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Pharyngite

Publié par : rédaction Onmeda (21. novembre 2017)

© iStock

Les maux de gorge sont des symptômes et des motifs de consultation fréquents, surtout en période hivernale. Il ne s’agit pas d’une maladie en soi mais d’un symptôme, qui peut se rencontrer dans plusieurs infections différentes de l’oropharynx. Nous nous intéresserons ici à la pharyngite en particulier.

La pharyngite est une inflammation de l’oropharynx se concentrant, comme son nom l’indique, sur le pharynx.

On parle de pharyngo-amygdalite ou d’angine lorsqu’il y a une inflammation des amygdales associée.

Les causes

Les causes diffèrent selon qu'il s'agit d'une pharyngite aiguë ou d'une pharyngite chronique.

Les causes de la pharyngite aiguë

L’immense majorité des pharyngites aiguës (c’est à dire des pharyngites ne durant que quelques jours) et des angines sont liées à des infections virales.

Les virus ne se traitant pas par antibiotiques, l'utilisation de ces derniers est évidemment inutile et même délétère car elle peut contribuer au développement de résistances aux antibiotiques. Cela constitue un véritable problème de santé publique, surtout en France où les antibiotiques sont très largement prescrits, souvent à tort.

Les principaux virus responsables de ces infections sont :

  • adénovirus, rhinovirus,
  • VRS (Virus Respiratoire Syncytial),
  • Virus Influenza,
  • Virus para influenza,
  • Coxsackie.

Ces virus se transmettent soit par contact direct (serrage de main par exemple), soit par transmission aérienne (projection par éternuements).

Les rares pharyngites bactériennes (moins de 10% des cas) sont souvent dues au Streptocoque béta-hémolytique du groupe A.

Les causes de la pharyngite chronique

Lorsque la pharyngite se prolonge dans le temps, on parle de pharyngite chronique. Dans ce cas, et surtout en l’absence de fièvre, l’origine infectieuse est à écarter.

D’autres causes non infectieuses des maux de gorge sont alors à rechercher :

Le reflux gastro-oesophagien (dit RGO), c’est à dire la remontée des sécrétions acides de l’estomac le long de l’oesophage, peut également être pourvoyeur de pharyngites chroniques.

Quoi qu’il en soit, au-delà de 2 mois de symptômes de pharyngite, il pourra être utile de consulter un médecin afin de rechercher la cause et éventuellement la traiter.

Pour mieux comprendre, une présentation schématique de l'oropharynx :

Les symptômes

Les symptômes d’une pharyngite isolée sont essentiellement des maux de gorge (odynophagie) associés à une difficulté à avaler (dysphagie).

S’il y a une modification de la voix (dysphonie), il s’agira plutôt d’une laryngite. Les deux peuvent cependant être associés. On peut dans ce cas parler de laryngo-pharyngite.

Associée à une inflammation de la trachée (trachéite), la pharyngite sera associée à une toux, initialement sèche, et potentiellement douloureuse. L’évolution vers une toux grasse peut-être le signe d’une infection concomitante.

Les symptômes souvent associés sont ceux d’un simple rhume :

On parle alors de rhino-pharyngite.

Par ailleurs peuvent se surajouter des symptômes généraux que l’on retrouve dans toute infection virale :

Il n’y a généralement pas de fièvre, ou alors très modérée (<39°C). Au-delà, il faudra suspecter une surinfection bactérienne, et la consultation d’un médecin est alors nécessaire.

Les traitements

Comme nous l’avons vu précédemment, les traitements antibiotiques sont dans la très grande majorité des cas inutiles et même potentiellement dangereux s'ils sont utilisés de façon inappropriée, en cas de véritable infection bactérienne future.

Le plus souvent bénins, des maux de gorge liés à une pharyngite disparaissent sans traitement au bout de 3 à 7 jours.

Des traitements symptomatiques peuvent néanmoins soulager les symptômes. Ils ne réduisent pas la durée de la maladie mais peuvent atténuer les douleurs.

Les boissons chaudes ou glacées peuvent suffire à calmer la douleur, comme les pastilles à sucer, avec ou sans sucres. Concernant les traitements médicamenteux, il faut privilégier l’usage du paracétamol. Les anti-inflammatoires peuvent provoquer des effets indésirables, voire même aggraver l’infection, ils sont donc à déconseiller en première intention.

Les collutoires (sous formes de sprays) ou les pastilles contenant des anesthésiants ou antiseptiques locaux sont souvent moins efficaces que le paracétamol.

Concernant la rhino-pharyngite, les traitements par pulvérisation nasale et décongestionnants, comprenant parfois des corticoïdes, sont à proscrire, car ils n’apportent qu’une aide très modeste au dépens de possibles effets indésirables potentiellement graves.

En particulier chez l’enfant, le lavage de nez avec des dosettes de sérum-physiologique suffira dans la majorité des cas.

Quand consulter un médecin ?

Une consultation pourra être nécessaire et se justifier si les maux de gorge s’accompagnent de :

  • difficultés à parler,
  • difficultés à respirer,
  • douleurs importantes empêchant les mouvements de la tête et du cou,
  • l’apparition de ganglions volumineux sur le cou,
  • l’apparition d’une forte fièvre.

Il est également nécessaire de consulter selon le terrain : chez un nourrisson, une femme enceinte, une personne âgée ou une personne présentant un déficit immunitaire (quel qu’en soit la cause), ces infections seront à risque de complications.

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A lire aussi :

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Sources et notes

Auteur : Dr Romain Boutonné

Sources :

1. « Mal de gorge et angine », Infos-Patients Prescrire, Revue Prescrire décembre 2016
2. « Reconnaître la rhinopharyngite », ameli.fr.
3. Rhinopharyngite aiguë et angine aiguë de l’adulte. Recommandations HAS, novembre 2016