations comprenant du paracétamol et un dérivé morphinique faible sont utilisables, mais leur tolérance est un peu moins bonne (Ixprim, Efferalgan Codéiné, Lamaline …).

On recommande d’utiliser les antalgiques en commençant par le niveau le plus faible (palier 1 de l’Organisation Mondiale de la Santé) ; en cas d’insuffisance d’action (c’est-à-dire qu’il n’y a pas de soulagement malgré la prise du médicament à pleine dose), on passe alors au palier 2 (morphiniques faibles, éventuellement associés au paracétamol), puis au palier 3 (morphine). Il est clair que la morphine n’est pas d’utilisation courante dans les douleurs liées à l’arthrose lombaire, mais c’est parfois un traitement justifié.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont efficaces contre l'inflammation, mais leur tolérance est moins bonne : pour l’estomac bien sûr, avec risque d’ulcère, de perforation ou d’hémorragie digestive, mais aussi pour les reins et pour le cœur, où ils peuvent causer ou aggraver une hypertension artérielle ou une insuffisance cardiaque. Compte tenu des risques auxquels ils exposent, surtout chez les personnes de plus de 65 ans, il est préférable de les réserver aux poussées douloureuses pour une durée la plus brève possible.

  • Les traitements antiarthrosiques d'action lente 

Les médicaments “antiarthrosiques d'action lente” se veulent de véritables traitements de fond de la maladie arthrosique. Ils ont en commun certaines caractéristiques : une activité anti-inflammatoire modérée, une action différée et rémanente à l'arrêt du produit, une bonne tolérance, notamment digestive.

Leur efficacité a cependant été jugée insuffisante par les autorités de santé et l’ensemble de la classe a été déremboursée en 2015.

En France, quatre molécules sont commercialisées : la diacérhéine (Art 50, Zondar 50), la chondroïdine sulfate (Structum, Chondrosulf), les insaponifiables d’avocat et de soja (Piasclédine), la glucosamine. On ne peut évaluer leur efficacité qu’après quelques semaines d’utilisation. Ils ont surtout été évalués dans l’arthrose de la hanche ou du genou avec une efficacité modérée mais réelle. Leur utilisation expose à peu d’effets indésirables et peut permettre d’améliorer les symptômes, avec une évaluation d’un éventuel bénéfice après deux à trois mois. Il n’y a pas d’étude permettant de privilégier une molécule plutôt qu’une autre.

Les infiltrations 

Les infiltrations de corticoïdes s’utilisent dans l’arthrose lombaire plutôt en deuxième intention. En nombre limité (2 à 4 injections par an), aucun danger de détérioration secondaire n'a été établi.

Les infiltrations de corticoïdes sont un traitement du symptôme, c’est-à-dire qu’elles ne modifient pas le cours évolutif de la maladie.

Elles peuvent apporter un soulagement transitoire, en particulier lors des poussées. Les infections après infiltrations sont exceptionnelles : de l’ordre de 1 cas pour 50 000 infiltrations. Les infiltrations ne sont pas la panacée, mais font partie de l’arsenal thérapeutique. Utilisées à bon escient, ces traitements peuvent permettre de passer un cap difficile en particulier dans les symptômes de canal lombaire rétréci. Elles peuvent être réalisées au cabinet du médecin, ou sous contrôle radiographique ou scannographique ce qui assure une administration plus précise.

La chirurgie

Le chirurgien est parfois le dernier recours. Par-delà les cas particuliers, on peut édicter une règle simple : ne pas opérer tant que les traitements médicaux n'ont pas été tous essayés, aux bonnes posologies, suffisamment longtemps. Dans l’arthrose lombaire, la demande est fonction de la gêne ressentie par le malade, ce qui introduit une forte composante de subjectivité. La douleur, la perte de mobilité, le handicap fonctionnel, le périmètre de marche doivent être évalués. Les habitudes et la demande sont également fonction de l’âge, de la profession, des activités sportives et de loisirs.... Il est nécessaire de réintégrer la pathologie dans un contexte général et d'évaluer sa responsabilité par rapport à d'autres pathologies associées. Lorsque l'indication opératoire est posée, on évalue avec l'équipe anesthésique les possibilités d'intervention chirurgicale.

La chirurgie du rachis lombaire expose au risque de lombalgie, raison pour laquelle en général on opère lorsque l’arthrose lombaire affecte la capacité à la marche.

En effet, la chirurgie du canal lombaire rétréci donne de bon résultats sur les sciatiques et la difficulté à la marche. C’est une chirurgie plus lourde que celle de la hernie discale, car elle comprend une intervention souvent sur plusieurs étages de la colonne vertébrale et elle s’adresse à une population plus âgée. C’est pourquoi il faut savoir la proposer sans attendre trop si le traitement médical n’est pas assez efficace. Les chirugiens du rachis peuvent être neurochirurgiens ou chirurgiens orthopédistes.

Vous souhaitez réagir, partager votre expérience ou poser une question ? Rendez-vous dans nos FORUMS Arthrose & Rhumatisme , Dos ou Un médecin vous répond !

A lire aussi :

> Une cure santé pour le dos ?
> Polyarthrite rhumatoïde du genou (VIDEO)
>
Le nerf sciatique : c'est quoi au juste ?