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TDA/H chez l’adulte : les symptômes

Publié par : Dr. Ada Picard (01. septembre 2017)

Le TDA/H adulte se manifeste par 5 catégories de symptômes : le déficit du contrôle attentionnel, l’impulsivité, l’hyperactivité, les troubles des fonctions exécutives et les difficultés de gestion des émotions. Voici la description de ces différents symptômes :

Le déficit du contrôle attentionnel

Il ne s’agit pas d’un manque d’attention, mais plutôt d’une difficulté à maîtriser son attention de manière fluide et adaptée à l’environnement.

Il existe différents types d’attention : l’attention sélective (par ex. écouter son professeur malgré le brouhaha autour), l’attention soutenue (nécessaire par ex. lorsque l’on conduit une voiture) et l’attention partagée (lorsqu’il y a double tâche). Normalement, un individu est capable de passer d’un type d’attention à l’autre sans difficulté. Dans le TDA/H cette fluidité n’est pas présente.

La personne concernée a tendance à se situer aux 2 extrêmes du processus attentionnel, entre l’hyper-focalisation (concentration très soutenue durant plusieurs heures) et la rêverie (attention très facilement distraite), avec une difficulté à adapter son attention en fonction des stimuli de l’environnement. Par voie de conséquence, l’adulte TDA/H souffre d’une mauvaise mémoire de travail (liés au manque de concentration), de difficultés professionnelles/scolaires, de mises en danger (sur la route par ex.), de maladresse, etc.

À savoir : Ce déficit du contrôle attentionnel est fluctuant en fonction du moment de la journée, de l’état de stress ou de fatigue, de la présence d’une ou plusieurs personne(s), etc. Une bonne forme physique, de la motivation et une moindre stimulation environnementale, permettent d’atténuer efficacement ces difficultés !

L’impulsivité

L’impulsivité est la tendance à réagir spontanément, sans réfléchir, à un stimulus donné, que ce stimulus soit interne (une émotion, une pensée, etc.) ou externe (un conflit, une contrainte, une tentation, etc.). Cette impulsivité peut s’exprimer par un comportement (par ex. crier sur son conjoint, couper la parole à quelqu’un ou encore dévorer un donut alors que l’on n’a pas faim) ou par les pensées (passer d’un sujet de réflexion à un autre sans approfondir, interpréter un stimulus sans réfléchir, etc.). On parle, pour ce dernier point, d’ « impulsivité cognitive ».

Les personnes qui souffrent d’un TDA/H ont en effet du mal à maîtriser, ou tout au moins à temporiser, leurs impulsions. Et ont donc tendance, une fois passée l’impulsion momentanée, à regretter ou critiquer leurs actions.

À savoir : Cette impulsivité est lié à un manque d’inhibition, lui-même expliqué par un trouble du métabolisme de la dopamine.

L’hyperactivité

L’hyperactivité n’est pas constante dans le TDA/H adulte mais elle reste fréquente. Il est important de distinguer 2 types d’hyperactivité : j’hyperactivité physique et l’hyperactivité intellectuelle.

L’hyperactivité physique peut se traduire par une intense activité sportive tout autant que par une agitation motrice plus localisée (se tripoter les cheveux, taper du pied, etc.) assimilable à des tics moteurs.

L’hyperactivité intellectuelle concerne quant à elle une difficulté à mettre son cerveau en mode « pause». La personne TDA/H pense quasiment tout le temps, avec peu de répit… Sauf lorsqu’elle est très fatiguée, ou hyper-concentrée sur une activité (comme un jeu vidéo par exemple) ! Pour certains spécialistes, l’hyperactivité serait une réponse à une somnolence diurne excessive. Pour d’autres, elles seraient le reflet d’une anxiété…

À savoir : Certains adultes TDA/H souffrent à l’inverse d’une hypo-activité. Avec une tendance à traîner au lit jusque tard dans la journée et une difficulté à initier une quelconque activité, sans qu’il n’y ait de syndrome dépressif associé. Cependant, cette hypo-activité est le pendant de l’hyperactivité, que l’on retrouve le plus souvent de manière cachée (hyperactivité intellectuelle, tics, etc.), épisodique ou présente antérieurement durant l’enfance.

Le trouble des fonctions exécutives :

Les fonctions exécutives sont les compétences mentales qui nous permettent d’anticiper, de prévoir, de planifier, de s’organiser et de prendre des décisions. En résumé, il s’agit des fonctions qui nous permettent de gérer notre vie au quotidien, sur des problématiques routinières ou non. Le trouble des fonctions exécutives est très fréquent chez les adultes TDA/H. Il est parfois un des symptômes résiduels persistant après un TDA/H chez l’enfant. Il se traduit par de la procrastination, des oublis (plus ou moins importants !), des retards non anticipés, une phobie administrative, des conflits avec le conjoint, etc.

À savoir : Certaines personnes concernées par le TDA/H ont appris avec l’âge à compenser ce trouble en devenant des as de l’organisation, parfois même en frisant l’obsession. Ce qu’on appelle communément les « control freak « !

Les difficultés de gestion des émotions

La majorité des personnes TDA/H pâtissent d’une difficulté à gérer leurs émotions. Celle-ci peut prendre des formes diverses et opposées. Tandis que les uns contrôlent leurs émotions de manière rigide, d’autres se soumettent à leurs fluctuations émotionnelles. Dans un cas comme dans l’autre, on retrouve une hypersensibilité (confirmée par les chercheurs) que chacun a appris à gérer en fonction de son tempérament. Une personne hypersensible est en quelque sorte une personne plus perméable à l’environnement, c’est à dire aux stimulations sensorielles et aux émotions d’autrui. Elle est donc plus sujette au stress, aux symptômes psychosomatiques et aux fluctuations de l’humeur.

A savoir : Cette hypersensibilité est facilement décelable dans l’enfance mais peut passer inaperçue à l’âge adulte. En effet, certains adultes compensent cette hypersensibilité par une attitude de protection rigide vis à vis de leurs émotions (et donc de celles des autres !).

Les autres symptômes

D’autres symptômes peuvent venir compliquer les difficultés ci-décrites. Le manque de confiance en soi est une des premières conséquences néfastes du TDA/H. En effet, à force de faire des erreurs d’inattention, d’oublier des choses, de se faire reprendre sur son comportement, de mal gérer son quotidien, les personnes TDA/H ne se font plus confiance et deviennent anxieux. L’anxiété est donc une des complications fréquentes du TDA/H.

D’autres pathologies psychologiques peuvent compliquer ce trouble :

À savoir : Le TDA/H est fréquemment associé au Syndrome d’Asperger. Cela s’explique par le caractère commun de certaines causes et symptômes, partagés par ces deux troubles.

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