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Troubles de la circulation sanguine

Publié par : rédaction Onmeda (23. mars 2018)

© iStock

Les troubles de la circulation sanguine peuvent être liés au cœur ou concerner les artères ou les veines, ce qui constitue des pathologies très différentes.

Fonctionnement de la circulation sanguine

La circulation sanguine se fait à partir du cœur, qui envoie le sang, sous pression, dans les artères à travers tout l’organisme. Elle a pour but d’alimenter en oxygène et nutriments tous les organes, les muscles, la peau…

Les échanges (oxygène et nutriments) se font au niveau des capillaires, de fins vaisseaux sans tonus, puis le retour s’effectue dans le réseau veineux, en parallèle du réseau artériel. 

Le coeur

Le cœur est une pompe, il éjecte le sang dans les artères et le récupère dans les veines. Si la pompe est défaillante (insuffisance cardiaque), le débit est moindre dans les artères et la pression s’accumule en amont, gênant le retour veineux. La circulation est donc altérée.

Fonctionnement du coeur © iStock

Les artères

Les artères sont concernées par la pathologie athéromateuse : des dépôts de cholestérol se forment dans les artères et en obstruent progressivement la lumière.

A savoir : L'athérosclérose est une maladie qui touche les artères, essentiellement celles de gros calibre. Elle est responsable de 30 % de la mortalité dans les pays développés.

Les facteurs de risque cardiovasculaire sont :


  • l’inactivité physique,
A savoir : une tension artérielle normale chez l'adulte doit-être inférieure à 14/9.
  • l’hérédité,

Le saviez-vous ? : En France, plus de 32% des adultes sont en surpoids et 15% souffrent d'obésité. L'obésité ce n'est pas seulement un problème d'apparences ! Au-dessus d'un poids limite, de nombreux problèmes de santé risquent de survenir.

Les aliments bons pour le cholestérol

En fonction de la localisation des artères les symptômes sont différents :

 

Les symptômes peuvent survenir brutalement ou être précédés de signes transitoires, principalement à l’effort.

Les différentes pathologies artérielles peuvent avoir des traitements spécifiques mais certains points sont communs comme :

  • La lutte contre les facteurs de risque cardiovasculaire détaillés ci-dessus. En particulier l’arrêt du tabac et l’activité physique.
  • La marche permet d’une part de contrôler les facteurs de risque cardiovasculaire (effet bénéfique sur le poids, l’hypertension, le diabète..) mais également favorise l’angiogenèse (la fabrication de nouvelles artères) et améliore l’utilisation de l’oxygène par les muscles (qui en ont alors besoin de moins grande quantité).
  • La prise en charge dès l’apparition des symptômes permet leur contrôle et la non progression de la maladie.
  • Le traitement médical associant antiagrégants (qui fluidifient le sang) et statine (anti cholestérol qui ralentit la progression des dépôts).
  • Le traitement par chirurgie ou angioplastie qui, en cas d’atteinte sévère, peut être proposé par les médecins.

 

A savoir sur l'angioplastie :

  • Cela consiste à monter un cathéter dans les artères (au départ celle du poignet ou de la cuisse) pour remonter jusque dans l’artère coupable.
  • Un produit à base d’iode est injecté et permet d’obtenir à la radio une image de l’intérieur des artères (comme un moulage) et de détecter un rétrécissement ou un bouchon.
  • Cette technique permet dans le même temps de rouvrir l’artère à l’aide d’un ballonnet qui, une fois gonflé, expend une sorte de petit ressort (stent) qui maintient l’artère ouverte.
  • Attention, parfois la localisation de la lésion rend l’angioplastie impossible : c’est alors la chirurgie par pontage qui est indiquée.
Ce ressort (stent) doit être accompagné d’un traitement antiagrégant à vie car ce matériel pourrait être pris pour cible par les plaquettes qui, en se fixant dessus, le boucheraient.

Il existe d’autres atteintes artérielles que l’athérome :

  • Parfois une artère se bouche brutalement (du fait d’un caillot provenant de l’aorte ou du cœur). Le traitement est alors un anticoagulant.
  • Plus rarement, il peut y avoir une atteinte inflammatoire de la paroi des artères, qui gonfle : ce sont les vascularites. Il en existe de nombreuses entités, les plus connues sont la maladie de Horton, Takayasu, ou le Lupus. Le traitement est spécifique mais repose souvent sur des corticoïdes.
  • Phénomène de Raynaud : Il s’agit d’un trouble circulatoire des extrémités (souvent les doigts mais parfois les orteils, les oreilles, le nez…) dû à un spasme des artères (contraction de la paroi).

A savoir : On l’appelle Maladie de Raynaud lorsqu’il n’existe pas de cause et Syndrome de Raynaud lorsqu’il y en a une (vascularite (Ex sclérodermie) ou la prise de médicaments). Il se présente par crises, de quelques minutes à quelques heures, souvent déclenchées par le froid. 

Les extrémités passent par 3 phases :

  • blanches, froides et engourdies 
  • bleues, très douloureuses
  • rouges, avec réchauffement et diminution de la douleur

On note également des difficultés à la cicatrisation. En cas de crise il faut réchauffer la zone touchée et la bouger.
Le traitement est l’évitement du froid et des substances provoquant des spasmes (médicaments, tabac, café). Parfois on peut proposer un médicament dilatateur (comme dans l’hypertension).

Les veines

Il existe 2 pathologies distinctes :

Thrombose veineuse profonde ou Phlébite

Il s’agit d’une pathologie dans laquelle l’une des veines principales (profondes) est complètement bouchée par un caillot de sang, ce qui ne permet plus au sang de passer. La veine en amont se dilate, le sang stagne, la pression augmente et les autres veines (superficielles) se chargent du retour du sang.

Les complications sont la dégradation du réseau veineux, les récidives et la possibilité que le thrombus (caillot de sang) se détache et parte au niveau du cœur puis dans les poumons : c’est l’embolie pulmonaire, potentiellement mortelle.

2% de la population seront concernés au cours de leur vie par une thrombose veineuse.

À noter : La circulation dans les artères se fait du coeur et de l’aorte (gros vaisseau) jusqu’aux capillaires (petits). Aussi, un caillot peut partir du cœur pour se coincer dans les artères plus distales (main, jambe, cerveau). Alors que le retour se fait dans l'autre sens pour les veines : un caillot se détachant d’une petite veine remonte au cœur (c'est l'embolie pulmonaire).

Thrombose veineuse profonde : quels symptômes ?

Mais ces 2 pathologies peuvent aussi passer complètement inaperçues.

Thrombose veineuse profonde : quelles causes ?

Les facteurs de risque les plus connus sont :

  • l’âge,
  • l’obésité,
  • les maladies inflammatoires,
  • le cancer,
  • la génétique (thrombophilie),
  • les antécédents de phlébite,
  • ainsi que tout ce qui altère le retour veineux : obstacle sur le trajet veineux, immobilité (plâtre, chirurgie, hémiplégie), les voyages en avion (surtout les longs trajets).

Les causes de thromboses veineuses spécifiques aux femmes :

© Shutterstock

La phlébite peut être une cause de mortalité vasculaire. En cas de douleur, lourdeur et/ou gonflements dans une jambe, au niveau du mollet ou de la cuisse, il est impératif de consulter un professionnel de santé sans attendre.

Si la cause n’est pas évidente (chirurgie, avion, grossesse) un bilan doit être réalisé pour rechercher une cause plus rare (génétique, cancer, etc…).

Thrombose veineuse profonde : quels traitements ?

  • Il s’agit d’un traitement anticoagulant d'une durée minimale de 3 mois pour les thromboses veineuses, de 6 mois pour les embolies pulmonaires.
  • Il est parfois poursuivi à vie en cas de récidive ou de risque persistant (génétique, immobilité). Ce traitement empêche la progression et dissout progressivement le caillot.
  • Les bas de contention ont pour but d’éviter la dilatation veineuse et les séquelles, ils font partie du traitement et ne doivent pas être négligés.

Dans les cas où un traitement anticoagulant est impossible (saignement non traitable), un filtre cave peut être proposé. Il s’agit d’un filtre placé en travers de la veine cave pour empêcher, dans le cas où un caillot se détache, que celui-ci n’arrive jusqu’au cœur. 

Prévention : 

  • Lutte contre le mauvais retour veineux (comme dans l’insuffisance veineuse chronique).
  • Dans certaines situations à risque (plâtre, chirurgie), les médecins peuvent prescrire un traitement préventif : anticoagulant et bas de contention.
A noter : l’angiologue (aussi appelé phlébologue) est le médecin spécialisé dans l’étude des vaisseaux (veines et artères). C’est lui qui réalise les examen de diagnostique avec une échographie doppler et prescrit les traitements médicaux ou par scléroses.

VIDEO - Des exercices pour stimuler la circulation veineuse

Notre coach montre les exercices à effectuer régulièrement pour favoriser le retour veineux.

 

Conseils pour éviter une thrombose veineuse dans l’avion :

  • éviter la position assise prolongée : marcher toutes les 2-3 heures en faisant des mouvements de flexion et d’extension,
  • boire régulièrement de l’eau et éviter la consommation d’alcool,
  • porter des bas de contention.

Insuffisance veineuse chronique

Il existe peu de données, mais il semblerait qu’environ 18 millions de personnes en France souffriraient d’une mauvaise circulation veineuse.

Il s’agit d’un mauvais retour sanguin dans le système veineux, entrainant une stase dans les veines.

Le saviez-vous ? : L'insuffisance veineuse est une maladie chronique trop souvent négligée. Elle touche les hommes comme les femmes, mais celles-ci consultent plus souvent un médecin, les hommes négligeant leurs varices disgracieuses.

Insuffisance veineuse chronique : quels symptômes ?

La stase veineuse crée une augmentation de pression dans les veines. Le retour veineux se fait des pieds vers le cœur, donc contre la pesanteur. Ainsi les signes sont plus présents en fin de journée.

  • Au début on note une sensation de jambes lourdes, de fourmillement, besoin de bouger, voire de crampes nocturnes.
  • Lorsque la stase et la pression augmentent encore, on constate une fuite de liquide à travers les veines vers les tissus sous-cutanés provocants :
    • œdèmes (gonflements) des membres inférieurs, là encore plus présents en fin de journée (œdème ferme, différent de celui de l’insuffisance cardiaque qui est mou et dans lequel on peut laisser l’empreinte des doigts).
    • dermite, la peau prend une coloration ocre voir marron, en particulier au niveau des chevilles (c’est le témoin de la fuite des globules rouges à travers la paroi des veines)
    • varices (dilatation veines sous cutanées), plus ou moins douloureuses et disgracieuses, le trajet bleuté des veines est visible, plus ou moins induré.

Bien que souvent négligée par ces victimes, l’insuffisance veineuse, à son stade ultime, est responsable d’ulcérations de la peau au niveau des malléoles, difficiles à traiter et à risque d’infection.

Illustration : les différentes étapes de l'insuffisance veineuse © iStock

Le dernier stade de l'insuffisance veineuse, appelé eczéma variqueux ou ulcère trophique, est responsable d’ulcérations de la peau. Il est difficile à traiter et à risque d’infection.

Insuffisance veineuse chronique : quelles causes ?

  • Dans 80% des cas on retrouve une notion familiale et héréditaire.
  • Avec l’âge, les parois des veines perdent peu à peu leur élasticité et leur tonus, les valvules s’abîment et le retour veineux perd en qualité.
  • La constipation peut aussi être une cause, du fait de l’augmentation des pressions intraabdominale sur effort de poussée.
  • Les facteurs aggravants sont la chaleur qui dilate les veines, le tabac qui altère le tonus et l’obésité qui augmente les pressions.

Les veines passant entre les muscles, la contraction de ceux-ci fonctionne comme un système de pompe qui aide à combattre la pesanteur.

  • La perte des masses musculaires, l’inactivité voire l’immobilité sont donc néfastes pour le retour veineux.
  • Certains métiers contraignants à une position debout et immobile.

Les causes d'insuffisance veineuse chronique et risque de varices spécifiques aux femmes :

A savoir : Pendant la ménopause, le Traitement Hormonal Substitutif (THS) peut être prescrit seulement en l'absence de contre-indications, comme des antécédents de cancer du sein, de maladie thrombo-embolique, de maladie cardiovasculaire, etc.

L’insuffisance veineuse chronique et ses causes, en altérant le retour veineux, peuvent favoriser l’apparition d’une phlébite. Et la phlébite, en abimant les veines et en détruisant les valvules peuvent favoriser l’apparition d’une insuffisance veineuse.

Insuffisance veineuse chronique : quels traitements ?

Le suivi de règles hygiéno-diététiques peut permettre d'améliorer le retour veineux :

  • bas de contention,
  • dormir les pieds surélevés,
  • éviter la chaleur (chauffage au sol, bain chaud, hammam et sauna),
  • faire de l'exercice physique,
  • éviter le piétinement,
  • lutter contre l’obésité.

Ces règles valent pour le traitement des symptômes mais également en tant que prévention.

Quid des médicaments veinotoniques ?

  • Ils n’agissent que sur les symptômes, pas sur les varices et ne sont pas remboursés par la sécurité sociale.

Varices : sclérothérapie et stripping

  • La sclérose (injection de produit dans la varice), le stripping (chirurgie) des varices : peuvent être nécessaires dans un but de soulager les symptômes et/ou dans un but esthétique.
  • Les ulcères doivent être pris en charge avec des pansements spécifiques et des soins d’hygiène.

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Sources et notes

Auteur :  Dr Marion Angue, cardiologue et réanimatrice médicale

  • Société européenne de cardio escardio.org
  • Fédération Française de Cardiologie
  • Collège enseignant de médecine vasculaire