Hospitalisme – Quand l'hôpital nous rend malade : L'hospitalisme psychique

Publié par : rédaction Onmeda (23. novembre 2018)

Au cours d'un séjour à l'hôpital ou en institution, il n'y a que le risque d'attraper une maladie physique supplémentaire. L'hospitalisme psychique décrit toutes les déficiences psychiques et mentales qui se constituent pendant un long séjour à l'hôpital ou en institution.

C'est surtout les nourrissons et les jeunes enfants, mais aussi des adultes (p.e. des patients de longue durée ou des personnes habitant dans une institution permanente) étant concernés de l'hospitalisme psychique.  

L'hospitalisme psychique (également appelé privation) se constitue quand des patients manquent d'affection émotionnelle, par exemple en raison de 

  • la longue séparation de la mère (chez enfants),
  • manque de contact direct corporel avec une personne de référence constante
  • et / ou manque de relations sociales.

Dans ce contexte, on parle également de privation (lat. deprivare pour "dévaliser"). Le terme décrit le fait que les concernés sont privés de quelque chose dont ils ont besoin pour leur bien-être. On fait la différence entre

  • la privation sensorielle : manque de perception sensorielle (entendre, voir, sentir etc.)
  • la privation sociale : manque de personnes de référence et proximité émotionnelle
  • la privation cognitive : manque de stimulations restreignant la perception, l'attention, la créativité, l'orientation, l'imagination etc.

Un endroit monotone et peu douillet qu'on trouve souvent dans les hôpitaux augmente le risque d'une privation : une manque de lumière, de bruit et de stimulations visuelles ont pour résultat que l'expérience et le comportement sont perturbés en très peu de temps.   

L'hospitalisme psychique se manifeste par exemple par un balancement rythmique ou par un mouvement en avant et en arrière du corps : les concernés l'interprètent comme réconfortant quand il n'y a personne dans l'entourage pour les réconforter en donnant de l'affection corporelle et émotionnelle.

Suite au manque de stimulations et la soi-disant douceur du foyer, c'est avant tout des enfants concernés qui se replient. Ils prêtent pas une grande attention à leur entourage, bougent peu et semblent indifférents. Un autre comportement typique d'enfants et bébés délaissés, c'est crier, lamenter et des criailleries continuelles.  

Ce sont avant tout les enfants ayant besoin d'un soutien émotionnel et d'un sentiment de sécurité. © Jupiterimages/Lifesize

Ce sont avant tout les enfants ayant besoin d'un soutien émotionnel et d'un sentiment de sécurité.


Par la suite (après trois jusqu'à cinq mois environ), ces premiers signes peuvent provoquer un hospitalisme psychique étant caractérisé par de graves troubles du développement.

L'hospitalisme psychique chez les enfants se manifeste par les suivants troubles et anomalies :

  • troubles du langage et d'adaptation
  • retard de développement psychomoteur et somatique général
  • troubles du développement affectif et cognitif
  • troubles relationnels (p.e. méfiance excessive ou absence de distance à l'égard des étrangers)
  • incapacité à développer des relations sociaux de longue-durée, étroits et durables
  • angoisse, apathie et dépressions
  • sensibilité aux infections  
  • mouvements stéreotypes (p.e. balancer)
  • irratibilité, hostilité
  • incontinence
  • comportement auto-agressif
  • refus de manger

Certains de ces symptômes-là apparaissent aussi chez les adultes souffrant de solitude, comme des personnes qui habitent dans une institution et reçoivent presque pas de visite.