Grossesse et diabète gestationnel : les causes

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (03. janvier 2018)

Les causes du diabète gestationnel sont multiples et assez complexes

Durant les 2e et 3e trimestres de la grossesse, les besoins en insuline de la femme enceinte sont de 2 à 3 fois plus importants qu'en temps normal.

Cela s'expliquerait par l'augmentation progressive, durant la grossesse, de la production d'hormones « anti-insuline » (par exemple, les hormones placentaires, le cortisol et les hormones de croissance), qui réduisent les effets de l'insuline sur l'organisme. Elles sont essentielles au bon déroulement d'une grossesse, donc à la santé du fœtus et de la mère.

Pour compenser cette résistance à l'insuline, le corps stimule le pancréas pour produire davantage d’insuline. Cependant, chez certaines femmes le pancréas a des difficultés à produire ce surplus, s'installe alors un taux de sucre trop élevé dans le sang : l'hyperglycémie.

Les symptômes

Contrairement à un diabète installé (diabète de type 1 ou diabète de type 2), le diabète gestationnel est souvent asymptomatique et passe généralement complètement inaperçu.

Parfois, en cas de diabète gestationnel sévère il peut se manifester par des symptômes comme :

  • Augmentation de la soif,
  • Augmentation de la miction,
  • Augmentation de l’appétit,
  • Vision trouble.
Cependant, la grossesse peut elle-même être la cause de ces symptômes et sensations et cela ne signifie donc pas toujours qu’il existe un DG ; il est donc important d’en discuter avec le médecin qui suit la grossesse.

Le diagnostic

Le dépistage du diabète gestationnel (DG) est proposé pour les femmes qui présentent l'un des facteurs de risques suivants :

  • surpoids ou obésité (Indice de Masse Corporelle > 25 kg/m2),
  • âge > 35 ans,
  • antécédents familiaux de diabète au 1er degré (parents, frères et soeurs),
  • antécédent personnel de diabète gestationnel lors d’une précédente grossesse ou d'un bébé de poids supérieur à 4 kg (dit « macrosome »).

Chez les femmes à risque, il est donc recommandé de réaliser une glycémie à jeun au laboratoire après 12 heures de jeûne, avant la grossesse ou au cours de la première consultation prénatale lorsque la grossesse est programmée.

  • Avant la grossesse, cet examen est destiné à dépister un diabète de type 2 préexistant qui est révélé si la glycémie est > 1,26 g/l.
  • En cas de grossesse débutée, il existe un diabète gestationnel si la glycémie est > 0,92 g/l.

Si tout est normal, un deuxième test sanguin sera effectué entre les 24ème et 28ème semaines d'aménorrhée (2ème trimestre de grossesse). On effectue cette fois-ci une hyperglycémie provoquée (« HGPO ») au laboratoire : prise de sang réalisée à jeun, puis 1h et 2h après une prise de 75 g de glucose. Les valeurs diagnostiques d'un diabète gestationnel sont respectivement : à jeun> 0,92 g/l, 1h>1,80 g/l et 2h> 1,53 g/l.

Ce test peut être proposé « en rattrapage », à 32-34 semaines d'aménorrhée, chez les femmes qui ne sont pas à risque, mais chez lesquelles on détecte des anomalies à la 3ème échographie comme un hydramnios (liquide amniotique en excès) ou une macrosomie (poids du fœtus > 97ème percentile).

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