Prévention contre le VIH : La PrEP, ça marche ?

Publié par : rédaction Onmeda (27. juillet 2018)

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Parce que deux ans après son arrivée, ce nouvel outil de prévention contre le VIH reste trop largement méconnu du grand public, l'association Aides décline depuis le début du mois de juillet dans de nombreuses villes de France et sur les réseaux sociaux, une campagne de communication autour de la PrEP. Nous faisons le point avec vous …

La PrEP ou "Prophylaxie pré-exposition" est une nouvelle stratégie de prévention dans la lutte contre le VIH. Elle repose sur un traitement médicamenteux proposé à des hommes et des femmes non infectés par le virus du sida, mais exposés par leurs pratiques à un fort risque de contamination. Le comprimé qui associe deux antirétroviraux, l'emtricitabine et le ténofovir disoproxil, a montré une efficacité remarquable lorsqu'il est correctement utilisé.

Comme tous les traitements chimio-prophylactiques (on peut prendre l'exemple des traitements préventifs contre le paludisme), le médicament n'empêche pas l'intrusion du virus dans l'organisme de la personne traitée, mais il conduit à sa destruction immédiate, empêchant ainsi sa diffusion et sa reproduction.

La PrEP protège seulement contre le VIH !

En revanche et c'est un point important à souligner, la PrEP ne protège pas contre les autres IST (infections sexuellement transmissibles), notamment les infections à chlamydia, gonocoques, papillomavirus (HPV), l'hépatite A, B ou C ou encore la syphilis. La Prep ne protège pas non plus contre une grossesse non désirée. C'est la raison pour laquelle sa prescription est très encadrée et s'accompagne d'un suivi individualisé et renforcé en santé sexuelle. La PrEP vient en effet compléter la palette d'outils de prévention contre le VIH qui peuvent être utilisés seuls ou combinés :

  • Conseils en matière de pratiques sexuelles
  • Recours au traitement post-exposition en cas d'urgence
  • Utilisation de matériel unique lors de la consommation de drogues

A qui s'adresse la PrEP ?

La PrEP s'adresse en priorité aux publics ayant un haut risque de contracter l'infection par le VIH. Il s'agit essentiellement :

  1. Des hommes et personnes trans ayant des relations sexuelles non protégées avec d'autres hommes.
  2. Des personnes originaires de régions où la prévalence du VIH est importante, comme l'Afrique sub-saharienne ou la Guyane et en particulier les femmes en situation de précarité, qui rencontrent des difficultés à utiliser ou à négocier l'usage du préservatif.
  3. Des travailleurs du sexe exposés à des rapports sexuels sans préservatifs.
  4. Des usagers de drogues par voie intraveineuses qui pratiquent des échanges de seringues.

La PrEP en pratique

Pour accéder à la PrEP, il faut prendre rendez-vous dans un service hospitalier spécialisé dans la prise en charge du VIH ou dans un centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd). Un médecin évalue avec le patient l'opportunité et la possibilité de prendre la PrEP. Il prescrit un bilan sanguin afin de s'assurer qu'il n'existe pas de contre-indication au traitement (séropositivité au VIH, problèmes rénaux, grossesse etc…) et il recherche d'éventuelles IST pour les traiter. Quand l'indication de PrEP est posée, le patient bénéficie ensuite d'un suivi clinique et biologique trimestriel. Selon la situation et le risque de contamination, le schéma de prise peut être continu (un comprimé par jour) ou discontinu : la PrEP est alors prise pendant de courtes périodes et interrompue durant les périodes de moindre activité sexuelle. Dans tous les cas, il est indispensable de respecter les schémas de prise afin de garantir l'efficacité optimale de la PrEP.

Pour en savoir plus sur la PrEP :
www.prep-info.fr
www.sexosafe.fr
www.aides.org

Auteur : Charlotte Delloye