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Sclérose en plaques (SEP) : les traitements

Publié par : Dr. Nicolas Evrard (25. janvier 2017)

Les traitements principaux

Les traitements de la SEP sont principalement la cortisone et l'interféron. Ces traitements ont beaucoup évolué ces dernières années. Depuis une quinzaine d'années, les traitements permettent de retarder les effets de la maladie.

> Le traitement des poussées : il repose essentiellement sur la cortisone (les corticoïdes), notamment la méthylprednisolone par voie intraveineuse. Ce traitement est réservé aux poussées sévères. Il présente des effets secondaires et son action n'est pas durable dans le temps.

> Les traitements de fond : leur but est de réduire l'activité du système immunitaire : les immuno-modulateurs et les immuno-suppresseurs.

  • Les immuno-modulateurs : ils agissent sur l'inflammation en modulant l'immunité naturelle. Il existe deux grands types de médicaments : l'interféron bêta, et l'acétate de glatiramère. Les deux agissent sur les poussées et sur les lésions. Ils ne présentent pas d'effets secondaires graves.
  • Les immuno-suppresseurs : ils agissent directement sur les lymphocytes. Ils sont donc indiqués dans les formes très inflammatoires. L'un de ces médicaments, la mitoxantrone, peut être toxique pour le coeur, et présente des risques hématologiques (sang). Bien entendu de nouveaux médicaments sont en développement, comme l'ocrelizumab qui a montré des résultats intéressants pour réduire les poussées, et l'évolution du hadicap de la maladie. D'autres travaux sont nécessaires sur ce médicament pour démontrer son efficacité (et évaluer exactement ses effets secondaires).

En milieu hospitalier, est utilisé un anticorps monoclonal, le natalizumab, très efficace mais qui peut entraîner l'apparition des réactions allergiques ou des maladies infectieuses (il bloque l'action du système immunitaire).

Plusieurs traitements existent pour limiter les symptômes de la maladie ...

... notamment la fatigue, la spasticité (raideurs des jambes), la douleur ou les dysfonctionnements sexuels :

  • L'atteinte des voies nerveuses de la sensibilité provoque des douleurs. Pour lutter contre ces douleurs, un anticonvulsif et un antidépresseur peuvent être prescrits.
  • Contre la spasticité et la gêne douloureuse au niveau des jambes, des relaxants musculaires sont efficaces.
  • Contre les troubles de l'humeur (symptômes dépressifs, par exemple), on peut avoir recours à des antidépresseurs associés à une psychothérapie.

 

A voir : notre vidéo sur la sclérose en plaques :

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie auto-immune du système nerveux. Cette maladie neurologique est due à une atteinte de la myéline (le "manchon" qui permet une bonne propagation du flux nerveux dans l’organisme).

Les traitements parallèles

Contrairement aux traitements conventionnels, ils n'ont généralement pas fait la preuve scientifique de leur efficacité. Ils peuvent néanmoins rendre service à certains patients, mais leur usage ne doit pas entraîner l'arrêt des médicaments à effet prouvé.

  • La thérapie magnétique : elle consiste à « bombarder » certaines parties du corps d'électrons, et cela, à l'aide de petits dispositifs appliqués sur la peau. Son but est de soulager la douleur.
  • La diète de Swank : il s'agit d'un régime pauvre en gras saturés. La viande rouge est proscrite pendant la première année de traitement, ainsi que les biscuits, les pâtisseries, ou tout ce qui peut contenir trop de graisses.
  • L'acide linoléique (un acide gras essentiel de la famille des oméga 6) pourrait réduire la gravité des poussées.
  • La réflexologie (pression sur des points réflexes au niveau des pieds, des mains et des oreilles), l'acupuncture, l'apithérapie (à base de venin d'abeille), la massothérapie ou les techniques de relaxation sont également des recours possibles.

Adapter son mode de vie

Quand un patient souffre d'une sclérose en plaques, il peut être ameneé à adapter son mode de vie à sa maladie...

  • La fatigue est l'un des symptômes les plus courants. Il est donc important de préserver son énergie, en s'accordant de longues périodes de repos ou de relaxation.
  • L'activité physique est importante pour améliorer la force musculaire et la coordination. C'est bon pour le moral.
  • Eviter le stress, tant qu'on le peut. En cela, les groupes de soutien, une psychothérapie ou les techniques de relaxation peuvent aider.
  • Eviter les infections. Pour cela, penser à bien se laver les mains. Certaines infections peuvent entraîner des rechutes.
  • Eviter la cigarette qui aggrave la maladie, et l'alcool.


L'aide psychologique :

Les douleurs, les handicaps, la fatigue inhérents à la maladie, fragilisent psychologiquement. Il est donc important de se faire aider. Les associations ont leur utilité, à ce niveau.

La NAFSEP (Nouvelle association française des sclérosés en plaques), et la LFSEP (Ligue française contre la sclérose en plaques) mettent à la disposition des malades, un service d'écoute téléphonique (0 810 808 953) où des conseils pratiques peuvent être dispensés.

Il ne faut pas hésiter à faire appel à un psychothérapeute. Les effets de la maladie au quotidien sont pénibles pour le patient et pour son entourage. Il est bien sûr difficile de trouver un rythme de vie agréable quand on est invalidé par la fatigue.

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