Mélanome malin : comment le reconnaître ?

Publié par : rédaction Onmeda (25. janvier 2018)

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Le mélanome malin est un cancer de la peau. Son développement se fait à partir des mélanocytes qui sont les cellules de l’épiderme (couche superficielle de la peau) qui produisent le pigment (mélanine).

Sous l’influence de facteurs externes (coups de soleil essentiellement), et chez des sujets prédisposés génétiquement, ces cellules se mettent à proliférer de façon anormale. Elles créent un syndrome tumoral malin (mélanome malin) qui peut, dans les cas les plus graves, s’étendre aux ganglions et aux autres organes du corps (métastases).

Les causes

Le principal facteur de risque reconnu du mélanome malin est l’exposition solaire, en particulier les expositions irrégulières (vacances) et les coups de soleil. Il est donc recommandé de se protéger du soleil et de ne pas s’exposer de manière excessive.

Les autres facteurs de risque sont :

  • le nombre élevé de grains de beauté (ou nævi : regroupement de mélanocytes normaux), surtout s’ils sont de grande taille et irréguliers.
  • le fait d’avoir une peau claire avec cheveux ou poils roux ou blond vénitien et des taches de rousseur.
  • la présence d’un mélanome chez un membre de la famille au premier degré (parents, enfants et/ ou frères et sœurs). Il existe des gènes de prédisposition génétique au mélanome dans certaines familles.
  • le fait d’avoir déjà fait un mélanome.

Depuis plusieurs décennies, la survenue de nouveaux cas de mélanome augmente rapidement en particulier dans les pays occidentaux, certainement en raison des nouvelles habitudes de bronzage, mode, cabines UV, voyages en zones tropicales…

Dans la majorité des cas (70%), les mélanomes apparaissent sur une peau sans grain de beauté préexistant.

Plus rarement, il existe des mélanomes qui se développent sur des zones non exposées au soleil (les paumes, les plantes, la bouches, les parties génitales, le tube digestif), les causes de survenue sont alors plus complexes et mal élucidées.

Les symptômes

Au stade initial limité à la peau, le mélanome n’entraîne pas de symptôme particulier. Il s’agit d’une lésion sur la peau qui est le plus souvent pigmentée, brune ou noire, mais qui peut également être rosée ou blanche (mélanome achromique).

Le mélanome peut se développer sur un grain de beauté existant (naevus) et connu qui se transforme, ou bien sur la peau saine qui ne présentait pas de grains de beauté auparavant. Cette lésion peut augmenter de taille et saigner.

La majorité des mélanomes sont reconnus par les patients eux-mêmes, c’est pour cela que l’on insiste dans les campagnes de santé publiques sur l’importance des critères devant alerter et amener à consulter :

Règles ABCDE :
Asymétrie - Bords irréguliers - Couleur inhomogène - Diamètre de plus de 6mm - Evolutivité

Cependant les lésions de petite taille, débutantes, peuvent être reconnues par l’examen de dépistage chez le dermatologue à l’aide de critères cliniques et d’une loupe spécifique appelée dermatoscope. Cet examen de dépistage est indiqué chez les sujets ayant des facteurs de risque de mélanome malin et peut être répété plus ou moins régulièrement en fonction du nombre de grains de beauté et de leur aspect.

ABCDE : Grains de beauté, les signes qui doivent alerter © iStock

A un stade plus évolué, le mélanome peut entraîner des tumeurs à distance avec syndromes de masse au niveau des ganglions de drainage. On parle alors de maladie loco-regionale.

A un stade encore plus avancé, la maladie peut atteindre les autres ganglions du corps et les organes internes. On assiste alors à une maladie métastatique qui peut entraîner différents symptômes et déficiences :

Le pronostic vital est alors engagé et le décès peut survenir en quelques mois si la maladie est agressive.

Le mélanome en images

Les traitements

Lorsque l’on retire un mélanome, l’examen au microscopie (ou histologie) va permettre à la fois de confirmer le diagnostic et de mesurer son épaisseur dans la peau (indice de Breslow).

On recherchera aussi l’existence de ganglion à la palpation ou à l’aide de l’échographie si l’épaisseur est importante.

Un cas de maladie localisée, le traitement est chirurgical et consiste en la réalisation d’une marge de sécurité autour de la cicatrice du mélanome malin retiré : de 0,5 à 2cm en fonction de son épaisseur.

On pourra également retirer les ganglions de drainage (ganglion dans l'aisselle pour le bras, ganglion dans l'aine pour la cuisse…) si l’épaisseur est importante et que l’analyse du premier ganglion de la chaîne de drainage a retrouvé des cellules malignes.

Ce traitement peut suffire à guérir les patients dans les tumeurs localisées. Une surveillance tous les 6 mois, puis tous les ans à vie sera alors indispensable. Il faudra aussi se protéger du soleil.

Lorsque l’épaisseur est importante et/ou que les ganglions sont atteints on peut rajouter un traitement en injection de plusieurs mois appelé « interféron » pour aider l’organisme à lutter contre la tumeur et éviter les récidives.

Si la chirurgie n’est pas possible ou que le mélanome malin est disséminé et a produit des métastases dans les autres organes, on aura - en fonction des cas – recours à :

  • une immunothérapie (traitement injectable qui stimule les défenses immunitaires du patient contre la tumeur.
  • un traitement ciblé contre les mutations présentes dans la tumeur, sous réserve que l’on retrouve cette mutation dans le mélanome du patient à l’analyse histologique.
  • une chimiothérapie classique.

Les deux premières alternatives de découverte récente ont révolutionné la prise en charge des mélanomes aux stades avancés, mais au prix d’effets secondaires importants.

Les traitements sont discutés au cas par cas en fonction de la situation de chaque malade en réunions de concertation pluridisciplinaires.

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Sources et notes

Auteur : Dr Anne ISVY-JOUBERT, dermatologue

Sources :

- http://dermato-info.fr/article/Cancers_de_la_peau_les_melanomes
- Vennepureddy A et al. Novel Drugs and Combination Therapies for the Treatment of Metastatic Melanoma. J Clin Med Res. 2016 Feb;8(2):63-75.