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La maladie des os de verre

Publié par : rédaction Onmeda (27. novembre 2017)

© iStock

L’ostéogenèse imparfaite, ou la maladie des os de verre, est aussi connue sous les noms de « maladie de Lobstein », « maladie de Porak et Durante », ou encore « ostéopsathyrose ». Il s’agit d’une pathologie rendant les os extrêmement fragiles.

Cette maladie orpheline, qui concerne 50 à 60 naissances par an, ne se guérit pas, mais les progrès des dernières années en médecine ont beaucoup apporté aux patients qui peuvent accéder à une qualité de vie bien meilleure.

Le squelette, constitué par des os, est la charpente qui fait tenir le corps. La fabrication des os, nommée ostéogenèse, se fait à partir, entre autres, d’ostéoblastes. C’est parce qu’elle ne se fait pas de façon harmonieuse et que les os ne peuvent remplir leur fonction qui est de supporter le corps, car ils sont trop fragiles, qu’on parle d’ostéogenèse imparfaite.

Un survol rapide de la fabrication du collagène s’impose pour bien comprendre la façon dont se manifeste la maladie des os de verre.

Les ostéoblastes sont les cellules qui fabriquent les protéines de collagène précisément utilisées dans la fabrication des os. Dans le noyau des cellules il y a les chromosomes qui sont assemblés par paires et qui portent le même type de gène aux mêmes sites. On connaît donc les gènes qui fabriquent le collagène : COL1A1 et COL1A2, placés à des endroits spécifiques des chromosomes 17 et 7.

Une première classification de l’ostéogenèse imparfaite a été faite par un médecin Australien (du nom de Sillence). Elle comporte quatre sous-types, basés sur des critères génétiques et cliniques. Depuis une dizaine d’années, avec les progrès faits en médecine et en génétique, on comprend un peu mieux les bases moléculaires de la maladie, qui comporte des subtilités différentes, ce qui a justifié le passage à huit sous-groupes.

La maladie présente des symptômes similaires pour tous les types mais à des degrés différents de gravité, qui vont de modérés à sévères jusqu’au décès peu après la naissance.

Voici les huit sous-groupes de l'ostéogénèse imparfaite :

  • Type I : forme la moins sévère
  • Type II : mortelle à la naissance en raison des complications
  • Type III : sévère accompagnée de malformations
  • Type IV : Déformations modérées
  • Type V : Déformations modérées
  • Type VI : déformations modérées à sévères
  • Type VII : Déformations modérées
  • Type VIII : Déformations sévères - Mortelle

Les causes

Dans la majorité des cas, il s’agit d’une anomalie de cette protéine qu’est le collagène qui n’a pas une structure normale et qui ne peut donc pas donner lieu à des os de bonne qualité.

Le collagène est codé par les gènes des chromosomes 17 et 7. Dans la maladie des os de verre, ces gènes ont été mutés et codent donc pour une molécule qui n’a pas la bonne structure. C’est comme si on changeait quelques lettres dans un mot, qui n’aurait alors plus du tout la même signification. C’est ce qu’on appelle une maladie génétique.

Dans ce cas précis, les gènes impliqués ne sont pas sur les chromosomes sexuels (X ou Y) mais sur les chromosomes dits autosomes (les autres).

La maladie des os de verre concerne donc aussi bien les hommes que les femmes.

On dit qu’il s’agit d’une maladie autosomique dominante, ce qui signifie qu’il suffit qu’un seul des gènes soit atteint pour que la maladie se déclare et qu’elle soit transmise à la génération suivante.

Bien que rarement, on observe pourtant des personnes atteintes de la maladie des os de verre sans que leurs parents le soient. Des examens poussés révèlent la présence :

  • soit d’une mutation génétique spontanée, c’est à dire qui est intervenue seulement à cette génération,
  • soit d’une anomalie d’autres gènes situés sur d’autres chromosomes que les 17 et 7 vus précédemment.

Si ces autres gènes sont récessifs, ils ne s’exprimeront que s’ils sont sur les deux chromosomes de la même paire. Dans ces cas, un enfant qui développe la maladie doit avoir les deux parents porteurs chacun d’un chromosome malade. C’est aussi pour cette même raison qu’il y a aussi des parents malades qui ont des enfants qui ne sont pas atteints.

Les symptômes

Les symptômes de la maladie des os de verre sont annoncés par le nom même de la maladie. Il s’agit d’os d’une fragilité extrême, comme l’est le verre. Ce qui implique des fractures au moindre choc.

Dans les cas sévères de la maladie, la personne peut se briser les os simplement en sautant de son lit par exemple.

D’ailleurs les faits divers regorgent de cas de parents considérés maltraitants, parce qu’ayant un enfant enclin à des fractures à répétition, avant que la pose d’un diagnostic médical ne révèle la pathologie.

Cette fragilité osseuse est accompagnée de douleurs chroniques qui sont modérées à sévères selon le degré d’atteinte osseuse. Par contre, la guérison de l’os cassé ne prendra pas plus de temps que chez une personne aux os sains.

Les personnes malades ont aussi des retards de croissance, dus entre autres aux abondantes fractures. Cela aboutit à des adultes de petite taille.

Dans certaines formes de la maladie, des malformations du squelette peuvent altérer la cage thoracique ou les vertèbres.

Le collagène, qui est impliqué dans la synthèse des os, entre aussi dans la composition des tissus conjonctifs, notamment celui de la peau, des ligaments et des dents :

  • C’est ainsi que les personnes atteintes de l’ostéogenèse imparfaite ont souvent le blanc de l’œil coloré en bleu ou en gris, la peau est fine et transparente et ils sont sujet à des hématomes répétés.
  • Les ligaments sont eux aussi touchés, donnant lieu à une hyperlaxité.
  • La fragilité de la dentition est révélée par leur structure transparente.

La surdité, légère à modérée, est aussi un symptôme qui accompagne la maladie des os de verre.

Enfin il est important de savoir que l’ostéogenèse imparfaite ne touche absolument pas les facultés intellectuelles, comme l’a prouvé le talentueux pianiste Michel Petrucciani.

Le cinéma fait aussi mention de cette maladie, notamment dans le film Incassable, mais aussi plus géographiquement près de nous avec l’homme de verre dans Amélie Poulain.

A voir : les fracture complètes et incomplètes expliquées en vidéo

Parfois, une pression trop élevée est appliquée sur un os, entraînant ce que l'on connaît sous le nom de facture. Les fractures sont souvent différenciées selon qu'elles sont complètes ou incomplètes

Les traitements

La maladie des os de verre ne connaît pas encore de traitement curatif. Comme toutes les maladies génétiques, une partie de la recherche est concentrée sur la thérapie génique avec pour but ultime, la correction des gènes malades.

Les soins les plus classiques portent sur la réduction des fractures nombreuses chez les gens souffrant de cette pathologie.

Actuellement, l’accent est particulièrement mis sur une prise en charge multidisciplinaire des patients. À commencer par tout ce qui peut apporter de l’autonomie et une qualité de vie plus agréable. Les traitements sont adaptés aux personnes car leur efficacité est dépendante de chaque cas.

Au niveau pharmaceutique, une supplémentation en vitamine D et en calcium peut être proposée.

Depuis quelques années une classe de médicaments est utilisée avec précaution. Il s’agit des biphosphonates qui sont des molécules bloquant l’activité des ostéoclastes, les cellules impliquées dans le renouvellement osseux.

La douleur omniprésente est traitée par des antalgiques dont le choix se fera avec le médecin traitant.

En parallèle, la rééducation occupe une place importante au sein du quotidien des personnes atteintes d’ostéogenèse imparfaite. Non seulement elle aide à contrôler la douleur, mais elle renforce la musculature et les articulations.

Parfois une prise en charge chirurgicale s’avère nécessaire.

Une bonne hygiène de vie s’impose, notamment en ce qui concerne les dents qui manquent de solidité. Il est possible de proposer une supplémentation par fluor et des implants.

Bien entendu, l’entourage doit être engagé pour apporter le maximum d’autonomie à la personne atteinte de la pathologie des os de verre.

A voir : Les fractures ouvertes et fermées (VIDEO)

Parfois, une pression trop élevée est appliquée sur un os, entraînant ce que l'on connaît sous le nom de facture. Les fractures sont souvent différenciées selon qu'elles sont ouvertes ou fermées.

Pour en savoir plus sur les fractures :

> Fracture du poignet
> Fracture de la clavicule
> Fracture du coccyx
> Fracture de fatigue
> Fracture du nez

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Sources et notes

Auteur : Ladane Azernour Bonnefoy

Sources :

Challenges of fractures management for adults with osteogenesis imperfecta – Joseph A. Gil, MD; Steven F. DeFroda, MD; Kunal Sindhu, BS;
Aristides I. Cruz Jr, MD; Alan H. Daniels, MD – Orthopedics 2017

Orphanet
Dictionnaire des termes médicaux (Garnier Delamare)